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Petits Bollandistcs, t. VIII, p

saient, tout calcul fait, cent cinquante mesures de farine par mois. Elles en avaient trois cents, le 4 du mois de novembre, dans leurs greniers, provision qui devait être épuisée au 4 janvier suivant ; or, dans le courant de décembre, on s'aperçut que le tas de farine n'avait pas beaucoup baissé, et, au commencement de janvier, lorsque les cent cinquante mesures devaient être naturellement consommées, il en restait quatrevingts mesures environ. Bien plus, à la mi-janvier, les quatre-vingts mesures ajoutées miraculeusement n'avaient pas diminué et servirent encore à nourrir la communauté jusqu'à la tin du mois. Ce qui porte à cent cinquante mesures la quantité de farine fournie par la Providence, à. la prière de la Bergère de Pibrac. a

« La sacrée Congrégation des Rites a examiné, nous dit-on, toutes les hypothèses et toutes les objections imaginables sans qu'aucune ait paru capable d'infirmer la vérité de ce miracle l. »

Dire que ce jugement représente à lui seul plusieurs années de méditations profondes!

La reconnaissance d'un minimum de deux miracles est indispensable à toute béatification. Un minimum de deux nouveaux miracles doit se produire après la béatification pour rendre la canonisation possible. C'est ce qui rit dire à Pie IX, auquel on racontait, a

1 . Vie pratique de sainte Germaine, bergère de Pibrac. Toulouse, Bibliothèque de l'hôpital militaire, Resplandy, in-32, p. 43.

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la suite de la béatification de sainte Germaine, de nouveaux prodiges opérés par son intercession : «. Cette petite bienheureuse veut être bientôt canonisée. Eh bien, qu'elle continue ! ' »

La lenteur même des délibérations ne contribue pas peu à multiplier les causes de retard. Tandis que les mois s'écoulent, et les années, et les lustres, et quelquefois les siècles, les théologiens délibérants, soumis au sort commun, rendent lame successivement. Il faut leur donner des remplaçants. Les nouveaux venus ont à faire connaissance les uns après les autres avec les montagnes de papier déjà noirci. Quand ils sont enfin armés de toutes pièces, il arrive que le pape, un beau matin, laisse la place à un successeur. Ce successeur, qui ne connaît rien de l'affaire, n'est pas plus tôt au courant que le postulateur à son tour paye son tribut à la nature. La disparition du postulateur met tout de suite une cause à deux doigts de sa perte, S'il ne laisse pas derrière lui des continuateurs zélés, c'en est fait de la canonisation sollicitée.

La canonisation du vénérable del Pas, mort en 1596, est encore pendante. On avait pourtant commencé de s'en occuper peu d'années après sa mort. Faute de quelqu'un «qui fit instance», elle a subi cent soixante-quatre ans d'interruption a. Ou le postulateur était mort, ou les fonds lui avaient manqué. Sans fonds, le postulateur le plus énergique est

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