CHAPITRE II
Indications
Sur un œil sain les résultats immédiats de la mise en place d’un crin, telle que nous venons de la décrire sont :
1° L’évacuation du contenu de la chambre antérieure ;
2° L’abaissement de la tension intra-oculaire.
On peut, à priori, déduire de là que le drainage capillaire de la chambre antérieure se trouve indiqué dans tous les cas où la chambre antérieure se trouve envahie par des productions pathologiques susceptibles d’ètre évacuées, et dans les phénomènes glaucomateux. Dans ceux-ci, en effet, on réalise primitivement la dimension de la tension et secondairement on voit disparaître les phénomènes douloureux.
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Toute intervention créant une brèche cornéenne a évidemment les mêmes résultats immédiats ; mais étant donnée la rapidité avec laquelle se cicatrisent les plaies linéaires de la cornée, leur action n'est que transitoire et souvent au bout de quelques heures une nouvelle intervention s'impose.
D'autre part, les incisions de la cornée, ontre les dangers d’infection que fait courir toute intervention chirurgicale, ont l'immense désavantage d’exposer le malade aux synéchies kérato-iriennes, et quelquefois même au prolapsus de Piris, avec leurs conséquences parfois si graves.
Le drainage capillaire n’expose pas à ces dangers : en effet, l'évacuation du contenu de la chambre antérieure est assurée pendant-un temps relativement long ; les plaies cornéennes, outre leur situation au limbe, sont très petites et oblitérées en partie par le drain, de sorte qu’il est impossible que l'iris vienne s'interposer entre leurs lèvres.
Ces avantages généraux du drainage au crin nous semblent déjà suffisants pour le faire préférer aux autres modes d'évacuation de la chambre antérieure, et en étudiant chaque indication particulière, nous verrons qu'il y a encore beaucoup d’autres raisons qui plaident en sa faveur.
Voyons maintenant quelles sont les affections qui semblent justiciables du drainage de la chambre antérieure.
Ce sont, comme nous le disons plus haut, d’abord celles où la chambre antérieure est envahie par des productions pathologiques susceptibles d’être éva-