‹ Le double veuvage, comédieChapitre 181 sur 252 · FRONTIN, M. TURCARET, LISETTE · texte numérisé non relu

FRONTIN, M. TURCARET, LISETTE

FR0BITI5, à M. Turcaret* Je suis ravi, monsieur, de vous trouver en conversation avec cette aimable personne. Quelque intérêt que j'v prenne , je me garderai bien de troubler un si doux entretien.

Tu ne seras point de trop. Approche , Frontin , je te regarde comme un homme tout à moi , el je veux que tu m'aides à gagner l'amitié de cette fille-là.

LISETTE

Cela ne sera pas bien difficile.

rioifrV, à JÎ. Turcaret.

Oh! pour cela non. Je ne iais pas, monsieur, sous quelle heureuse étoile vous êtes né ; mais tout le monde a naturellement un grand foible pour vous.

Cela ne vient point de l'étoile , cela vient de* manières.

LISETTE

Vous les avez si belles , si prévenantes !

Comment le sais-tu?

Depuis le temps que je suis ici, je n'entends dire autre chose à madame la baronne.

Tout de bon?

Cette femme-là ne sauroit cacher sa foiblessc: elle vous aime si tendrement!.... Demandez, demandez à Lisette.

LISETTE

Oh! c'est vous qu'il en faut croire, M. Frontin.

Non , je ne comprends pas moi-même tout ce que je sais là-dessus ; et ce qui m'étonne davantage, c'est l'excès où cette passion est parvenue, sans pourtant que M. Turcaret se soit donné beaucoup de peine pour chercher à la mériter.

Comment, comment l'cntends-tu ?

Je vous ai vu vingt fois, monsieur, manquer Irl'attention pour certaines choses. . .

M. turcaret, l'interrompant.

Oh! parbleu! je n'ai rien à me reprocher làdessus.

LISETTE

Oh! non : je suis sure que monsieur n'est pa» homme à laisser échapper la moindre occasion <!-• faire plaisir aux personnes qu'il aime. Ce n'est que par-la qu'on mérite d'être aimé.

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