LA GARDE EUROPÉENNE
vérité, que l'on ne transforme pas du jour au lendemain une civiMeation baroque ma»
vieille déjà de trois mille ans. Exploitée à l'européenne, enrichie d'usines et de chemins de fer, mise en tutelle ou mise en morceaux, si jamais, ce dont je doute, les héritiers parvenaient à s'entendre pour procéder au partage de cette sucj^ession embrouillée, la Chine, soyons-en persuadés, n'en conserverait pas moins son apparente hégémonie. I^^ons ponrrons lui donner nos méthodes, notre outillage industriel, non notre âme. Telle nous voyons cette race, telle elle restera, selon tout© vraisemblance, pendant des âges, impuissante à trouver en elle-même les éléments d'une régénération. Sa renaissance, si elle devait venir, ne commencerait que du jour où l'étranger se mêlerait à elle, non plus par juxtaposition, mais par alliance, union féconde. L'éclosiou de cette population métisse demanderait bien du temps, et l'on ne saurait envisager sérieusement des éventualités aussi lointaines.
La Chine, qu'elle change ou non de maîtres, vivra encore de longs jours. Cahotée dans son ornière en vertu de la vitesse acquise, elle durera par cela même qu'elle a longtemps duré et que toutes les molécules de ce grand