LOTUS
l'épouse qui semblaient avoir inspiré nos anciens juristes. C'étaient d’ailleurs les mêmes raisons qu’on avait invoquées pour expliquer la dos germaine : c'était une marque de tendresse et de gratitude, toutes raisons quise trouvent aussi dans nos anciennes formules et chartes, où l’on trouve que le douaire est constitué pro antiqua consue tudine et pro dilectionc vel amcre.
Avec l'apparition de nos premiers coutumiers, au xin° siècle, nous allons voir encore ces mêmes idées. Ainsi Beaumanoir dit : « .. il est mestiers que lor femes qui demeurent esbahies et déconfortées, soient gardées que force ne lor soit fete en ce qu’eles ont acquis par le reson du mariage, après le décès de lor mari... »
Le douaire sert donc à cette époque à récompenser les femmes qui sont un peu serves dans le mariage et supportent les douleurs de l’enfantement ‘. Aussi trouvonsnous le douaire dans toutes les familles, chez les plus riches, comme chez les plus humbles, car on n'a encore invoqué aucune raison d'intérêt.
Ce vont être ces raisons, au contraire, qu’on va mettre en avant à mesure que nous avancerons à travers les siècles. Dorénavant on dira que le douaire sert à maintenir aux femmes le rang qu'elles avaient du vivant de leur mari, à ne pas déchoir, qu'il était naturel de s'occuper de leur sort, et que puisqu'elles étaient réduites à des droits