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Rome souterraine, p. i5g

2. Les curieux pourront comparer cette aventure à celle des reliques de saint Urbain, données par les moines de Saint-Germain d'Auxerre au monastère de la Trinité, devenu de ce fait monastère de Saint-Urbain. Ces reliques, après avoir débaptisé un couvent, avaient de plus donné leur nom à un village de

Les .grandes razzias opérées dans la Rome souterraine, datent du seizième sièle et Mgr Gaume n'hésite pas à voir dans le rôle des Catacombes à cette époque, une intention providentielle. N'y avait-il pas à remplacer de tous côtés par de généreux envois les reliques dispersées ou anéanties dans les troubles de la réforme. Et puis encore...

Mais il faut laisser parler Mgr Gaume :

« Et puis, tandis que l'Europe catholique perd ses protecteurs et ses guides, un nouveau monde sort comme par miracle du sein des flots: l'Amérique se peuplera bientôt d'églises et de chrétiens. A ces enfants nés d'hier il faut aussi des patrons, des modèles et des

France, le bourg actuel de Saint-Urbain (Haute-Marne), quand elles furent retrouvées à Rome, au complet, dans l'e'glise Sainte- Cécile. C'était pourtant le pape Nicolas 1er qUi en avait gratifié les moines d'Auxerre; il faut croire que le souverain pontife s'était trompé. {Petits Bollandistes, t. VI, p. 174.)

De même les ossements de saint Jacques le Mineur, que l'église de Saint-Cernin, à Toulouse, conserve comme un don précieux de Charlemagne, et dont bon nombre de sanctuaires se vantent de posséder « des parties considérables », ont été retrouvés à Rome avec ceux de saint Philippe, en janvier 1872, dans la basilique de Saint-Jean de Latran. Un décret signé du cardinal Patrizzi, déclare qu'après mûr examen, « on doit retenir que ces corps sont ceux des bienheureux apôtres Philippe et Jacques le Mineur, frère du Seigneur, et que par conséquent ils doivent être, comme il est juste, vénérés comme tels par tous les fidèles. » [Petits Bollandistes, t. V, p. 644.) Eh bien, et le saint Jacques le Mineur de Toulouse, il est donc apocryphe ? Inspirer un tel doute sur des reliques données par Charlemagne, cela est grave, ce prince aussi confiant qu'illustre en ayant littéralement bourré nos églises.

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amis; où les trouver? C'est à ce moment, deux fois solennel, que s'ouvrent, pour ne plus se refermer, toutes les portes de la Rome souterraine. Explorée avec l'ardeur de la science et la persévérance de la foi, la grande cité des martyrs viendra réparer les pertes des églises de l'Europe et enrichir les jeunes chrétientés du nouveau monde '. »

Ayant un si grand nombre de corps à fournir tant à l'ancien qu'au nouveau monde, apportait-on, en ces temps lointains, une grande minutie à les reconnaître? Je veux bien le croire; cependant, l'histoire de saint Hyacinthe et la grosse erreur relative à cent soixante quatorze mille squelettes me laissent quelques scrupules. Mais on était alors si pressé!

En 1668 seulement, nous voyons la Congrégation des Reliques s'inquiéter de la façon de distinguer « les vraies reliques des saints martyrs des fausses et des douteuses [afalsis et dubiis). Les deux signes très certains (certissimi) du martyre étaient, d'après la sainte Congrégation, la palme sculptée sur la pierre tumulaire ainsi qu'une petite fiole scellée à l'intérieur et considérée comme renfermant du sang. Le décret de 1668 a été confirmé en 1 8(53 par un nouveau décret. Il est à remarquer que, dans ce dernier, on glisse très délicatement sur un des deux signes très certains : la palme. En effet, rien n'est moins démontré que la signification d'une mort glorieuse qu'on voudrait lui

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