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DÉPOSÉE LA VEILLE DES KALENDES DE DÉCEMBRE

NÉE AMIENNOISE

A ELLE BIEN MÉRITANTE IL A FAIT (cette épitaphe)

On voit bien sur cette pierre les regrets d'un époux; mais quant à y trouver la moindre trace de martyre, avec la meilleure volonté du monde, c'est impossible. Cependant la place n'a pas manqué pour le consigner. L'épitaphe a huit lignes ; elle est « en beaux caractères romains » ; celui qui Ta gravée avait tout son temps ; comment expliquer son silence sur un fait aussi capital et qu'un mot suffisait à révéler ?

Quant à la fiole dite de sang, on précise ordinairement que ce « timbre du martyre » se trouve sur la paroi extérieure du tombeau, du côté de la tête du cadavre. Or, d'après le récit officiel, la fiole de Theudosie était « une coupe évasée » (p. 38) et cette coupe figurait non en dehors du tombeau, mais à l'intérieur.

On conçoit qu'en présence de témoignages aussi précis l'abbé Gerbet, traitant la nouvelle sainte de constellation, croie devoir ajouter que cette constella-

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tion « est encore voilée à quelque égard par un nuage.» (P. 85).

A force de recherches patientes le savant abbé a pourtant découvert dans le martyrologe romain une mention de sa sainte. Au 2 décembre, le martyrologe romain porte :

« A Rome, passion des saints martyrs Eusèbe prêtre, Marcel diacre, Hippolyte, Maxime, Adrie, Pauline, Néon, Marie, Martane et Aurélie, »

Pourquoi cette Aurélie, se demande l'abbé Gerbet, ne serait-elle pas notre Theudosie, qui s'appelait aussi dé c,e nom ? « Nous ne donnons ceci que comme une conjecture ; mais elle ne paraît pas dénuée de probabilité. » (P. 89.)

Ce n'est pas moi qui m'élèverai contre cette probabilité ; seulement j'ouvre une petite brochure consacrée à une sainte Aurélie de même origine, offerte par Pie IX à l'archiconfrérie de Notre- Dame-des- Victoires, et j'y lis :

« Ce fut à Rome, durant la persécution de Valérien, que notre jeune vierge Aurélie fut immolée pour le nom de Jésus-Christ. En effet, à la date du 2 décembre, le calendrier romain, après avoir raconté le supplice de l'illustre sainte Bibiane, vierge-martyre aussi, mais du quatrième siècle, sous l'impie Julien l'Apostat, ajoute : « En ce même jour, on honore encore à Rome » la passion des saints martyrs Eusèbe prêtre, Marcel

» diacre, Hippolyte, Maxime, Marie, Martane et » Aurélie. ' »

Si nos deux auteurs étaient dans le vrai, leurs deux sanctuaires posséderaient donc la même sainte, ce qui paraît peu probable. Faut-il croire plutôt qu'ils ne la possèdent ni l'un ni l'autre ? Ce doute est cruel. Je n'insiste pas.

L'Aurélie de Notre-Dame-des-Victoires n'a pas une légende beaucoup mieux assise que son ménechme d'Amiens. A cette question qu'il aurait pu éviter de se poser. « Que sait-on des derniers moments de cette jeune sainte ? » l'abbé répond avec une sincérité naïve : « Les actes de son martyre ne sont pas arrivés jusqu'à nous. »

Du reste, si on ne sait rien de sa mort, on ne sait pas davantage de sa naissance. L'épitaphe Aureliœ benemerenti. « A Aurélie bien méritante », est encore plus vague que celle de Theudosie. Mais l'absence de renseignements laisse le champ d'autant plus large aux conjectures.

Rien ne s'oppose à ce qu'Aurélie, dont l'épitaphe ne mentionne pas l'époux, soit une jeune vierge. Donc, Aurélie sera honorée comme jeune vierge.

