‹ Le drame de PontcharraChapitre 64 sur 77 · LE PLAN UE PIERRE AUBERT · texte numérisé non relu

LE PLAN UE PIERRE AUBERT

Fei'nand était mécontent de lui, mécontent de Germaine, mécontent des événements.

Ce désastre, qui venait se jeter à la traverse de ses projets, l'avait plus douloureusement frappé qu'il ne le croyait lui-même.

Non pas qu'il regrettât outre mesure le capital qu'il avait perdu, puisque déjà son intelligence et son talent y suppléaient; mais il était forcé d'abandonner le rêve qu'il avait caressé.

Il aurait mieux aimé que la faillite de son ami Descoublac eût été déclarée un mois plus tard.

Son mariage avec Germaine eût été alors un fait accompli, que nul revers de fortune n'aurait pu briser.

Maintenant la situation était tout autre.

Germaine, sans nom et sans fortune, pouvait-elle épouser un homme qui n'avait à lui donner qu'un nom, honorable assurément, mais qui n'avait plus que cela?

Et, si Germaine persistait dans la résolution qu'elle avait prise de repousser la demande de Pierre Aubert, Fernand devait-il accepter ce sacrifice?

La jeune fille paraissait avoir accepté avec joie la proposition qu'il lui avait faite de l'épouser, mais était-ce bien à un amour sincère qu'elle avait obéi? Dans le consentement qu'elle avait donné,

,Mm.! ET .Mlle ChIFFOUX

i]'y avait-il pas plus de reconnaissance que de passion véritable?

— Que faire? se demandait Fernand. Dois-je lui donner l'exemple de l'abnégation, et accepter la main que m'offre la comtesse de Yarlades ?

Assurément, le remède eût été souverain. Libre désormais de tout engagement, affranchie de ce côté de tout sentiment de recon-

LIV. 117. — LE DHA.ME DE l'OMCHARRA. — P. SAUNMÈRE. — J. ROL'KF ET C'^, 60.

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naissance, la jeune fille aurait pu disposer d'elle à son gré. Mais si Germaine aimait réellement Fernand autant qu'elle en était aimée, le remède était pire que le mal, car il séparait à jamais deux cœurs unis depuis l'enfance, car il faisait éternellement le malheur de deux êtres si bien destinés à se comprendre !

Enfin, si séduisante que fût la belle M"" de Yarlades, Fernand ne se sentait entraîné vers elle par aucune sympathie. Des rumeurs fâcheuses couraient sur la manière dont sa mère avait acquis sa fortune et dont elle-même avait acheté son titre de comtesse. Ces rumeurs étaient venues jusqu'à lui.

Or, si pauvre qu'il fût, Fernand n'aurait jamais donné son nom à une femme que le moindre soupçon aurait flétrie.

D'un autre côté, Pierre Aubert n'était pas non plus le mari qu'il aurait souhaité pour Germaine, si son indifférence lui avait permis d'en choisir un. Fernand connaissait trop bien son code et avait trop l'habitude des affaires de toute espèce, pour ne pas savoir de quelle façon procédait l'ancien ciseleur, et par quel moyen il avait pu gagner les richesses dont il se montrait si fier.

Quelque habilement dissimulé que fût le chantage auquel il avait recours, ce n'en était pas moins du chantage, puisque la base unique de son opération reposait sur le fameux hvre rouge que lui avait légué son père.

Or, pour Fernand, cette façon d'opérer était non seulement du chantage, mais du véritable brigandage.

Lorsque le traditionnel bandit des Abruzzes s'embusque au coin d'un rocher et menace de son escopette légendaire le voyageur qu'il va détrousser, il ne fait pas un plus vUain métier que celui qu'exerçait Pierre Aubert.

Le bandit demande la bourse ou la vie; Aubert demandait la bourse ou l'honneur.

N'est-ce pas la même chose aux yeux des honnêtes gens? N'en voit-on pas se tuer, tous les jours, qui estiment que la vie sans l'honneur est un fardeau? Eh bien! tué par Fescopette du bandit ou par les déshonorantes indiscrétions d'un agent d'affaires, n'est-ce pas le même résultat?

Voilà pourquoi Fernand n'avait pas voulu se faire en personne l'interprète d'Aubert auprès de Germaine. Mentir lui aurait été impossible. Si la jeune fille s'était adressée à sa loyauté, si elle l'avait interrogé sur l'origine de l'incroyable fortune d'un homme auquel jadis il avait fait l'aumône, Fernand aurait été forcé de dire la vérité,

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et il connaissait trop bien Germaine pour ignorer que toute sa fierté se serait révoltée à l'idée qu'un homme semblable osât prétendre à sa main !

Il ne se vantait pas, quand il disait à Pierre Aubert qu'il avait agi avec la plus irréprochable franchise, et qu'il avait voulu laissera sa sœur adoptive la faculté de se prononcer en toute liberté.

