‹ Le drame d'Alexandre DumasChapitre 207 sur 309 · Barberine · texte numérisé non relu

Barberine

.3, Lettres inédites.

k. Le poète des Femmes savantes, le philosophe galant du Monde oit l'on s'ennuie.

poète, il se pose aux yeux de cette Philaminte. «... Ne coraprends-tu pas que notre éternité, quelles que soient nos pensées en ce monde, sera toujours la même, immortalité ou néant? Il y aura donc, dans tous les cas, lldélité éternelle ou absence de sensations, et tout cela nous sera commun... Ainsi donc, aimons, aimons encore en cette vie, écartons de nos deux têtes tous les malheurs qu'il sera en notre pouvoir d'écarter, saisissons-en toutes les félicités, et ne ramenons pas nos esprits à de tristes pensées d'un autre monde, celui-ci étant déjà assez mêlé de joie et de douleur. Sache seulement que, s'il y a quelque chose de moi qui me survive, ce quelque chose, ne fût-il qu'une étincelle, t'aimera comme t'aime le corps duquel ce quelque chose sera émané. Ainsi, mon ange, donne-moi du bonheur clans ce monde^ et espérons-en dans Vautre sans compter dessus : le désappointement est une trop cruelle chose'... » Ce métaphysicien positif est plein d'esprit. Ses déductions le mettent en excellente posture. Il en dînera de meilleur appétit, en attendant mieux. Les post-scriptum de ses lettres poétiques ou philosophiques ne vont pas d'ordinaire sans cette double préoccupation. Et quand il a fait un dîner « copieux comme un dîner de ministre * », alors comme alors. « Mille baisers sur tes lèvres, et de ces baisers qui

Page 1