‹ Le drame chinoisChapitre 30 sur 58 · LA CHINE ET LES MISSIONS · texte numérisé non relu

LA CHINE ET LES MISSIONS

Tcliou (Seigneur du Ciel), adopté jadis par les jésuites et, depuis lors, par les diverses commuDautés catholiques. Les uns proposaient de lui substituer le mot Tchèn Tchin (Véritable Esprit). D'autres eussent préféré Chang-ti (Seigueur suprêm©). Les Anglais tiennent pour Chang-ti, les Américains pour Tchèn- Tchin. Le Chinois, ahuri par ces subtilités, se demande avec inquiétude quel est le vrai prophète, quel est l'imposteur, et, dans le doute, il croit prudent de s'abstenir.

Ceci explique pourquoi, malgré tant de z&le, d'abnégation, malgré des sacriâces pécuniaires énormes, l'action des missions protestantes n'eut pour conséquence appréciable que de rendre à l'avenir plus difficile et plus impopulaire la difuaion du christianisme en Chine sans parvenir à entamer la prépondérance des établissements catholiques implantés de longue date dans le pays.

■ Tels sont les faits, écrivait en 1891 M, G. Curzon {aujourd'hui lord Curzon, vice-roi des Indes), tandis que les jésuites installés en Chine depuis des siècles ont accompli bous bien des rapports une œuvre splendide, les missions protestantes (car c'est d'elles surtout que je veux parler) ne datent pour la plupart

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que d'une cinquantaine d'fuuiéee et furent instituées au lendemain des traité» qui mirent fin aux deux premières guerres de Clùne, en 1858-60. Alors qu'en 1844 il n'y avait « Chine qu'une trentaine de missionnaires protestants, leur nombre en 1890 s'élevait à 1 300, y compris les femmes. Chaque année l'Amérique, le Canada, l'Australie, la Suède et l'Angleterre qui ne se laisse pas devancer par ses émules, mettent en lignes de nouvelles recrues ; les sommes souscrites pour subvenir à leur entretien et à leur propagande dépassent les revenus de plusieurs Etats. La question est de savoir quelles victoires ont remportées les soldats de cette onéreuse croisade... Il n'est pas douteux pour moi que la cause du christianisme en Chine est loin de progresser en proportion de cette prodigieuse dépense d'argent, de dévouement et de forces humaines. Il semble à bien des gens qu'elle perd plutôt du terrain. Telle n'est pas évidemment l'impression que laisse la lecture des rapports de missionnaires. Mais en acceptant leurs propres chiffres, qui nous montrent en 1890 un total de 1 300 missionnaires protestants et seulement 37 300 indigènes convertis, soit un troupeau représentant un peu moins de 30 bre-

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