SUR
jouissance de la façon convenue, si elle en « mésuse »,. quelques coutumes lui retirent son douaire, soit sur tous les héritages, soit seulement sur ceux dont elle à mésusé.
Quant aux coutumes qui ne se sont pas exprimées sur ce point, on décidait, en général, que la femme ne pourrait plus jouir par elle-même, mais seulement par l’intermédiaire de l'héritier, à la charge pour celui-ci de rendre compte à la douairière. C'était la solution adoptée par la coutume de Bretagne ‘.
Il reste un cas à examiner pour en avoir fini avec cette matière de la privation du douaire. La femme veuve perdelle son douaire si elle se remarie, ou peut-elle cumuler le douaire qui lui vient de son premier mari et celui qu’elle aura de son second si elle devient veuve une deuxième fois ? <
Pothier se prononce nettement dans cette question. 11 estime que le deuxième mariage ne fait nullement perdre son douaire à là femme. Mais cela est-il bien juste, bien conforme à l'équité? Il va arriver ainsi qu’une femme veuve, grâce au douaire qu’elle emportera sur les biens de son défunt mari, pourra en quelque sorte acheter un deuxième mari par la jouissance qu'elle lui communiquera de son douaire.
1. Coutume de Bretagne, art. 468 : « Et si elle est endouairée et on lui ait baillé terres, maisons ou bois qui portent fruits. si elle les laisse dépérir par quoi l'héritage soit moins valant, elle sera dessaisie du douaire et sera regardé le dommage qu'elle aura fait. Et d'autant comme le dommage sera estimé, le revenu du dit douaire sera diminué et ce qui en deyra demeurer à la douairière lui sera baïllé par la main de l'héritier principal.