‹ Le double avancement musculaire dans le traitement chirurgical du strabismeChapitre 12 sur 24 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Les malades dont nous allons exposer les observations, sont des strabiques opérés par le D' Rochon-Duvigneaud à la Fondation Ophtalmologique de Rothschild.

Leur nombre peut paraître restreint, il n’y en a qu’une vingtaine environ ; mais il faut bien considérer qu'il ne s’agitexclusivement que de malades opérés par le double avancement.

Nous les ayons convoqués individuellement afin de pouvoir examiner et vérifier les résultats opératoires. Malheureusement il en est quelques-uns qui n’ont pas répondu à l'appel, et nous avons dû nous contenter des résultats notés sur les cartons d'observations, quelque temps après l'opération.

Plusieurs de ces strabiques étaient opérés depuis peu de temps quand nous les avons revus; l’un d’eux même n'avait quitté la Fondation Rothschild que depuis trois semaines ; mais toujours leurs fils étaient enlevés et leur plaie entièrement cicatrisée ce qui permet de tabler sur les résultats constatés, le contraire enlevant toute valeur aux observations.

Chez tous ces opérés nous avons considéré le résul-

tat esthétique d’abord, puis cherché la vision simultanée

etbinoculaire au diploscope.Pour cela nous nous sommes servis du diploscope de Polack.

Malheureusement, à part un cas, dans lequel les résultats ont du reste été excellents, aucun de ces opérés n’a suivi de traitement orthoptique sérieux ; quelques-uns,

même, ne portaient pas leur correction optique.

D'une façon générale, le strabique une fois sa cor- .

rection esthétique obtenue, se trouve satisfait du résultat, et il est rare de le revoir. | |

Après l’examen au diploscope nous avons, à l’ aile du périmètre, mesuré la déviation de l’œil opéré, dans les cas où il persistait une déviation.

Cette évaluation a éte faite d’après le procédé recommandé en particulier par Javal et Landolt.

Le malade pose son menton sur l’appui du périmètre, de façon à ce que l’œil examiné se trouve situé bien exactement au centre du périmètre. |

L’appui de l’appareil sur lequel le patient met son menton est à une hauteur telle que l’axe visuel passe juste au-dessus du cercle ou arc périmétrique, et en son centre, pour aller fixer à cinq mètres environ en avant une petite lampe électrique ; de telle façon que l’œil, le milieu de l'arc périmétrique et la lampe électrique ne fassent qu’une seule ligne droite.

A donc il n'y à pas de déviation, ces conditions se trouvent remplies pour les deux yeux, car à la distance de cinq mètres les deux axes visuels sont à peu près parallèles.

Mais s’il persiste une déviation de l’œil examiné, l’axe

visuel passe en dedans du O, ou milieu du périmètre.

Pour faire celte vérification, il suffit de faire courir une petite lampe électrique à l’intérieur de l'arc périmétrique jusqu’à ce que nous constations sa réflexion dans le centre mème de la cornée du patient. En lisant sur l’arc gradué du périmètre le chiffre correspondant à l'endroit où est arrêtée la lampe, on obtient à peu près

la mesure angulaire de la déviation, évaluée en degrés.

Nous disons « à peu près » ; car ayant eu à examiner

dans certains cas de très jeunes enfants, l’opération devait être rapidement faite,en supposant les conditions d'immobilité et les facultés de compréhension du patient, normales ; ce qui n'existait pas toujours.

Quant au champ du regard pour l’examen de la motilité des muscles, et de la mesure de la force des museles, il a été pris à l’aide du périmètre par la méthode objective.

L'œil à examiner se trouvant en face du O, et la tête bien immobile, on promène une lampe électrique le long de l’arc périmétrique, l’observé la suivant du regard. |

Dès que l’image de cette lampe cesse d'occuper le centre de la cornée, dès qu’elle devient excentrique, c’est que l'œil observé ne suit plus le mouvement de la lampe, etilsuffit de lire, comme précédemment pour la déviation, le degré marqué le long de l’are périmétrique, où se trouve arrêtée la lampe, pour avoir la limite angulaire de l’excursion du globe.

Enfin, on remarquera peut-être, que les renseignements concernant le malade avant l'opération, ne sont

pas identiques pour tous. Les uns ayant la déviation

périmétrique, primitive, notée, les autres l’excursion musculaire, quelquefois les deux ensemble. ‘

C’est que, n’ayant pas examiné ces malades avant leur opération, certains cartons remontant à trois et quatre ans, nous avons dû nous contenter de transcrire simplement les renseignements notés à cette époque

sur les fiches d'observation.

Nous diviserons les observations en deux grands groupes :

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