LES FOLLES
Vierges, écoutez nos prières, Voyez comme déjà pâlissent nos lumières, Car nous ji'avons plus d'huile et tout est répandu, Si vous ne nous aidez, tout espoir est perdu, L'enfer sous nos pas s'ouvre avec ses maux sans nombre.. .
Entendez-vous là-bas, dans l'ombre,
Le rire affreux de l'Ennemi?
Paresseuses, hélas ! nous avons trop dormi 1
Il6 CYCLE DE NOËL.
Compagnes du même voyage, Sœurs, nous avions reçu mêmes droits en partage : Notre sort est cruel, jetez sur nous les yeux, Votre compassion nous peut rendre les cieux ; L'enfer sous nos pas s'ouvre avec ses maux sans nombre,
Entendez-vous là-bas, dans l'ombre,
Le rire affreux de l'Ennemi?
Paresseuses, hélas ! nous avons trop dormi !
De l'huile à nos lampes mourantes !
Sages, ayez pitié de vos sœurs ignorantes. Qu'on ne nous chasse pas loin du divin séjour Où l'Époux conviera les cœurs à son amour ; L'enfer sous nos pas s'ouvre avec ses maux sans nombre.
Entendez-vous là-bas, dans l'ombre,
Le rire affreux de l'Ennemi?
Paresseuses, hélas 1 nous avons trop dormi !
LES SAGES
O nos sœurs 1 cessez vos prières; L'huile étant strictement mesurée aux lumières, Vous suppliez en vain, l'insistance est sans fruit ; Le temps court, hâtez-vous, prenez garde à la nuit, Prenez garde à l'enfer avec ses maux sans nombre,
Déjà vous entendez dans l'ombre
Le rire affreux de l'Ennemi ; Paresseuses, allez, vous avez trop dormi !
Allez, allez en diligence Implorer les marchands, et de leur indulgence Obtenez un peu d'huile au prix qu'il leur plaira, - Hâtez-vous, l'heure approche où l'Epoux paraîtra; L'enfer hurle à vos pieds avec ses voix sans nombre.
Déjà vous entendez dans l'ombre
Le rire affreux de l'Ennemi ; Paresseuses, allez, vous avez trop dormi !