« // n'est pas invraisemblable de supposer, dit l'abbé Dumax, que l'histoire de la jeune Aurélie lut, à

1. Sainte Aurélie et ses reliques, à Notre-Dame-des-Victoires* par l'abbé V. Dumax. Paris, 187?, in-18, p. 6.

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peu de chose près, celle des Agnès, des Flavie, des Agathe, des Domitille et de tant d'autres jeunes saintes sur le glorieux trépas desquelles nous possédons d'authentiques récits. Dénoncées comme chrétiennes, tantôt par d'ingrats serviteurs qui espéraient de leur délation un riche salaire, tantôt par de jeunes extravagants qui, charmés de leurs attraits, avaient aspiré à leur main et croyaient se venger d'un refus par une trahison, elles étaient...1 etc. » (P. 7.)

Et en voilà pour près de deux pages de suppositions qui se terminent, en manière de bouquet, par celle-ci :

« Sans toutefois préjuger ce que durent être toutes les douleurs de son supplice (ce serait téméraire puis-

1 . Veut-on un autre échantillon de cette manière d'écrire l'histoire.'1 Une sainte du même calibre, Flavie, fut obtenue de Grégoire XVI, par Mgr Gaume, pour le catéchisme de persévérance de la paroisse de Saint-Cyr, à Nevers. Après avoir constaté qu'elle a été pendant des siècles « comme en contact » avec les restes des Priscille, des Pudentienne, des Praxède, l'auteur de YHagiologie nivcvnaise, s'écrie :

« Peut-être, pieuses et aimables sœurs, lui avez-vous rendu les derniers devoirs, peut-être les plantes aromatiques, recueillies par vous, ont tapissé son tombeau; peut-être les parfums de la Rome païenne et sensuelle, achetés par vos soins, ont embaumé ce corps; peut-être le pontife des Catacombes, saint Pie, Pastor, le prêtre du Seigneur, ont-ils veillé pendant vingt-huit jours auprès de ce temple Je l'Esprit saint, doublement consacré par la vertu des sacrements et par l'onction du martyre; peut-être. . . car, l'histoire à la main, nous pouvons \aisser errer notre imagination à travers les pieuses suppositions et les probabilités. »

qu'on ne sait rien de ses derniers moments), toujours est-il à croire que le glaive le termina. » (P. 8.)

En foi de quoi le corpo-santo de cire qui a longtemps servi d'enveloppe aux reliques de la prétendue sainte portait une profonde blessure au cou. La supposition prenait corps et l'imagier hardi allait jusqu'à fixer la place où le glaive avait dû frapper la victime1. Curieux exemple de la transformation d'un fait supposé en un fait palpable!

Quand la borne est franchie, il n'est plus délimite

a dit Ponsard. L'abbé Dumax, prenant de plus en plus confiance dans ce qu'il se raconte, en vient à narrer avec les détails les plus circonstanciés l'inhumation de la sainte. Un colloque s'établit dans la catacombe entre ceux qui apportent le corps et ceux qui le reçoivent, le même colloque, sauf les modifications indispensables, que nous avons déjà admiré au passage chez Mgr Gaume : « Quelle est cette enfant? — C'est une jeune vierge, etc. — Comment le savez-vous? — Nous l'avons suivie devant les juges, nous avons entendu l'arrêt qui la condamnait... » etc. Le plus joli, c'est le début du récit : « Voulez-vous apprendre comment se fit l'inhumation de la jeune martyre ? Ecoutez. Je n'invente rien. »

1 . « Le pape avait donné l'ordre que les saints ossements fussent placés dans un corpo-santo ou figure modelée en cire représentant sainte Aurélie telle qu'elle avait dû être au moment de son martyre. » Sainte Aurélie et ses reliques, p. 18.

Je n'invente rien est un chef d'œuvre !

