‹ Le Doute: leçons faites à l'Université Nouvelle de Bruxelles 1908Chapitre 18 sur 135 · DOUTE D'ORDRE SEXUEL · texte numérisé non relu

DOUTE D'ORDRE SEXUEL

uelle. Si l'instinct l'emporte ils sont assaillis de remords; s'ils y résistent leur imagination y supplée, el les amène soit à avoir des pollutions spontanées nocturnes qui les épuisent, soit à tes provoquer eux-mêmes, ou avec Tuiile de lenrs camarades, ce qui est pire encore et les conà des habitudes contre nature qu'ils ne peuvent plus refréner, et à l'impuissance pour l'acte naturel.

0r T rien n'est plus grave chez les di «uteurs obsédés que les troubles génitaux. On sait quelle importance Freud y attache, juste raison. Mais s'ils me paraissent, en effet, cons- 4ants chez les douleur* obsédés et phobiques, je crois que ce ne sont pas eux qui directement provoquent les troubles de doute, d'obsession, de phobie, mais qu'ils tiennent à l'état d'émotivité spéciale sur lequel sont développés ces accidents mentaux. Ce qui est certain, c'est que tous les douteurs qui ont des préoccupations génitales sont les plus gravement atteints, et que ceux chez lesquels les perdons et l'impuissance se sont développées sont aussi profondément atteints au point de vue de la dégénérescence que des idiots incapables de se reproduire. L'infécondité est le degré le plus avancé de la déchéance d'une ce. I m en poussant les jeunes gens à émotivilé quelque peu morbide dans la voie de la continence absolue et de la chasteté jusqu'au mariage, on risque fort de les voir aboutir aux perversions et à l'impuissance, à moins qu'ils ne se marient de très bonne heure, ce qui ne leur est pas toujours possible.

La période sexuelle est pour l'homme et la femme la période où, les doutes, les scrupules se produisent avec le plus de facilité et le plus d'intensité. Chez l'homme, c'est surtout à la puberté el à l'adolescence; chez la femme, c'est de préférence au moment du mariage, ou de la ménopause.

Tout concourt au moment de la puberté à troubler l'adolescent À léveil de la fonction sexuelle, qui, sous la forme

de la menstruation, provoque si souvent chôï des jeunes filles, laissées dans FCgnQ«moe, dos émotions graves p ['avenir, se joint l'éducation morale et surtout reltgîet

1 l'époque ou l'on commence à développer le sens critique, où la raison se forme, où les grands problèmes métaphysiques et religieux BUTgi$senî dans l'esprit des jeunes gens; c'est l'époque où Fou chercha à former la conscience morale qui pour beaucoup se confond avec la conscience religieuse. On habitue l'enfant à se scruter, à s'analyser, on développe chez lui ta crainte, et Ton entretient, ime les manifestations cultuelles el l'enseignement du péché*, de la grâce, des peines et récompenses éternelles, etc., un état d'éniotivité propice à réclusion de tous les scrupules.

Aussi voit-on la plupart des douleurs obsédés avoir débuté dans le doute par une période de scrupules religieux. Il est possible et même certain que le terrain doit être prédisposé à leur éelosion. Il n'en est pas moins vrai que leur culture intensive k une période de formation de l'intelligence et de la personnalité morale de l'enfant a une importance bien plus considérable que plus tard, lorsque le cerveau a subi son développement presque com"

plet.

Chez les jeunes gens la crise de doute primitive se manifeste plus tard, et généralement elle a le caractère métaphysique, philosophique ou moral plutôt que religieux.

Passé l'Age mûr, la quarantaine chez l'homme, la ménopause chez la femme, il est rare de voir revenir des crises de doute, même si le sujet en a eu plusieurs dans son exis tence, et plus rare encore de les voir apparaître pour la première fois. C'est de quinze à trente ans que le doute pathologique se montre avec le plus de fréquence et d intensité.

Chez l'homme, les conditions sociales jouent un certain

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