PU NOM NES AFFECTIFS
va porter se présente. C'est comme un remous dans tout rétrtë, accompagné d'un sentiment de malaise généra], et de confusion cérébrale. Quelquefois même il y a un moment d'angoisse.
Les sensations céneslhésiques cérébrales, si elles ne se montrent pas toujours d'une façon brusque et précoce dans le doute pathologique, n'en sont pas moins constantes une fois qu'il est constitué. Le douleur ne se sent jamais la tête libre ôt localise bien souvent son angoisse dans la partie antérieure de son cerveau. Il se rend compte que s'il ne ressentait plus l'étreinte qui l'enserre, il serait débarrassé de ses doutes et de ses obsessions, et c'est, en effet, ce qui
produit quand il guérit. Le douteur a également le sentiment de la lotte qui se produit en lui et qui revêt souvent à «es yeux un caractère vraiment physique : et en effet il ressent souvent des chocs, des vibrations douloureuses, comme des vagues ondulatoires dans son cerveau, tous phénomènes qui le troublent, l'énervent, l'angoissent et amènent chez lui un état de confusion cérébrale.
Lorsque le doule est constitué, apparu, l'état affectif se modifie. Ce n'est plus l'inquiétude ou l'angoisse vagues du début, ce n'est plus le sentiment indéfinissable de quelque transformation intérieure ou d'un événement pénible qui va arriver, c'est sur le doute lui-môme, sur son objet, sur les conséquences entrevues, que se porte l'inquiétude ou l'angoisse. Le doute issu de l'émotion devient à son tour source et cause d'émotions. A partir de ce moment c'est un cercle vicieux dans lequel on tourne, dont finit par sortir le douleur accidentel, dans lequel reste enfermé et de plus en plus resserré, pendant bien longtemps souvent, le douteur pathologique ou constitutionnel.
En dehors des raisonnements, des expériences, des associations d'idées par lesquels le douteur cherche à sortir de son doute, et qui sont souvent pour lui des sources de nou-
veaux doutes et de nouvelles émotions, le doute lui-même, en dehors de son contenu, de son objet, entraîne une série de sentiments divers chez le douteur.
Tout d'abord, par suite des oscillations et du remous cérébral qui caractérisent le doute et qui se traduisent par des représentations opposées, antagonistes, contrastantes, contradictoires ou fuyantes, le douteur passe par des alternatives d'espoir et de découragement, suivant qu'il croit saisir la solution ou la voit lui échapper. Ou bien il se réjouit de n'en être plus préoccupé, obsédé — comme dans les cas pathologiques — et il se désole de le voir reparaître. Devant sa ténacité, devant l'impuissance où il se trouve d'en sortir il est pris de fatigue — réelle d'ailleurs — et de résignation ou de découragement; mais peu après il s'irrite de ne pouvoir aboutir, soit à le résoudre,, soit à y être indifférent.
Il s'y joint bientôt d'autres sentiments d'ordre plus intime, plus personnel. C'est humiliant de ne pas pouvoir embrasser les données d'un problème pour le comprendre et le résoudre ; c'est irritant, au moment où on croit saisir la solution, de la voir s'évanouir. On se sent dominé, impuissant, inférieur à soi-même, à ce qu'on croyait; on sent le besoin d'un appui, d'un conseil ; on n'est pas capable à soi seul de se tirer d'affaire ; on n'est plus libre, on n'est plus indépendant moralement. Il n'est pas moins pénible de constater qu'une chose dont on n'avait jamais douté, devant laquelle on n'avait jamais hésité, nous laisse en suspens; ou encore qu'une croyance qui nous avait toujours paru fondée, satisfaisante, sur laquelle on s'appuyait avec sécurité, apparaît comme mal établie, erronée peut-être. Dans ce dernier cas s'ajoute la crainte des conséquences de la perte de cette croyance, de la difficulté, de l'impossibilité même où l'on sera de la remplacer, ou de la remplacer par une autre aussi satisfaisante.
Tune et repousser l'autre. Nous sommes spectateurs de cette lutte dans le champ clos de notre conscience. C'est encore là la forme la moins pénible du conflit entre représentations. Elle ne Test qu'à cause des sentiments développés à l'occasion des conséquences que ces représentations nous font entrevoir.
Un degré de plus est atteint quand il y a conflit entre la perception de la réalité et les représentations. C'est une impression particulièrement pénible que de se demander ce qu'on doit croire de ce que nos sensations nous apportent ou de ce que nos représentations nous évoquent de la réalité.
A un degré de plus encore le conflit devient plus aigu. Il se produit entre nos sentiments et les données de notre logique, de notre raison, de notre expérience. C'est vraiment alors la lutte entre la connaissance et le sentiment, et pour un esprit critique, rationaliste, l'impression qu'il en ressent est véritablement douloureuse et quelquefois tragique.
Enfin, en descendant encore plus au fond de notre personnalité, on constate que ce sont les sentiments qui sont l'objet du débat, sentiments anciens, habituels, formant le fond même de notre personne morale, et sentiments nouveaux, étrangers, incompatibles avec nos goûts, nos désirs, nos actes ordinaires. Ici ce n'est plus le conflit de phénomènes psychologiques, c'est la lutte de deux personnalités, l'une, l'ancienne, qu'on aime, qu'on connaît, dont on prévoit tous les actes, toutes les manières de sentir, l'autre qui s'impose à elle, qu'on ignore, qu'on déteste et dont on n'attend que du mal.
Ce sentiment de dédoublement de notre être, d'envahissement de notre moi par un autre moi, un intrus, qui s'insinue malgré nous et nous entrave dans tout ce que nous voulons faire, dans tout ce que nous pensons et sentons, tel est le