QUELS RÉSULTATS OBTIENNENT LES COMBINAISONS DE FONTAGNOL ET
DE DESROCHERS
Ce qu'il venait d'apprendre par son concierge avait violemment troublé l'avare. Il avait pâli, ses traits étaient empreints d'une expression visible de terreur. Pendant près d'un quart d'heure, il était resté immobile, le regard fixe, pensif, accoudé sur la table, le front dans la main.
Enfin, il se leva. Il avait pris une résolution, car il poussa un soupir de soulagement et murmura :
— Oui, c'est cela. Si cela ne fait pas de mal, cela ne peut pas faire de bien, et, en attendant que l'expédient de Fontagnol réussisse. Pourvu qu'il réussisse, encore! C'est singulier, je n'ai pas grande confiance.
Machinalement, il jeta les yeux sur sa pendule, quoiqu'il sût bien qu'elle ne marchait pas. Depuis quinze ans elle avait besoin d'une réparation, qu'il n'avait jamais pu se résoudre à faire exécuter.
— Il me semble qu'il est l'heure de déjeuner, dit-il. C'est que je n'ai encore osé rien dire à Clara. Elle me boude, c'est clair. Pourvu qu'elle veuille venir avec moi ce soir!... Oh! il n'y a pas à hésiter, cette fois. Quand je devrais faire le sacrifice d'un chiffon, il faut qu'elle m'accompagne. Ah! voilà Louise qui vient mettre le couvert. Clara ne va pas tarder à sortir de sa chambre.
En effet, la vieille domestique de Desrochers entra et posa sur la table deux harengs-saurs étiques, à peu près perdus dans le plat sur lequel elle les avait étendus.
— Qu'avons-nous avec cela? demanda l'avare.
— Mais rien, monsieur, vous savez bien...
— Je sais que vous êtes une maladroite, interrompit son maître. Courez vite chercher deux côtelettes de mouton et une once de café.
Louise demeurait bouche béante et n'en pouvait pas croire ses oreilles.
— Oui, fit déhbérément Ambroise, nous prendrons un peu de café ce matin. Allez.
La bonne se relira docilement, mais il était facile de voir que la prodigalité de l'avare déconcertait toutes ses prévisions.
Dix minutes après, Clara entra, toujours grave et mélancolique.
Desrochers s'informa avec beaucoup de soin de sa santé, lui demanda si les commandes allaient bien, si elle avait réfléchi à la proposition qu'il lui avait faite de fonder un magasin de modes dans le quartier.
— • Sans doute, répondit-elle. Quand tu voudras louer le magasin, le faire arranger à mon idée, m'acheter ce dont j'ai besoin, rien ne sera plus facile.
— Eh bien! nous en reparlerons, fit Ambroise. Je ferai peut-être bien ce sacrifice-là pour toi.
Clara fit comme Louise ; elle regarda son père à deux reprises, pour s'assurer qu'elle avait bien entendu.
Sa stupéfaction fut plus grande encore lorsqu'elle vit entrer la domestique, portant sur une assiette deux côtelettes fumantes, bien saisies, dont le délicieux parfum n'avait pas embaumé depuis longtemps l'atmosphère de cet appartement.
Elle se mit à table et mangea de bon appétit, s'imaginant que son
Qu'y a-t-il pour votre service? (P. 268.)
tLTrSéT.^ '" ''''' '''' raisonnables. Lorsqu'elle vit arriver le café, son étonnement n'eut plus de bornes.
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Desrochers la regardait à la dérobée, jouissant des provoquait par sa libéralité. Joui..dnt des
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UV. 34. LE DRAME DE PO.NTClIAmiA. r. saU.N
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