LE TROISIEME ÉCOLIER
« Voici devant nos yeux un vieillard dont la « sagesse a dû être mûrie par l'âge ; peut-être, « ému par nos prières, consentira-t-il à nous faire « sous son toit un accueil hospitalier.
LES TROIS ÉCOLIERS, ensemble, au vieillard.
« Cher hôte, poussés par le désir de l'étude, « abandonnant notre patrie, nous sommes arri- « vés en cet endroit. Accorde-nous l'hospitalité « durant l'espace de cette nuit.
LE VIEILLARD
« Que le Créateur de toutes choses vous serve « d'hôte ! Pour moi, je ne vous donnerai point « d'abri. Je n'y trouverais aucun profit, mais « plutôt à l'heure présente une véritable impor- « tunité.
LES ÉCOLIERS, à la vieille.
« Que nous obtenions par ton entremise, chère
« dame, ce que nous demandons, quoique ce « doive être sans profit pour vous : peut-être, « pour récompenser ce bienfait, Dieu vous don- « nera-t-il un enfant (comme jadis à Sara et à « Abraham).
LA VIEILLE, au vieillard.
« La charité, à défaut d'autre motif, nous in- « vite, cher époux, à donner un gîte à ces jeunes « gens qui errent ainsi, cherchant la science. Il « n'y a pas de profit, mais il n'y a pas de risque.
LE VIEILLARD, à sa femme.
« Allons, je me rends à ton avis ; je consens à « les honorer de mon hospitalité.
Aux écoliers.
« Entrez donc, écoliers, je vous accorde votre « demande.
LE VIEILLARD, à sa femme, après que les clercs sont endormis.
« Ne vois-tu pas quelles besaces ? Il doit y « avoir dedans beaucoup d'argent : sans que per- (c sonne le sût, nous pourrions nous approprier « cette somme.