‹ Le dossier des pèlerinages, suitè de L'arsenal de la dévotionChapitre 83 sur 117 · Petits Bollandistes, t. XV, p. 55o · texte numérisé non relu

Petits Bollandistes, t. XV, p. 55o

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réduit à néant. Cette sainte Germaine, dont l'activité miraculeuse excitait la verve de Pie IX, s'est vue elle-même tout près de rester en plan faute de fonds :

« Les travaux préparatoires furent bientôt arrêtés par défaut de ressources pour parer aux frais de la procédure ! . »

C'est qu'ils sont terribles, les frais de la procédure ! Ce qu'une canonisation engloutit d'argent est incalculable. Je ne crois pas que les mieux renseignés puissent dire le chiffre exact d'aucune ; et, s'ils le pouvaient dire, je douterais qu'ils l'osassent. A peine est-il permis d'apprécier de loin, sur certains indices, la profondeur de ce gouffre où vont s'enfouir les offrandes de plusieurs générations de fidèles. Le docteur en théologie auquel nous devons une vie de Benoît Labre peint en ces termes l'empressement du public à souscrire pour la canonisation du célèbre pouilleux, dès les premières tentatives faites en sa faveur auprès du Saint-Siège :

« L'abbé Pinchetti fut celui des collecteurs qui reçut des sommes du Pérou et d'abondantes largesses des cardinaux Rezzanico, Boschi et Gerdil. On disait que le cardinal des Lances y consacrait d'assez fortes sommes. Mgr de la Porta était au nombre des souscripteurs mensuels. Le prince Doria donnait vingt écus par

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mois. Madame Louise de France carmélite envoya 1 5,ooo livres. Une veuve laissa par testament une propriété près de Notre-Dame-des-Monts. Les employés de la banque du marquis Belloni s'étaient imposé une souscription commune. Cette banque reçut de Venise une lettre de change de quinze écus souscrite par un juif très-peu de temps après la mort, et, par la suite, elle en reçut plusieurs autres de divers côtés. C'est aussi par cette banque qu'un anonyme de Liège adressait 10,000 florins (plus de 12,000 francs) au cardinal Archinto, le 23 mai 1786. Comme on voit, le père Palma n'avait pas besoin de quêter. C'est lui qui avait reçu les offrandes de Vianna en Portugal et de la Chine* Marconi appelle prodigieuses les aumônes offertes dans les premiers temps ' . »

L'œuvre de la canonisation de Benoît Labre, commencée en 1783 et vivement conduite à la faveur de certaines dispenses, aboutit à cette première étape, la béatification, en 1859. Il y avait à cette époque soixante-seize ans déjà que les offrandes, stimulées ou volontaires, continuaient de se centraliser entre les mains des postulateurs. On n'en vit pas moins, deux ans après, Napoléon III, puiser encore dix mille francs dans le trésor public pour parfaire la somme nécessaire à la promulgation solennelle de cette béatification.

Ce n'est pas sans stupeur qu'on lit au Bulletin des

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