‹ Le Doute: leçons faites à l'Université Nouvelle de Bruxelles 1908Chapitre 68 sur 135 · L'ANGOISSE · texte numérisé non relu

L'ANGOISSE

En résumé, dans les cas où les éclipses de conscience paraissent le mieux démontrées, elles ne se présentent pas sous l'aspect des absences ou des accès épileptiques, et quand elles existent d'une façon nette c'est chez des épileptiques où il me paraît plus rationnel d'en faire un symptôme épileptique qu'un phénomène psychasthénique, ou encore chez des sujets où l'obsession et l'épilepsie sont des manifestations simultanées d'un trouble organique du cerveau.

Angoisse. — Il nous resterait à examiner ici un trouble lié «

aux obsessions, et qui est essentiellement inhérent au doute. C'est l'angoisse. Dès que le doute surgit, une inquiétude, -

un malaise l'accompagne, et nous avons vu qu'il en était '

ainsi du doute normal comme du douté pathologique. Ce n'est qu'une question de degré ; du malaise à l'angoisse physique, de l'appréhension vague à l'anxiété morale. Mais je crois préférable de reporter cette étude au chapitre suivant où nous aurons à voir les réactions qui sont la conséquence du doute, en particulier à propos des phobies. Nous aurons alors, en effet, à discuter la question de la priorité de l'angoisse ou de l'idée dans le doute, dans les obsessions et les phobies. Ce serait donc faire double emploi que de la traiter ici.

Qu'il nous suffise de bien indiquer que l'angoisse fait partie du tableau du doute. Mais elle peut dominer la scène, comme l'obsession, ou comme la phobie, ou comme la '

manie. C'est cette prédominance tantôt d'un phénomène primordial, tantôt d'un phénomène secondaire, ou même d'une réaction particulière, qui donne des aspects si variés au doute, et qui y fait établir des catégories dont l'autonomie n'est qu'apparente. C'est ce qui fait aussi que les auteurs, frappés de tel ou tel symptôme, de telle ou telle manifestation plus évidente, plus caractéristique dans cer- : '

tains cas, ont regardé la maladie du doute comme une névrose d'angoisse, comme un délire émotif, comme une obsession, comme le délire d'hésitation, ou la maladie du scrupule, et qu'au point de vue de sa nature ils l'ont considérée comme un trouble de Témotivité, ou de l'intelligence, ou de la volonté, suivant ce qui les frappait le plus.

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