‹ Le Doute: leçons faites à l'Université Nouvelle de Bruxelles 1908Chapitre 69 sur 135 · RÉACTIONS DES DOUTEURS CONTRE LE DOUTE ET SON OBJET · texte numérisé non relu

RÉACTIONS DES DOUTEURS CONTRE LE DOUTE ET SON OBJET

Sommaire : 3* Réactions conslituani des moyens de défense contre le doute : manies. — Reménioratîon. — Superstitions., compensation, expiation, sprments. — Réactions motrices, automatiques, volontaires, innibitriees ; systématisées ou généralisées. — Contenance, excitation, direction, autorité.

4» Réactions conséquences du doute : intellectuelles. — Maladie du doute et aliénation mentale; — affectives; — émotionnelles : angoisse, ses rapports avec l'obsession et la phobie; — phobies, réalité et possibilité! ; leurs variétés ; lu peur de soi t la peur dn monde extérieur; réactions aux phobies; fuite, ajournement, concessions, précautions.

Les impulsions. — Leurs caractères; conscience et volilîon. — Impulsions à formes de tics, et impulsions vraies. — Phobies d'impulsion et impulsions réalisées, — Éléments identiques. — Impulsions sexuelles. — Variétés d'impulsions. — Impulsion au suicide.

3° Réactions constituant des moyens de défense contre le doute. — Nous en arrivons maintenant aux moyens employés par le douleur pour se défendre contre son doute ou lui apporter une solution, ce qui est en somme le meilleur moyen de défense. Ici encore nous retrouvons une série de manifestations que Pierre Janet décrit dans la psychaslhénie, tantôt parmi les manies, tantôt parmi les agitations forcées^ tantôt parmi les sentiments dlneomplétude, et qui ne sont que des réactions logiques, plus ou moins volontaires,

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plus on moins intelligentes suivant le caractère et l'intelligence des sujets, vis-a-vis de leurs doutes. D'où il nous faut encore conclure que ce qu'on a considéré comme une maladie rassemblant une Foule d'états psychiques épars n'est que la maladie du doute elle-même, dont les étuis d'apparence autonome et distincte en raison de leur prédominance ne sont en réalité que des manifestations constitutives, ou des conséquences.

ïl est naturel que l'homme obsédé par un doute cherche par tous les moyens possibles à s'en débarrasser, et que dans ce but il ait recours au raisonnement, à la mémoire, aux données des sens, qu'il demande l'assistance d'autmi, qu'il emploie toutes sortes de petits procédés, de petits « trucs » pour dire le mot, afin de s'y reconnaître au milieu de ses hésitations, d'avoir des points de repère pour fixer ses souvenirs, et des mobiles précis pour agir, des motifs certains pour croire.

Car croire et agir sont toujours les mêmes termes auxquels il faut arriver. Aussi le non aboutissement qu'on donne comme un caractère ries obsessions en est il la conséquence la plus naturelle, mais à une condition qu'on omet de signaler et qui est capitale, c'est que l'obsession soit en opposition avec les tendances innées, intimes du sujet. Prenons un exemple* Voici deux obsédés sexuels : l'un est obsédé d'images erotiques qui sont en contradiction avec ses sentiments moraux et religieux; il a peur de céder à la tentation, de faire des actes contre nature, qu'il réprouve et abhorre, ou même simplement de s'y complaire, ce qu'il se reproche. Il ne cédera jamais à son obsession ; les images qu'il dit le poursuivre sont en réalité très faibles, et quand on lui demande de les préciser elles fuient, elles s'éva nouissent, comme un rêve au contact de la ■réalité. Voici maintenant l'autre également poursuivi par des images erotiques. Mais il n'est retenu que par les habitudes d'édu-

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