‹ Le double avancement musculaire dans le traitement chirurgical du strabismeChapitre 10 sur 24 · INDICATIONS DU DOUBLE AVANCEMENT · texte numérisé non relu

INDICATIONS DU DOUBLE AVANCEMENT

Par quoi allons-nous donc chercher à remplacer la ténotomie ?

Quelle est l'opération qui non seulement nous corrigera le strabisme mais cherchera et réussira parfois à guérir le strabique en permettant de lui rendre la vision

binoculaire ?

4° L’'avancement musculaire unilatéral est insuffisant.

L’avancement musculaire contrairement à la ténotomie, renforce l'appareil moteur et ne l’affaiblit pas.

IL aide donc à la guérison vraie mais il est insuffisant. |

« Dans le cas ou une guérison relative, apparente du « strabisme est seule possible, l’unilatéralité de l'in- «< tervention peut suffire, mais si l’on espère pouvoir « obtenir la guérison vraie, la correction doit être

« répartie entre les deux yeux, et respecter la synergie

« binoculaire » (Onfray).

de Le double avancement musculaire est nécessaire.

La déviation apparente ne portant que sur un œil, seul cet œil dévié semble devoir être opéré. Mais l’unilatéralité du strabisme n’est qu'apparente.

Dans un strabisme monolatéral, on peut toujours provoquer l'alternance. Il suffit pour cela de recouvrir l'œil habituellement fixaieur. On constate alors que la déviation est égale dans chacun des yeux et s’il y a

apparence de déviation monoculaire, c’est que le stra-

bique a un œil forcément dirigé vers l’objet qu’il veut.

voir. On doit donc répartir l'effet opératoire sur les deux :

yeux.

L'expérience opératoire, confirme du reste d’une

facon absolue ce que cette considération paraît avoir de théorique.

a) Dans le strabisme COnNver sent nous avancerons

les deux droits externes.

L’avancement, respectant la convergence ne diminuant pas le champ de l’adduction, étendant celui de l’abduction, sera toujours pratiqué bilatéralement, si on a l’espoir de rétablir la vision binoculaire.

Il est certain que l'avancement à des effets teurs limités.

correc- Mais il n’est pas moins démontré que le double avancement, avec résection importante du tendon et greffage, immédiatement en dehors du bord cor-

néen, a cependant une puissance de redressement con-

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sidérable que les exercices orthoptiques peuvent encore accroître.

Le double avancement même avec les plus impor- | tantes résections tendineuses ne produit jamais de surcorrection durable, et il a l’avantage de respecter la convergence : fonction essentielle de l’œil humain.

Avec le double avancement les yeux se meuvent correctement. Leur excursion temporale devient normale sans que les excursions nasales y aient perdu.

Souvent, le malade opéré, obtient la vision binoculaire, mais chose tout à fait capitale, on obtient une amplitude de convergence normale avec un champ de fixation binoculaire normal.

Rochon-Duvigneaud pratique ce double avancement de préférence à tout autre opération. Il ne prétend pas pouvoir cependant corriger toutes les déviations par cette opération. Dans les cas où des droits externes très faibles s'opposent à des droits internes très forts, il faudra, en plus des avancements des droits externes, affaiblir les droits internes.

Mais par quel moyen exactement ?

La ténotomie telle qu'on la pratique actuellement est une opération indosable.

Pourrait-on sectionner une fibre musculaire sur deux, dans toute la largeur du musele afin de pouvoir étirer

et allonger plus facilement les fibres restantes ?

b) Dans le strabisme divergent nous avancerons les deux droits internes.

Par ce double avancement, les effets correcteurs, de même que dans le strabisme convergent, sont bons, Suivant le degré de la déviation on se contentera d’un avancement musculaire ou musculaire avec résection plus ou moins grande du muscle.

Le parcours de l'adduction est notablement accru, celui de l’abduction n’est en rien diminué. Le double avancement musculaire est ici, encore plus utile que dans le strabisme convergent.

Dans tout strabisme, là convergence est altérée, mais ici, dans le strabisme divergent, elle est très affaiblie.

Le champ de l’adduction est limité dans chacun des yeux, les deux droits internes étant insuffisants ou du moins innervés insuffisamment.

Il y a intérêt primordial à pouvoir donner aux strabiques divergents une contraction suffisante et parallèle des deux droits internes, car ces strabiques ont souvent une faculté de fusion assez développée, et on Peut arriver à leur rendre la vision binoculaire.

« Les avancements ont donc un heureux effet phy- « siologique, en même temps qu’un bon effet esthétique. « Ce sont les opérations de choix qu'il faut pratiquer « dans le strabisme divergent. L'intérêt de la vision « binoculaire nécessite habituellement un renforcement « de la convergence c’est-à-dire une opération bilaté- « rale » (Onfray).

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