LES TROIS MARIES
Père tout-puissant, très-haut Roi, Des anges gouverneur très-misericordieux, Que feront nos cœurs malheureux?
— Hélas ! notre douleur combien grande elle est î
Nous avons perdu notre confort, Jésus-Christ, tout plein de douceur.
Il était beau et plein de bonne amour.
— Hélas ! combien sincèrement il nous aimait !
Mais maintenant allons les parfums acheter Avec lesquels nous puissions embaumer le corps très-beau. Il était vrai salut et amour vrai.
— Hélas! le verrons-nous jamais?
« Ici, dit la rubrique, doit demeurer Marie-Ma- « deleine, et les deux autres Maries doivent s'ap- « procher du marchand. Le marchand dit (par la bouche d'un novice ou d'une écolière) :
Çà, approchez, vous qui si fort l'aimez, Si vous voulez ces parfums acheter, Avec lesquels vous puissiez embaumer De Notre-Seigneur le corps sacré.
LES DEUX MARIES
Dis-nous, marchand très-bon, sincère et loyal.
Ces parfums si tu veux les vendre.
Dis vite le prix que tu en veux avoir.
— Hélas! le verrons-nous jamais?
LE MARCHAND
Ces parfums par vous si désirés,
Cinq besans d'or il vous en faut donner.
Et autrement ne les emporterez.
LES DEUX MARIES
— Hélas! le verrons-nous jamais?
LE MARCHAND
J'ai d'autres très-bons parfums, Pour moins vous les aurez, si vous voulez. Mais, pour ceux-ci, les aromates en sont bien plus chers.