L'Église, c'est notre patrie, Le Pape seul en est le roi
Manuel complet des Pèlerinages, publié par le Conseil général, llaton, in-32, p. 172.
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La même année, au mont Saint-Michel, le prêtre chargé d'évangéliser les pèlerins se plaît à insister sur cette pensée :
« L'éloquent orateur, dit le Pèlerin, a pris texte du refrain du cantique à saint Michel : « Rends-nous nos anciens jours, » pour nous dire l'obligation où nous sommes, dans ces heures providentielles de rénovation de la France (la rénovation par les pèlerinages), de reprendre la foi des anciens jours, la simplicité de mœurs des anciens jours et surtout la soumission des anciens jours, soumission sans restriction à la voix autorisée de l'Église, soit qu'elle parle par ses conciles, soit qu'elle parle par la bouche de l'infaillible' Vicaire de Dieu en terre. Il faut en finir avec les ménagements vis-à-vis des démons de la société moderne, le rationalisme, le libéralisme, la révolution *. 9
Ainsi plaçons l'Église au pinacle. Abandonnons-lui sans réserve tous les droits; quoi qu'elle fasse ou quoi qu'elle ordonne, inclinons-nous devant ses décisions souveraines, notre salut est à ce prix. Le salut de la France! Pauvre France, tu ne t'imaginais pas être si malade; mais, puisque tu as des sauveurs tout prêts, il faut bien que tu aies besoin d'être sauvée. Et voilà pourquoi nous entendons le chœur de nos évêques déplorer les tristesses du présent et les menaces de l'avenir, déclarer que « nous marchons à la barbarie et à
i. Le Pèlerin, i'° année, p. 23 r.
la ruine », gémir sur nos turpitudes, et nous crier d'expier nos « crimes », dont le plus grand est d'avoir, en 1789, décrété l'égalité de tous devant la loi.
Ce caractère de protestation des pèlerinages contre les conquêtes de la Révolution, il reparaît à chaque instant dans les harangues catholiques! Ici, c'est le père mariste Souteyran déclarant à Fourvières que les pèlerins qu'il conduit y sont venus « pour l'expulsion de ce venin révolutionnaire qui la ronge et la dévore depuis quatre-vingts ans ». Là, c'est le rapporteur de l'Assemblée générale des comités catholiques montrant les cent cinquante députés de la droite qui se sont rendus à Chartres en 1873 « abjurant par leur présence quatre-vingts ans d'incrédulité officielle l ».
C'était alors le beau temps des pèlerinages politiques. Dans la cathédrale même où cent cinquante députés venaient abjurer, dans ce qu'ils appelaient « une manifestation nationale », quatre-vingts ans d'incrédulité officielle, on pouvait entendre Mgr Pie s'écrier :
« Les voyez-vous sur tous les points du globe, ces caravanes saintes que des centaines de chars apportent à toute vapeur vers les lieux marqués par les apparitions et les miracles de la puissance divine. Quel est cet ébranlement subit qui prend les proportions d'un phénomène social et qui entraîne dans un élan commun tous les âges et toutes les conditions?
» La pensée de toutes ces âmes, personnification de