REACTIONS DES DOCTEURS CONTRE LE DOUTE
niques inconscientes sont pour lui l'origine de nombreux doutes.
La manie des précautions ne saurait, a. mon avis, constituer davantage un tic. C'est, par excellence, un moyen de défense contre le doute, ou contre la phobie ou Tobses-
(sion, ce qui est toujours la même chose.
Toutes ces soi-disant manies que P. Janet place dans la catégorie de ses agitations forcées et qu'il regarde comme des phénomènes spéciaux à la psychas thème, sont donc tout simplement, h mon avis, des réactions du douteur contre son doute, réactions volontaires pour ta plupart, ce qui leur enlève tout caractère de tics. Elles seraient môme lus naturelles et très logiques, et ne sont, en somme, que l'exagération de ce que tant de gens normaux font dans la vie courante. Seulement les douleurs le font d'une façon continue, pour la simple raison que leur doute étant continu les incite à y réagir d'une façon continue; et de plus, ils le font d'une façon inutile, excessive, et qui, par cela môme, va à rencontre du résultat qu'ils cherchent. Tant il est vrai que le doute ne se dissipe pas par des démonstrations, des expériences, ou des raisonnements, mais par son opposé, la croyance, laquelle repose sur l'affectivité, l'êrnotivité, et, pour tout dire, sur l'état de la personnalité.
Mais continuons la revue de ces moyens de défense ou de solution du doute. Le douteur qui a fait appel à ces divers petits procédés pratiques, peut s'adresser à des raisonnements, soit qu'il les fasse lui-même, soit qu'il les demande a d'autres*. Le résultat est toujours le môme. La dialectique du psychothérapeute ne vaut pas mieux que celle du douteur. Si le premier évite mieux que le second 1rs sophismes et les paralogismes, et même les illogismes, il ne tarde pas h s'empêtrer dans le [maquis des considérations philosophiques, métaphysiques, sociales auxquelles il
LE IMHTE
est obligé de faire appel éA qu il a quelquefois la prétention
d'imposer en quelques séances a des hommes qui ont tout un passé de croyances, de doctrines et d'expériences. C'est de la naïveté ou de .l'outrecuidance.
Je Fai dit et je le répète, la dialectique expose le douteur à plus de dangers qu'elle n'a d'avantages comme adjuvant, même bien maniée avec une extrême prudence par le psychothérapeute. Beaucoup de douteurs, d'obsédés, à l'esprit critique, croient trouver dans le raisonnement la solution de leurs doutes et s'y lancent h perte de vue. Il faut les arrêter !<• plus rapidement possible sur cette pente où ils ne font que se fausser davantage les idées.
Mais chaque douteur agit dans sa défense suivant son caractère, ses croyances, ses préjugés, son intelligence. Et je n'ai pas besoin de dire que les différents procédés ne se montrent pas chez le même douteur. Chacun a le sien, et on n'en finirait pas de les décrire, car, même semblables, ils ont tous un cachet personnel qui les distingue dans les différents cas.
C'est ainsi que des esprits superstitieux s'en remettent au sort ou aux présages pour les tirer d'embarras. Teuton considérer cela comme un phénomène pathologique, comme une manie de l'oscillation? Dès la plus haute antiquité n'était-ce pas le procédé officiel pour savoir ce qu'il fallait faire dans les occasions les plus graves, od l'hésitation était dans les esprits des dirigeants? Ce n'était pas une superstition alors, mais une croyance générale el religieuse. Aujourd'hui tes esprits superstitieux recourent aux mômes procédés, depuis le « pile ou face », jusqu'aux tireuses de cartes et aux évocations spirites, pour se tirer de leurs doutes, ou pour se procurer des connaissances qu'ils ne pourraient avoir autrement- Il n'y a rien de changé. Que cela indique des esprits faibles, c'est évident- Mais il faut remarquer à cet égard que si les esprits faibles