Un peu plus loin l'abbé, qui n'invente rien mais qui suppose toujours, finit par imaginer qu'Aurélie doit avoir eu un culte tout spécial pour la Vierge. Pourquoi pas aussi pour saint Joseph? S'adressant à la jeune vierge dont le reliquaire sert de piédestal à l'autel de Notre-Dame-des-Victoires :

« Comment donc, lui demande-t-il, un tel honneur (celui de servir de piédestal) vous a-t-il été réservé ? Qu'avez vous fait pour le mériter? — Je ne crois pas me tromper en supposant que vous l'avez acheté, nonseulement par la pureté virginale de votre cœur, nonseulement par votre ardent amour pour Dieu, par le généreux sacrifice de votre vie, mais sans doute encore par une dévotion toute spéciale envers l'auguste reine de V Église. Il me semble voir cette divine vierge contemplant àVavance, du haut du ciel, son sanctuaire bien-aimé de Notre-Dame-des-Victoires, et disant à Jésus-Christ : « O mon fils, entre tous les saints de » votre cour, c'est la jeune vierge Aurélie que je me » réserve pour servir de parure à l'autel béni d'où » j'attirerai à votre amour tous les pécheurs. »(P. 24.)

Et, se tournant vers la sainte, dans son accès de lyrisme, l'abbé Dumax continue :

« Illustre martyre ! Ah je comprends maintenant pourquoi Dieu, qui sait bien dispenser à ses saints la gloire extérieure à l'heure et au jour marqués dans

ses décrets adorables, a voulu durant tant de siècles tenir cachée aux regards des hommes votre dépouille mortelle. Il craignait que quelque autre sanctuaire célèbre ne réclamât vos restes précieux, et il avait à cœur que la renommée de votre nom devînt d'autant plus grande qu'il serait révélé après un plus long temps d'oubli. » (P. 25).

Toujours l'incognito providentiel î Si la dépouille d'Aurélie est restée ignorée tant de siècles, c'est que Dieu avait résolu, sur l'insinuation de la Vierge, que cette dépouille serait offerte, en 1842 seulement, par Pie IX, à l'archiconfrérie de Notre-Dame-des-Victoires.

Est-ce également la Providence qui, en prévision du mouvement des cercles catholiques, a décidé que le corps de saint Generosus serait offert en 1874, par le pape, au cercle ouvrier du boulevard Montparnasse ? Incontestablement.

Saint Generosus, dont les reliques, dans leurcorposanto, sont le plus bel ornement de la chapelle du cercle, appartient à la classe si nombreuse des innomés. « Comment, s'écrieront ceux que tout étonne, cet innomé a-t-il un nom ? » C'est un mystère que Mgr Gaume va leur expliquer.

« Il était nécessaire de désigner ces ossements vénérables brisés pour la cause de Dieu, par une dénomination quelconque. La piété des fidèles le demandait. Un nom sert puissamment à l'animer, surtout lorsque,

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par les idées qu'il exprime, il devient une leçon de vertu. Dès l'origine la maitresse des Églises a trouvé un expédient qui satisfait tout ensemble aux désirs de la piété et aux exigences de la vérité la plus exacte. » Aux martyrs anonymes des Catacombes elle ne donne jamais de nom propre, par conséquent jamais elle ne les baptise. Elle se contente de les désigner par des attributs ou des appellations générales qui conviennent à tous les saints. Telles sont les suivantes : Juste, Candide, Déodat, Victor, Félix, Fortuné, Pie et autres semblabes. En effet tous les saints, tous les martyrs étant justes, purs, donnés de Dieu, victorieux, heureux, fortunés, pieux, on peut, sans ombre de mensonge, les appeler par ces noms divers1. »

Et voilà comment saint Generosus, ayant été, sans ombre de mensonge, soupçonné généreux, a reçu son nom.

Les qualités appliquées aux saints susceptibles de les avoir pratiquées, n'étant pas autrement nombreuses, il ne faut pas s'étonner si l'on rencontre beaucoup de saints du même nom. Il n'y a à cela aucun inconvénient, et « la répétition des mêmes noms appeilatifs ne cause, assure Mgr Gaume, aucune confusion dangereuse. » Je veux bien le croire.

