RÉACTIONS MOTRICES DES DOCTEURS
parole, d'excitation, etc> dont nous avons déjà parlé? Des efforts? mais le douteur passe son temps à en faire, et il en fait en proportion de son obsession, de son doute. Quand celui-ci revêt un caractère paroxystique , ses efforts deviennent beaucoup plus marqués, et se traduisent d'une façon ou d'une autre suivant les caractères, les tempéraments, et l'objet de l'obsession. La volonté, que certains auteurs incriminent comme fondement de l'obsession, est-elle abolie dans ces cas? Si ces efforts ne sont pas couronnés de succès, est-ce parce qu'ils ne sont pas suffisants ou parce qu'ils sont mal adaptés? Il suffit de voir comment les malades les appliquent pour comprendre leur parfaite inefficacité. Et nous rencontrons la ce que nous avons constamment montré comme un caractère essentiel de ces moyens de défense et de solution dans le doute : leur inefficacité, soit par insuffisance, sott par excès, soit par application a un point accessoire et non au point essentiel, soit par répartition trop disséminée et variable de l'effort.
11 me parait difficile de ranger sous la même rubrique que les efforts les crises de marche, de parole, d'excitation» Les premiers sont une réaction volontaire du sujet; les secondes sont l'expression du trouble qu'engendre le doute, qui le constitue pour mieux dire. Elles dépendent du tempérament du douteur. L'un est concentré, taciturne, ou plongé dans la rêverie ; l'autre a besoin de s'agiter, de parler, d'exprimer ce qu'il éprouve; son excitation, qu'elle soit
»sous une forme systématisée comme la marche ou la parole, ou sous une forme généralisée, n'est qu'une dérivation k la périphérie, sur l'appareil moteur, de l'énergie nerveuse libérée d'une façon désordonnée, excessive, inutile, par suite de l'émotivité particulière du sujet pendant le doute, Le même tlux d'énergie peut se traduire, et se traduit en effet chez certains autres par une explosion de représentations ou par des émotions violentes et opposées. Ce ne Sollier. — Doute, 17
LE Dl'U.TK
sont dans tous ces cas qu'une seule et même chose < des sphères d'activité cérébrales différentes.
Ces manifestations, qui sont inhérentes an doute par conséquent, ne deviennent une solution pour lui que lorsqu'elles sont volontairement substituées à d'autres* C'est ainsi que, pour détourner leur attention de leur obsession, certains se mettent à parler avec vivacité d'un sujet quelconque; des éreutophobes, par exemple, obsédés de l'idée de leur rougeur, parleront avec volubilité sur n'importe quel sujet, pour que leur rougeur soit attribuée à la chaleur qu'ils ont mise à la discussion; ils se jetteront de même dans un jeu violent quelconque, non par besoin d'ex tion, mais pour se donner une contenance.
donner une contenance, voilà une des grandes préoccupations de beaucoup de douteurs. Mais au lieu d'être simples ils compliquent les choses et s'embarrassent encore davantage. Rien n'est plus frappant que la façon dont les précautions imaginées par les éreutophobes, et les timides en général, pour éviter de montrer leur gêne se retournent contre eux, comme toutes les précautions, d'ailleurs, pi par les douteurs et les phobiques surtout. Ont-ils à aller faire une visite, par exemple, ils combinent d'arriver à telle heure où le jour baisse et où les lumières ne sont pas encore allumées, de se placer à contre-jour, de s'asseoir auprès d'une lampe à grand abat-jour ; et, pour n'avoir pas l'air gêné, de parler immédiatement de tel sujet qu'ils préparent d'avance et sur lequel ils imaginent la discussion qui s*en gagera. D'avance ils s'attendent à trouver toutes choses dans les conditions qu'ils se sont fixées ainsi. Naturel* lement tout est si bien combiné dans leur tète, que la moindre chose qui manque au tableau qu'ils se sont fait ébranle et fait s'écrouler tous leurs projets : la place qu'ils convoitaient est prise par une autre personne ; ils sont obligés de se mettre en évidence, face à la lumière, ouïes lampes