‹ Le doute et ses victimes dans le siècle présentChapitre 9 sur 37 · INTRODUCTION. XX III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XX III

riiistiiict, le sentiment, le témoignage, en un mot tout ce qui n'est pas le chiffre? Je ne sais, mais l'énormité de pareilles conséquences les réfute suffisamment; et si de plus ils demandent pourquoi la certitude en matière religieuse n'est pas celle de l'évidence, au sens où ils la prennent, je ne leur produirai point les arguments de Pascal, mais je leur demanderai de méditer cette page d'un écrivain qui certes ne leur sera pas suspect de trop de mysticisme :

« Pour que ce combat dont l'immortalité est « le prix fût possible, il fallait qu'il y eût assez « de ténèbres sur notre àme pour produire le (c mérite, assez de lueurs pour éclairer la foi. « Sans ces ténèbres l'évidence de Dieu aurait (c foudroyé lame de vérité et de vertu, contraint « l'équilibre entre le bien et le mal, entre les « lumières etles ténèbres .... Le péché aurait cessé « d'être possible, et la sainteté d'être méritoire. « L'homme n'aurait pas eu sa part d'action dans <c sa propre destinée. En cessant d'être libre, il '( aurait cessé d'être homme; sa vertu forcée <( l'aurait dégradé de sa vertu volontaire. Voilà M le mot de l'énigme. Le mot est lourd et ce dur, mais il est divin. Le soulever depuis le « berceau jusqu'à la tombe, c'est le fardeau et

Page 1