Ce que les organisateurs du cercle Montparnasse se sont donnés de mal pour obtenir leur saint Generosus, ils l'avouent sans détour dans la petite brochure con-

i . Les Trois Rome, t. IV, p. 4^4.

sacrée à l'apologie de leur relique : « Les négociations se prolongèrent durant une année. » Des fragments de lettres du correspondant qui avait pris à Rome le rôle d'intermédiaire nous montrent le pape harcelé sans cesse de la même demande. Pie IX charge Mgr Sacriste de faire choix d'un corps; mais il paraît que Mgr Sacriste en prend à son aise. Quand on reparle de la chose à Pie IX, il ne semble plus au courant. Il fait valoir que les corps sont très rares. Enfin, Mgr Sacriste se décide au bout d'un an. Si l'on en juge par la date de la découverte du corps (avril 1 846) et celle de son envoi (septembre 1874), saint Generosus a été oublié dans un coin de la custode pendant plus de vingt-huit ans. Quand on pense aux demandes nombreuses et pressantes qui sont constamment adressées à Rome, on soupçonne fort Mgr Sacriste d'avoir écoulé en cette occcasion ce que je me permettrai d'appeler « un rossignol », dans un style peu respectueux peutêtre, mais qui peint bien ma pensée.

« La précieuse relique nous parvint enfin, dit la brochure, par l'intermédiaire de l'ambassade de France. »

On la reçut en une grande pompe au cercle catholique avec les indulgences qu'elle apportait. Plus de quatre-vingts ecclésiastiques en dalmatique, ayant à leur tête Mgr de Ségur, suivirent, des palmes à la main, la procession organisée dans les jardins du cercle, éclairés pour la circonstance « par les rayons

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magiques de la lumière électrique. » Pendant ce temps-là le choral du cercle alternait avec la musique du 48e de ligne. « L'émotion fut immense, dit le narrateur enthousiasmé. On se croyait transporté au sein d'une fête des catacombes! »

Et si l'on veut savoir quelles idées d'apaisement, d'amour, de concorde et de charité apportait au cercle ouvrier ce corps arrivant de Rome en droite ligne par l'intermédiaire de notre ambassade, qu'on lise de sang-froid, si l'on peut, ces lignes inouïes où l'auteur de la pieuse brochure a la prétention de peindre le sort actuel de l'Église :

« Les légistes et les cannibales, les brutes et les lettrés l'assiègent, l'enchaînent, la bâillonnent et tâchent de la noyer dans son sang. Mais ni les murs du Vatican, ni aucune bastille de la liberté moderne, ni les couperets, ni les fusillades ne sauraient rendre la vérité captive. Pie IX accable toutes les tyrannies, celles d'en haut comme celles d'en bas, de ses anathèmes vengeurs. Les évêques triomphent quoique arrachés à leurs troupeaux et traînés dans les prisons au milieu de cette ère florissante de progrès indéfini, de liberté de conscience et de paix universelle promise par la Révolution. Oh! ironies sanglantes delà vengeance divine l Jamais les générations humaines dans l'histoire ne furent plus opprimées, ni plus dégradées, ni plus abruties! »

Et cet appel convulsif aux ouvriers catholiques :

« Ouvriers chrétiens, un jour viendra, prochainement peut-être, où il faudra affirmer sa foi et mourir. Les apôtres de la libre pensée vous traîneront sanglants à leurs tribunaux de mort. Ils voudront vous forcer, comme au Japon, à piétiner la croix, à cracher sur votre drapeau. Et vous devrez choisir entre l'apostasie et le martyre! Préparez- vous à ces combats terribles' qui surpasseront mille fois en cruauté toutes les imaginations des bourreaux du paganisme romain. Ils donneront à leurs tenailles et à leurs brasiers la puissance des découvertes modernes. Et les merveilles de leurs tortures seront bien autre chose que les prodiges des nouveaux armements '. »

Jamais le délire clérical s'éleva-t-il à un pareil paroxysme à l'abri de saints exercices? Si c'est là ce que saint Generosus inspire, le voilà classé du coup comme le patron des exaspérés !

Ainsi que le fait deviner sa qualité d'innomé, de Generosus on ne sait rien. Cela n'empêche pas l'auteur de la brochure d'ébaucher déjà son histoire, toujours en procédant par supposition.

