CARACTÈRES DES IMPULSIONS
est la plus forte, el éveille le sentiment du soulagement qu'on y trouverait, comme dans la satisfaction de tout besoin. La crainte des conséquences de l'acte n'est pas rattachée à des sentiments personnels; elle tient uniquement à des considérations d'ordre social ou à des principes acquis d'éducation morale ou religieuse; le conflit est cependant très violent et s accompagne d'une angoisse considérable, plus marquée même que dans l'impulsion avec phobie.
Cette différence tient à ce que l'angoisse a deux origines ; le désir violent de satisfaire l'impulsion et la crainte en môme temps de n'y pas réussir, d'une part; et, d'autre part, la crainte des conséquences de l'acte impulsif. Mais il est évident que le désir lié à une constitution physique et morale particulière l'emportera fatalement sur les tendances et les principes développés par la seule éducation. Le soulagement est beaucoup plus marqué aussi que dans le doute impulsif avec phobie, car dans ce cas le doute n'est jamais complètement résolu, tandis qu'ici l'accomplissement de l'impulsion constitue une solution franche, radicale et certaine. Toutefois on observe encore dans ces cas le même besoin d'aller au delà de ce qu'on a obtenu ; la satisfaction n'est jamais absolue. Une fois l'impulsion réalisée, le doute reparaît, l'obsession de l'impulsion renaît au bout d*un temps plus on moins long, et le désir d'une satisfaction plus complète, plus durable, est encore plus violent. De sorte que, même sous ce rapport, l'impulsion réalisée laisse la même insatisfaction que la phobie de l'impulsion une fois qu'elle est calmée.
L'irrésistibilité ou la résistance qu'on rencontre dans les deux formes dépendent donc, non de la volonté du sujet ou de son état de conscience, mais de la prédominance de ses tendances. Ce sont les plus fortes — normales ou anormales — qui finissent toujours par avoir le dessus. La
LE UOUTE
volonté et le raisonnement n'ont rien à y voir, Le douteur impulsif assiste en spectateur au conflit de ses lendances et subit les oscillations qui se produisent sans cesse de Tune à l'autre. 11 est également satisfait quand il est assuré, soit par un acte de croyance, soit par un acte accompli réellement, que ce sont les plus fortes — bonnes ou mauvaises — qui remporteront. Ces sentiments sont en somme logiques : Quand les bonnes tendances sont les plus solides, sont celles qu'il préfère, auxquelles il donne son assentiment, il est tout naturel qu'il craigne de les voir vaincues par des tendances qu'il sent surgir en lui à son insu et s'imposer à lui, et qu'il soit soulagé quand il est assuré qu'il ne sera pas entraîné à agir contre ses goûts et ses désirs. Quand ce sont, au contraire, les tendances mauvaises qui sont les plus puisantes en lui, il a la crainte de les voir succomber, ou être entravées dans leur réalisation, et il est soulagé lorsque cette réalisation est possible et est devenue effective, lorsqu'il a pu agir conformément à son désir et à son besoin.
La valeur des tendances au point de vue moral ou social n'a aucune importance par elle-même. C'est le conflit des tendances seul, c'est le fait de leur oscillation alternante jusqu'à ce que Tune l'emporte et détermine la croyance ou Faction — termes équivalents — qui constitue donc le doute, comme je me suis efforcé de le démontrer jusqu'il i .
Dans aucune forme d'impulsion plus que dans les impulsions sexuelles } les caractères que nous venons de relever et comparer avec ceux des obsessions n'apparaissent avec plus de netteté.
Cela se comprend d'ailleurs, car elles ont pour point de départ un besoin naturel, un instinct des plus impérieux, à une certaine période de l'existence surtout, et qui ne trouve pas toujours le moyen de se satisfaire normalement. Parmi
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