‹ Le drame chrétien au moyen âgeChapitre 38 sur 58 · LES TROIS MARIES · texte numérisé non relu

LES TROIS MARIES

Père tout-puissant, très-haut Roi, Des anges gouverneur très-misericordieux, Que feront nos cœurs malheureux?

— Hélas ! notre douleur combien grande elle est î

Nous avons perdu notre confort, Jésus-Christ, tout plein de douceur.

Il était beau et plein de bonne amour.

— Hélas ! combien sincèrement il nous aimait !

Mais maintenant allons les parfums acheter Avec lesquels nous puissions embaumer le corps très-beau. Il était vrai salut et amour vrai.

— Hélas! le verrons-nous jamais?

« Ici, dit la rubrique, doit demeurer Marie-Ma- « deleine, et les deux autres Maries doivent s'ap- « procher du marchand. Le marchand dit (par la bouche d'un novice ou d'une écolière) :

Çà, approchez, vous qui si fort l'aimez, Si vous voulez ces parfums acheter, Avec lesquels vous puissiez embaumer De Notre-Seigneur le corps sacré.

LES DEUX MARIES

Dis-nous, marchand très-bon, sincère et loyal.

Ces parfums si tu veux les vendre.

Dis vite le prix que tu en veux avoir.

— Hélas! le verrons-nous jamais?

LE MARCHAND

Ces parfums par vous si désirés,

Cinq besans d'or il vous en faut donner.

Et autrement ne les emporterez.

LES DEUX MARIES

— Hélas! le verrons-nous jamais?

LE MARCHAND

J'ai d'autres très-bons parfums, Pour moins vous les aurez, si vous voulez. Mais, pour ceux-ci, les aromates en sont bien plus chers.

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