A l'époque où Generosus a dû mourir il y avait des esclaves à Rome. Puisque sa tombe ne porte aucun nom, pourquoi ne serait-ce pas un pauvre esclave chrétien? Au fait oui, pourquoi pas? Et le voilà pauvre esclave.

i. Saint Generosus, martyr, Paris, boulevard Montparnasse in-32, p. 19.

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Dans la même Catacombe, se trouvaient des gens qui ont péri sous Dioclétien. Pourquoi ne serait-il pas mort comme eux en poussant la vertu « jusqu'à l'héroïsme » ? Rien ne s'y oppose en effet. Et le voilà passé héros.

Il ne faudrait pas s'étonner si, d'ici à quelques années, on en venait de fil en aiguille à raconter sa vie dans les moindres détails. N'avons-nous pas l'exemple de sainte Philomène, dont le nom seul fut trouvé sur son épitaphe et dont l'histoire avec commentaires remplit aujourd'hui de nombreux volumes.

Sainte Philomène mérite de nous arrêter comme le type le plus complet du saint problématique « ayant fait son' trou ». C'est le parvenu des Catacombes, le saint parti de Rome en sabots et dont la fortune rapide autant qu'insolente écrase aujourd'hui toutes les vieilles gloires du martyrologe. Combien de saints des plus illustres qui se trouveraient singulièrement favorisés si on leur rendait la moitié des honneurs dont sainte Philomène est l'objet. Il n'est pas un succès de sacristie qui ait manqué à cette nouvelle venue.

Sainte Philomène a sa messe spéciale, son petit office, son cantique, son hymne, ses litanies, sa neuvaine, elle a même son mois, lequel offre cette particularité originale que c'est un mois de quarante jours *.Les ouvrages ad'hoc indiquent une manière de

i. Histoire du culte de sainte Philomène, thaumaturge du xix" siècle, par Louis Petit. Approbation de Mgr Pévêque de Langres. Paris et Langres, 1875, in-iS, p. 286.

sanctifier la semaine en la dédiant à sainte Philomène. Des associations se sont fondées sous le patronage de sainte Philomène. Médailles et images de sainte Philomène sont répandues à profusion. Ona créé un chapelet de sainte Philomène, un cordon de sainte Philomène. Aux parents qui donneront à leurs enfants le nom de Philomène on promet monts et merveilles l. Des fanatiques pétitionnent en vue de son couronnement. Enfin pour porter au pinacle la gloire de sainte Philomène, il se crée jusqu'à des journaux. Nous avons des échantillons de deux de ces périodiques : Y Écho de sainte Philomène et le Messager de sainte Philomène. Le second, qui paraît depuis peu, se donne comme l'organe du a comité de propagation du culte de sainte Philomène ».

Or, si l'on a la curiosité de rechercher quelle est cette sainte qui met tant d'industries en mouvement, on constate avec surprise que non-seulement il n'existe

1. « Les parents ne peuvent mieux assurer à leurs enfants les faveurs d'un saint qu'en leur donnant son nom.. .

« Que les mères imposent donc à leurs enfants le nom de sainte Philomène; l'expérience l'a démontré : elle exerce surtout sa grande puissance envers les enfants qui portent son nom. »

Et si l'enfant meurt après cela ? — Eh bien, si l'enfant meurt, la protection de la sainte en sera d'autant mieux démontrée :

« S'il meurt, bien des gens diront peut-être que la confiance des parents a été trompée cl que le nom que l'on choisit pour un enfant au baptême est de soi une chose parfaitement indifférente et qui ne tire pas à conséquence. Ils auront tort de raisonner ainsi, puisque de toutes les faveurs que sainte Philomène pourrait procurer à ses jeunes protégés, il n'en est pas de plus précieuse, de plus digne d'envie qu'une place en paradis. » Petit, p. 200.

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aucune mention de son existence, mais que son nom lui-même est à peine certain. En effet, la plaque en trois morceaux scellée sur sa tombe porte l'inscription :

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