‹ Le double avancement musculaire dans le traitement chirurgical du strabismeChapitre 11 sur 24 · TECHNIQUE DE L'OPÉRATION · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DE L'OPÉRATION

Nous allons exposer ici la technique de l'opération, telle que la pratique habituellement le docteur Rochon- Duvigneaud dans ses interventions.

1° Pour les enfants au-dessous de 10 ou 12 ans, l’anesthésie générale est souvent nécessaire.

2° Pour les enfants courageux ou plus âgés, l’anesthésie locale est parfaitement suffisante'et préférable.

Actuellement l’anesthésie locale, selon la formule préconisée par le Professeur Reclus a remplacé én ophtalmologie, à peu près dans tous les cas ou le malade est parvenu à un âge raisonnable, l’anesthésie générale ;

et la presque totalité des interventions sur le globe oculaire ou ses annexes, se fait à l’aide de cette anesthésie locale.

On la réalise, après désinfection et asepsie habituelle du champ opératoire, par des injections sous conjonctivales et sous musculaires du mélange classique du Pro-

fesseur Reclus.

Sérum physiologique . . . . . . 100 cme.

Nova AT RAT UN EAN US centis:

Adrénaline (solution au millième) , . XXV gouttes.

Cette solution est préparée extemporanément, quelques minutes avant l'opération :

Dans un ballon stérilisé contenant déjà la solution

de novocaïne dansle sérum physiologique on verse les

XXV gouttes d’adrénaline, contenues dans une ampoule.

Puis, après avoir attendu une dizaine de minutes environ après l'injection, on pratique une large excision conjonctivale, poursuivie bien exactement jusqu’au bord de la cornée.

Le tendon est largement saisi à l’aide de la pince à griffes, et on introduit les ciseaux courbes fermés, sous le tendon soulevé.

En écartant les pointes des ciseaux ainsi engagés, on ouvre un large tunnel sous-tendineux que l’on agrandit encore de deux coups de ciseaux, ouvrant la capsule audessus et au-dessous du corps musculaire.

Tout le segment antérieur du muscle et du tendon sont aussi largement libérés et la pince de Prince peut alors saisir le tendon au niveau de sa continuation avec les fibres musculaires.

Il y a donc plusieurs millimètres de tendon, libres, accessibles entre la pince de Prince et l’insertion scléroticale.

On sectionne alors le tendon au ras de la pince de Prince puis on resèque au ras de la sclérotique, l’extrémité libérée adhérente à cette sclérotique.

Suivant le recul donné à la pince de Prince c’est donc de quatre à six millimètres, quelquefois huit millimètres de tendon que l’on peut réséquer.

On procède alors aux sutures. L’aiguille courbe char-

Sr

gée de fil de soie est introduite dans la sclérotique, au ras de la cornée et eu face de l’une des extrémités de l’insertion tendineuse, bien visible sur la sclérotique dénudée. On traverse ensuite le musele et la conjonctive en arrière de la pince de Prince.

Même opération pour l’autre bord du tendon.

Un aide saisissant la conjonetive avec deux pinces, dans la région de l’antagoniste, amène le globe du côté du muscle reséqué ce qui permet de serrer bien exactement et du premier coup, les sutures, sanstiraillement excessif sur les parties à rapprocher.

La résection musculaire doit être plus forte sur l’œil dévié. |

On applique un pansement sur les deux yeux opérés, et le malade reste au lit environ trois à quatre jours.

Les sutures ne sont enlevées que très tardivement : huit à dix jours en moyenne après l’opération.

Une fois les fils enlevés on instille de l’atropine dans les deux yeux, pendant toute la durée de la cicatrisa-

tion, afin d'éviter une convergence précoce.

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