‹ Le doyen de SaintPatrick drame en cinq actes, en prose de MM. Leon de Wailly et Louis UlbachChapitre 3 sur 90 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

qu’ils nous offrent, à nous autres Irlandais, trois cents guindés pour leur livrer son secret. (Avec indignation.) Le leur livrer!... Ah bien oui ! qu’ils y comptent... Personne ne sait son nom... mais, quand nous le saurions tous, est-ce que nous serions capables de vendre aux Anglais, le défenseur, le libérateur de l’Irlande?

TISDAL.

Assurément non... mais, qu'a de commun !...

PATRICK, s’animant.

Je dis, monsieur, que nous sommes connus pour être de très-mauvaises têtes, à Laracor; et ce n’est pas quand le pays s’agite, qu’on s’avisera, de donner votre place à un Anglais, lin Anglais I mais ce serait une étincelle dans un baril de poudre !

TISDAL.

Je sais que vous êtes une très-mauvaise tête vous-même, Patrick, et je vous prie de ne pas faire de moi un prétexte de scandale. (Il revient s’asseoir à son bureau.) Au surplus, je ne suis point inquiet, la promesse du vice-roi est trop formelle... Que votre patriotisme se rassure donc et me laisse achever mon travail (Patrick passe à gauche.) Mais vous m'avez troublé, je ne puis ressaisir mes idées... il vaut mieux sortir.

(Il sc lève et va prendre son chapeau au fond à gauche.)

Monsieur s’en va! et son déjeuner?

TISDAL.

Je reviens dans un instant... je vais seulement jusqu’à la poste.

(Il sort.)

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