‹ Le dossier des pèlerinages, suitè de L'arsenal de la dévotionChapitre 94 sur 117 · I. Petit, p. i · texte numérisé non relu

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chauds partisans dont le but nettement accusé était de lui remettre sur la tête sa couronne temporelle.

« Nous voulons restituer à notre patrie sa mission, dit le porte-parole du Conseil, rendre à l'Église sa fille aînée, au pape son défenseur. »

Ce à quoi le pape répondit :

* Comme saint Pie V, dont nous célébrons aujourd'hui la fête, obtint par l'intercession de la sainte Vierge Marie la victoire sur les Tourcs, espérons que nous aussi obtiendrons de supérer [superare) les ennemis de l'Église qui sont les mauvais Tourcs de nos jours '. »

Puis il donna comme signe de ralliement aux nouveaux a croisés d — le terme n'est pas de nous — la croix de flanelle rouge de ses anciens zouaves. Les « pèlerinages nationaux », autrement dits «pèlerinages politiques », étaient fondés. Depuis, chaque année, au mois de mai, dans un pèlerinage qui ouvre la série des autres manifestations de ce genre, le Conseil général n'a cessé de venir régulièrement prendre son mot d'ordre au Vatican.

L'hymne qui devait conduire les fidèles au combat, je veux dire à la prière, ne pouvait être qualifié

1. « Nous n'oublierons jamais l'accent de cette phrase, » dit M. Bournisien dans son rapport à l'Assemblée générale. Voir Assemblée générale des comités catholiques de France. Taris, 1873, gr. in-18, p. 290.

de moins, à son tour, que de « national ». Le fameux refrain:

Sauvez Rome et la France!

présenté par le Conseil général comme devant remplacer la Marseillaise *, devint le mot d'ordre des pèlerins, mot d'ordre où se résument dans une admirable concision les vœux des entrepreneurs de pèlerinages. Sauver Rome, c'est-à-dire revendiquer contre les Italiens l'ancien domaine de saint Pierre ; sauver la France, c'est-à-dire lui rendre un gouvernement monarchique, ayant pour point d'appui le clergé. Il n'est pas jusqu'à l'idée de nommer Rome avant la France qui ne trahisse une intention : celle de marquer que nous devons nos cœurs au Vatican avant de les devoir à la patrie 2.

Je renvoie ceux qui douteraient de cette traduction aux textes nombreux qui en sont la paraphrase ; et tout d'abord à cette affirmation de l'adresse à Pie IX, solennellement signée dans tous nos pèlerinages en 1873 : Le salut delà France, c'est le triomphe de VÉglise. On n'est pas plus franc.

1. « Le cantique du Sacre-Cœur, cet hymne enfant de Marseille qui remplacera un jour dans nos chants nationaux l'hymne de Sang et de haine que je ne nommerai pas ici. > Assemblée générale des comités catholiques de France. Paris, 1874, p. 220.

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