DÉBUT DU DOUTE PATHOLOGIQUE
n'arrivent jamais à se formuler d'une façon nette, com- f
plète, définitive, mais se suppléent, se contrarient, dans une oscillation incessante, qui se traduit par des actes incom- *
plets et incertains, par des réactions émotionnelles trop j
vives, par une suggestibilité très grande mais sans persistance, par tout un ensemble de phénomènes qu'on attribue % à un affaiblissement de la volonté, et qui ne sont que la traduction des oscillations et de l'instabilité de l'activité cérébrale, lesquelles ne vont pas sans une grande faiblesse de l'énergie nerveuse utilisée.
Période de début. — Sur un pareil terrain on comprend que le moindre événement intéressant la personnalité du douteur devienne pour lui prétexte à douter. On est frappé de la futilité des objets de doute chez ces sujets. Il suffît, en effet, qu'une impression se présente, qu'une représenta- ]
tion ou une association se produise à un moment où l'activité j
cérébrale se trouve dans un état d'oscillation, d'instabilité, de remous plus marqué qu'à l'ordinaire, sous des influences \
quelconques que nous aurons l'occasion d'examiner plus tard, pour que ces phénomènes subissent cet état et, - {
entraînés par lui, amènent des doutes. Aussi, tandis que le douteur d'occasion cherche souvent lui-même à déterminer ces oscillations pour arriver à une satisfaction complète en explorant tous les aspects de l'objet de son doute, le douteur d'habitude les subit, et, malgré ses efforts, est inca- .
pable de les enrayer. C'est 'qu'à la vérité il est toujours }
à l'état de doute latent, et que le doute réel qui surgit n'est que la forme momentanée de son état oscillatoire, j
de son remous cérébral constant.
Aussi voit-on chez le douteur d'habitude certains modes
de développement du doute prendre une importance
particulière, à savoir les associations par contraste et
par contiguïté, d'une part, et, d'autre part, les représen-
Sollier. — Doute. 6
! ajî
tations d'ordre imaginatif, principalement visuelles, qui jouent un rôle considérable dans le doute pathologique en général.
Le plus souvent, contrairement à ce qui se passe chez le douteur d'occasion, le doute apparaît brusquement, et cela se conçoit facilement puisque le sujet est toujours en état d'opportunité du doute. Aussi cette période d'apparition du doute est-elle ordinairement très brève et le doute est-il rapidement constitué.
Période d'état. — Tous les caractères que nous avons signalés dansle doute normal se retrouvent ici à un degré beaucoup plus élevé. Ce qui domine surtout c'est la ténacité, la persistance du doute, qui devient continu et obsédant. Même dans les moments d'accalmie le sujet le sent toujours présent, toujours prêt à reparaître avec la môme intensité. Et il arrive que s'il a l'air de céder ce n'est souvent que pour être remplacé par un autre, pouvant n'avoir aucun rapport avec lui. Tant il est vrai que dans ces cas ce n'est pas les raisons de douter qui créent le doute, mais l'état du douteur.
Il va de soi que le malaise intérieur, l'inquiétude, l'angoisse, TagitatioD, sont bien plus développées que dans le doute d'occasion. Il s'y ajoute quelque chose qui rend ces sentiments encore plus pénibles, c'est la conscience de l'impuissance où l'on est de sortir de ce doute, qui se développe dune façon parasitaire, étrangère, au sein de notre personnalité et s'impose à elle malgré nous, d'où le développement logique du sentiment de dédoublement de la personnalité qui se rencontre à tous les degrés chez les douteurs pathologiques. Nous aurons lieu d'étudier plusloin cette période d'une façon approfondie.
Période de terminaison. — C'est ici que la différence la