SCÈNE XV
LA BRA3CHE
Oh! diable , M, Oronte est un des plus gros génies!
CRISÏI3.
Je voudrois savoir qui peut être lauteur d'un bruit si ridicule.
LA BHANCHE
Monsieur dit que c'est un gentilhomme appelé
c R 1 s p 1 s , faisant l'étonné.
Valère , qui est cet homme-là ?
la branche, à M. Oronte.
Vous voyez bien , monsieur, qu'il ne le connoît pas.(J Cris pin.) Eh! là, c'est ce jeune homme que
tu sais... que vous savez, dis-je qui est votre
rival , à ce qu'on nous a dit.
crispin.
Eh! oui, oui, je m'en souviens : à telles enseignes qu'on nous a dit qu'il a pi u de bien , et qu'il doit beaucoup ; mais qu'il couche en joue la fille de M. Oronte , et que ses créanciers font des vœux très ardents pour la prospérité de ce mariage.
M. ORONTE
Ils n'ont qu'à s'y attendre , vraiment , ils n'ont qu'à s'y attendre !
LA IKÀ1GHZJ
Il n'est pas sot ce Valère , il n'est , parbleu ! pas sot.
i3o CRISPir* RIVAL DE SON MAITRE.
M. ORONTE
Je ne suis pas bête, non plus; je ne suis, palsembleu ! pas bête; et pour le lui faire voir, je vais de ce pas chez mon notaire... (A Damis.) ou plutôt , Damis, j'ai une proposition à vous faire. Je suis convenu , je l'avoue , avec M. Orgon , de vous donner vingt mille écus en argent comptant ; mais voulez-vous prendre , pour cette somme , ma maison du faubourg Saint-Germain? elle m'a coûté plus de quatre-vingt mille francs à bâtir.
Je suis homme à tout prendre ; mais , entre nous, j'aimerois mieux de l'argent comptant. la branche, à M. Oronte.
L'argent , comme vous savez , est plus portatif.
M. ORONTE
Assurément.
CRISPIN
Oui, cela se met mieux dans une valise. C'est qu il se vend une terre auprès de Chartres; je voudrois bien Tacheter.
la branche, à 31 Oronte.
Ah! monsieur, la belle acquisition! Si vou> aviez vu cette terre-là , vous en seriez charmé. CRISPIN , à M. Oronte.
Je l'aurai pour vingt-cinq mille écus , et je suis assuré qu elle en vaut bien soixante mille.
LA BRANCHE, « 31. Oronte.
Du moins, monsieur, du moins. Comment!
sans parler du reste, il y a deux étangs où l'on