ACTE III, SCÈNE XII. a3c
FliONTIS.
Je vous proteste, monsieur , que je ne manque pas de bonne volonté. Je donnerois donc à madame la baronne un bon grand carrosse , bien étoffé.
Elle en aura un. Vos réflexions sont justes ; elles me déterminent.
FRON TIN.
Je savois bien que ce n'étoit qu'une faute d'attention.
M. TCnCARET,
Sans doute'; et, pour marque de cela, je vais de ce pas commander un carrossé.
front IN..
Fi donc! monsieur, il ne faut pas que vous paroissiez là-dedans , vous»; il ne seroit pas honnête que l'on sût dans le monde que vous donnez un carrosse à madame la baronne. Servez-vous d'un tiers , d'une main étrangère , mais fidèle. Je connois deux ou trois selliers qui ne savent point encore que je suis à vous ; si vous voulez , je me chargerai du soin....
m. turcaret, l'interrompant.
Volontiers. Tu me parois assez entendu ; je
m'en rapporte à toi (Lui donnant sa bourse. )
Voilà soixante pistoles que j'ai de reste dans ma bourse, tu les donneras à compte.
a4o TURCARET.
frostin, prenant ta bourse.
Je n'y manquerai pas, monsieur. A 1 égard des chevaux, j'ai un maître maquignon, qui est mon neveu à la mode de Bretagne ; il vous en fournira de fort beaux.
Qu'il me vendra bien cher, n'est-ce pas ?
Non, monsieur; il vous les vendra en conscience..
La conscience d'un maquignon!
FRONTIB.
Oh! je vous en réponds , comme de la mienne.
Sur ce- pied-là , je me servirai de lui.
Autre faute d'attention.....
m. turcaret, l'interrompant.
Oh! va te promener, avec tes fautes d'attention — Ce coquin - là me ruineroit à la fin Tu
diras , de ma part , à madame la baronne qu'un» affaire , qui sera bientôt terminée , m'appelle au logis.
m sort.)