ECLIPSES DE CONSCIENCE
divers cas le sujet sort plus ou moins brusquement, soit spontanément, soit sous l'influence d'une excitation extérieure, de son absence momentanée. Il y a discontinuité dans ses états de conscience. 11 ne peut plus se rendre compte du temps qui s'est écoulé entre le dernier et le nouvel état actuel, ni par conséquent de ce qui a pu se passer, de ce qu'il a pu faire pendant celte période, Suivant le degré de diminution de la conscience il se trouve dans l'état d'un homme qui se serait assoupi un moment, ou d'un homme qui se serait évanoui complètement. Et cette comparaison a peut-être plus d'exactitude qu'une simple analogie.
En effet, dans le premier cas, nous voyons le douleur être le théâtre, pendant sa rêverie plus ou moins profonde, de représentations imaginaires dont il conserve le souvenir quand il en sort. Incapable de mesurer le temps qui s'est écoulé, d'avoir des points de repère précis pour s'y reconnaître entre le rêve et la réalité, il se demande si ce qui s'est passé dans son imagination est vrai ou non, s'il a fait telle ou telle chose, contraire toujours à ses tendances, à ses sentiments, à ses désirs. 11 se demandera, par exemple, comme certaines de mes malades, s'il n'est pas entré quelqu*un dans leur chambre, si elles n'en sont pas sorties elles-mêmes pour aller faire quelque chose de mal, mettre du poison dans les aliments de quelqu'un, ou faire quelque malpropreté. Tout ce qui obsède ces sujets en temps ordinaire, tout ce qu'ils redoutent de faire ou de voir arriver, et qui est en antagonisme continuel avec la réalité consciente elle-même, ils s'imaginent que cela a pu se réaliser pendant ces absences de conscience claire.
Dans le second cas, où il y a éclipse complète de conscience, il y a lieu de faire que distinction. Tantôt c'est une simple distraction qui a empêché de constater un incident - quelconque qui s'est produit devant nous, tantôt c'est un