VARIÉTÉS D'IMPULSIONS
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barrasser de ces tics, fort gênants souvent dans la société, les malades se livrent à bien des essais, usent de procédés nombreux, qui ne réussissent que rarement et au prix de grands efforts.
Ces efîortssont d'autant plus considérables que ces tics ne contrarient aucune tendance intime, aucun sentiment moral, religieux ou social, et ne touchent que très peu la personnalité. Cest une représentation de mouvements qui s'impose comme toute autre représentation obsédante, qui ne rencontre d'autre opposition que la barrière variable et fragile des habitudes acquises par éducation. On comprend que dans ces conditions l'action inhibitt i< e soit très réduite et que l'impulsion se satisfasse presque toujours, Aussi ces tics sont-ils presque incurables. L'intérêt que les sujets ont à les combattre ne compense guère lasatisfaetion qu'ils éprouvent à les laisser se réaliser, et l'angoisse éprouvée dès qu'ils veulent les enrayer est une raison de plus de n'y pas résister.
Nous retrouvons donc dans ces tics tous les éléments constitutifs du doute avec obsessions. Môme conscience de l'acte accompli, même lutte avec angoisse quand il commence à s'imposer, ou quand une cause quelconque extérieure ou intérieure le contrarie, même soulagement quand la lutte prend fin. Celle-ci se termine dans ce cas par la réalisation de l'impulsion obsédante, tandis que dans l'impulsion avec phobie elle se termine par la certitude que cette réalisation n'aura pas lieu. Cette différence tient à ce que dans le premier cas on a le désir de la réalisation et dans le second qu'on en a peur. Les deux solutions sont logiques malgré leur opposition apparente. Le fait que ces impulsions n'ont aucun effet sur autrui contribue singulièrement d'ailleurs à supprimer les raisons qu'on pourrait avoir de les entraver.
Le second groupe comprend, au contraire, des impulsions qui intéressent autrui, et dont la plupart sont même
dangereuses au point de vue social : telles sont la kleptomanie» la pyromanie, la dipsonianie et la toxicomanie* l'impulsion au meurtre, et enfin les impulsions génitales. C'est dans ces impulsions qu'on a surtout décrit les caractères spécifiques des impulsions en général , à savoir : la conscience, la lutte avec angoisse, l'irrésistibililé, le soulagement consécutif à l'accomplissement de l'acte, etrémotivité qui nVsi que le terrain sur lequel elles se développent et ne saurait constituer un caractère particulier.
Il faut remarquer, d'ailleurs, que certaines d'entre elles comme la dipsornanie, la toxicomanie, les impulsions sexuelles paraissent avoir une certaine autonomie, occuper presque à elle seule la scène dans î'émotivité morbide et ne s'accompagnent quelquefois que de manifestations peu nombreuses et peu apparentes parmi celles que nous rencontrons chez les douleurs en général.
Elles présentent au plus haut degré le conflit et les oscillations entre deux tendances opposées que nous avons vu caractériser essentiellement le doute et l'obsession. Elles sont en effet obsédantes, et souvent d'une façon continue. Voyons donc quelle différence existe entre le doute avec obsession impulsive ne se réalisant pas et celui où elle se réalise. Cette différence me parait consister uniquement en ceci que : dans le premier cas c'est la bonne tendance qui domine, et dans le second c'est la mauvaise. On peut prévoiries sentiments qui en découleront. Dans le premier cas, c'est le désir de voir la bonne tendance remporter sur la mauvaise; c'est la crainte de voir celle-ci remporter sur la bonne ; d'où angoisse. Mais la bonne tendance étant la plus forte, la mauvaise n'aboutit jamais; seulement le sujet est dans le doute a cet égard, et, tant qu'il n'est pas certain qu'il en est ainsi, il est obsédé de la crainte de succomber malgré lui. Dans le second cas, c'est le désir de voir la tendance mauvaise se réaliser, car elle