‹ Le Dossier n°113Chapitre 4 sur 9 · CN DE VOS AMIS · texte numérisé non relu

CN DE VOS AMIS

Sa lettre écrite, Prosper se hâta de payer et de sortir. Puis, comme s’il eût craint que sa dénonciation n’arrivât pas assez à temps, il se fit indiquer un grand bureau, et c’est rue du Cardinal-Lemoine qu’il la jeta à la poste.

Jusque-là il n’avait même pas douté de la légitimité de son action.

Mais, au dernier moment, lorsque ayant avancé la main dans la boîte, il lâcha la lettre, lorsqu’il entendit le bruit sourd qu’elle fit en1 tombant parmi les dépêches, mille scrupules lui vinrent.

N’avait-il pas eu tort d’agir avec cette précipitation ? Cette lettre n’allait- slle pas déranger tons les plans de M. Verduret?...

Arrivé à l’hôtel, ses scrupules se changèrent en regrets amers.

Joseph Dubois était venu en son absence; il était venu au reçu d’une dépêche du patron annonçant que tout

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était terminé, et qu’il arriverait le lendemain soir, à neuf heures, à la gare de Lyon.

Prosper eut un moment d’affreux désespoir. 11 eût donné tout au monde pour rentrer en possession de la lettre anonyme.

Et certes, il avait raison de se désoler.

A cette heure même, M. Verduret prenait le chemin de fer à Tarascon, rutninant tout un plan, pour tirer de ses découvertes le parti le plus avantageux.

Car il avait tout découvert.

Combinant avec ce qu’il savait déjà, le récit d’une ancienne servante de Mll0de La Verberieet les déclarations d’un vieux domestique des Claraeran, utilisant les dépositions des gens du Yésinet au service de Lagors, dépositions recueillies et expédiées par Dubois-Fanferlot, s’aidant de notes émanant de la préfecture de police, il était arrivé, grâce à son prodigieux génie d’investigation et de calcul, à rétablir entièrement et dans ses moindres détails le drame désolant qu’il avait entrevu.

Ainsi qu’il l’avait deviné et dit, c’est loin, bien loin dans le passé qu’il fallait rechercher les causes du crime dont Prosper avait été la victime.

Et ce drame, le voici, tel qu’il l’avait rédigé à l’intention du juge d’instruction, non sans se dire que sans doute son récit servirait à dresser l’acte d’accusation :

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