CHAPITRE V
a Ah! soyez-en sûr! l'incréilulité tend à dépeupler !e ciel et à désenchanter la terre! Le surnaturel est la sphère naturelle de Tûme. »
(M. SCHERER, Mélanges, p. 182.)
Près (le trente ans* séparent les hommes que je ' viens de nommer de ceux qui fourniront le sujet de cette étude. Dans cet intervalle, tout a changé entièrement. Ce n'est plus le rationalisme spiritualiste avec ses jeunes ardeurs de tout refaire par lui, c'est le criticisme ardent à démolir ce qui est; et il semble d'abord que ce n'est point au sein d'une pareille école que l'on doive chercher des victimes du doute. Comment le positivisme aurait-il l'inquiétude douloureuse de ces problèmes, dont il est par essence la négation radicale, et desquels il professe que l'étude est vaine, parce que leur objet n'est pas? De là, chez un grand nombre des nouveaux doctrinaires, le dédain a succédé à la mélancolie, la morgue à la tristesse, la négation au doute; et si quelque chose peut êlre plus étonnant que leurs assertions elles-mêmes, ce doit être l'assurance imperturbable et froide avec laquelle es énoncent ces hautains révélateurs de la science.