LONGIN
« J'irai avec vous bien volontiers, — car j'ai « grand besoin de gagner, — je suis pauvre, les « aumônes ne viennent pas; — ce n'est pas faute « de demander, mais cela ne sert à rien.
(le LECTEUR.)
« Quand ils vinrent devant la croix, — ils lui « mirent une lance au poing... »
Le mystère français de la Résurrectio7i du Sauveur^ du douzième siècle, est une leço?i extra-
ordinaire et dramatique, récitée, dialoguée et figurée sur une place publique, sur le parvis de telle ou telle église, par quelque confrérie pieuse, composée à la fois de clercs et de laïques. La représentation n'en avait pas lieu indifféremment à toutes les époques de l'année, mais seulement aux fêtes de Pâques, l'un des jours de la semaine qui va du dimanche même de Pâques au dimanche de Quasimodo. Le lien qui rattache à la liturgie les origines du drame chrétien y est sensible encore, puisque c'est la liturgie même qui règle la forme de ce mystère et la date de la représentation. Mais par le développement du dialogue et de la mise en scène, par l'importance que prennent les scènes épisodiques et les personnages accessoires, enfin par la langue et par le style, dont la familiarité déjà un peu triviale fait sentir quel sera le point faible du théâtre au moyen âge, quand, sans cesser d'être chrétien, il se sera, pour ainsi dire, sécularisé, par tous ces côtés, le mystère français de la Résurrection du Sauveur, du douzième siècle, touche déjà aux mystères, dits laïques, du quinzième.