DOUTE PATHOLOGIQUE
s'organise à l'état latent, subconscient, et un jour vient où elle apparaît consciemment, La substitution est alors corn- )lète et définitive, mais il s'en faut de beaucoup qu elle ait mi lieu brusquement. Ce qui en donne l'illusion c'est le fait qu elle est devenue consciente.
Cette période de réorganisation peut être plus ou moins longue, car autour de la croyance dissoute sont agrégées nombre d autres croyances secondaires connexes, et il en 3st de même autour de la nouvelle croyance qui va on entraîner un nombre plus ou moins grand d autres en dépendant plus ou moins directement. Mais cela importe peu. Pour que le doute cesse de se manifester, pour que le malaise qui l'accompagne obligatoirement ne se montre plus, il suffit que les oscillations entre l'ancienne et la nouvelle croyance ne se produisent plus, c'est-à-dire que le nouveau système de croyance remporte sur l'ancien, même si sclui-ci n'est pas complètement dissous, désagrégé.
Que la nouvelle croyance soit l'opposé de l'ancienne, qu il y ait entre elles contradiction absolue, ou qu'au contraire elles soient simplement différentes, mais exclusives Tune de l'autre, cela n'a pas d'influence sur la longueur, l'intensité du doute, ni sur la période de réorganisation. Dissolution de Tune, reconstitution de l'autre, dépendent avant tout de la facilité plus ou moins grande d'adaptation cérébrale du sujet, de son impressionnabilité, de son émoti vite et de la valeur qu'il attache à la croyance en question.
Qull s'agisse des doutes portant sur des faits d'expérience, sur des sentiments, sur des représentations imaginaires ou réelles, la disparition du doute se fait toujours suivant ces trois modes.
B) Douteur d'habitude ou pathologique, — Nous avons vu à propos des différentes étapes du doute normal que les >ln noniènes qui les caractérisaient étaient l'ébauche plus
ou moins nette de ce que nous devions retrouver dans le doute pathologique. Et, en effet, dans les deux cas, ce sont les mêmes éléments dévolution. Mais ce qui imprime un cachet particulier à cette évolution ce n'est pas le doute luimême, son objet, son intensité, sa persistance, sa forme, c'est le sujet lui-même. Ce n'est pas le doute qui fait le douteur, c'est le douteur qui fait le doute.
Ce qui caractérise le douteur d'habitude, le douteur pathologique — depuis ces états d'indécision, d'hésitation, d'inquiétude de l'avenir, de regrets dupasse, qui sont si communs, jusqu'aux états de doute obsédant, continu, accompagné de phobies, de manies, d'agitation, d'angoisse — c'est que tout lui est occasion de douter. Il n'est même pas besoin d'un incident extérieur, une idée, une pensée, un souvenir suffisent pour éveiller le doute. Il se crée luimême l'objet de son doute quand il n'en trouve pas de prér texte en dehors de lui. C'est en quelque sorte sa manière de penser que d'être perpétuellement ballotté entre des représentations, des sentiments, des tendances qui se contrarient, alternent sans pouvoir se fixer ni aboutir à une formule précise, satisfaisante, et capable de déterminer l'action.
Si, d'une façon générale, l'évolution du doute pathologique passe par les mêmes périodes que le doute normal, il présente cependant certaines particularités qu'il nous faut indiquer dès maintenant et que nous aurons dans la suite à interpréter, h développer, en même temps qu'à en voir les conséquences.
Un premier point à noter est que, d'une façon préétablie, la personnalité du douteur pathologique ou d'habitude est dans un état d'inconsistance, de faible systématisation, d'instabilité et d'émotivité, tel que ses impressions, ses représentations, ses sentiments, ses émotions, ses tendances motrices ne sont jamais dans un état statique,