Il n'avait pas eu besoin de longues protestations pour persuader l'agent d'affaires. La supériorité des intelligences d'élite et des âmes vigoureusement trempées s'impose à tous. Aubert n'avait pas douté un seul instant que Fernand eût agi comme il le disait.

Quant à se soumettre à la décision que Germaine lui avait fait parvenir, c'était autre chose.

Aubert n'avait reçu aucune instruction. Lire et écrire couramment, compter juste assez pour faire, sans se tromper, des additions, des soustractions et des multiplications, c'était tout ce qu'il avait pu faire.

Du reste aucune notion de géographie ni d'histoire, pas la plus petite teinte de littérature. Le peu qu'il avait retenu depuis quelques années, c'était dans des recueils de voyages ou dans des romans qu'il l'avait appris.

On conçoit quel chaos d'idées éclectiques, quel mélange bizarre de vérités et de fictions farcissaient cette cervelle ignorante, dont nul œil expérimenté n'avait surveillé les écarts.

Joignez à cette imagination inconsciente, une santé de fer, un corps robuste, un sang vigoureux, des passions ardentes, et jugez si im être humain, si imparfaitement équilibré dans son ensemble, pouvait avoir un jugement sain, des idées nettes, et même un sentiment bien précis du juste et de l'injuste, de ce qui est permis ou de ce qui ne l'est pas.

Aubert avait plutôt perdu qu'il n'avait gagné en devenant riche. La facilité avec laquelle il avait pu assouvir depuis cinq ans les besoins impérieux de sa nature avait développé au contraire en lui les instincts matériels. Il avait bu, mangé et aimé à l'excès. Quand nous employons ce mot « aimé », nous dirions volontiers, avec Boufflers, •Tue :

«... L'on est convenu de prendre un mot honnête, Au lieu d'un mot qui ne l'est pas. »

Car les sirènes de bas étage pour lesquelles Aubert avait brûlé son encens étaient des femelles bien plus que des femmes. Les propos

et les chansons que l'ivresse amenait sur leurs lèvres, l'insouciance avec laquelle elles se livraient au premier venu, n'étaient pas faits pour épurer un cœur que ses appétits prédestinaient à une grande élasticité morale.

Comment cet homme primitif, doué d'un tempérament de feu et d'une constitution herculéenne, aurait-il résisté h la corruption? Il trouvait tout naturel de vivre ainsi et s'imaginait que tout le monde faisait comme lui.

Quand il voyait passer nos jeunes élégants, remorquant à leur bras des beautés si fanées et si plâtrées qu'il ne distinguait plus la peau de leur visage ni la couleur de leurs cheveux, il s'arrêtait, haussait les épaules.

— Je les prends plus jeunes, disait-il. Voilà toute la différence.

Malheureusement aussi, il avait beaucoup de temps à dépenser. Le travail auquel il se livrait n'était ni long ni difficile.

Lire tous les matins les journaux judiciaires, y découper avec des ciseaux les procès scandaleux, les faits divers intéressants, coller ces morceaux de papier sur un registre, relever les uns après les autres tous les noms qui s'y trouvaient plus ou moins compromis, c'était à quoi se réduisaient ses plus graves occupations.

Quant à la façon dont il procédait vis-à-vis de ses chents, elle était également bien sommaire. Nous l'avons vu à l'œuvre avec André d'Estival, avec M""" de Varlades, avec Fernand.

Tout cela ne demandait pas de grands efforts d'imagination et ne constituait pas un travail bien fatigant.

C'était donc au café que se passait le plus clair de son temps, en dehors de ses consultations. Là il avait des connaissances de tout poil, qui le provoquaient à tous les jeux, et avec lesquels il vivait dans la plus étroite familiarité.

Il aimait le café, parce qu'on y fumait la pipe, parce qu'on s'y tenait comme on voulait, parce qu'on pouvait y pousser le laisseraller jusqu'au débraillé dans le costume.

Huit ou dix fois il avait été invité par « ces messieurs » à dîner ou à passer la soirée en famille; mais rien n'était plus fastidieux pour lui que ces distractions élémentaires. S'observer, se contenir, se priver, c'étaient autant de supplices à ses yeux.

Vivent les déjeuners ou les dîners de garçons! Vivent les filles! Avec elles on ne se gênait pas, du moins, au contraire. Aussi tel était le milieu qu'il préférait, dans lequel il vivait presque tous les jours, au sein duquel il allait se réfugier dès qu'il pouvait quitter la tenue sévère

dont il s'affublait de une heure à cinq, lorsqu'il s'agissait de recevoir ses clients.

Dans ce monde interlope il avait beaucoup de succès. A table il était bon convive; auprès des femmes il était entreprenant. On savait qu'il avait de l'argent, et qu'il ne reculait ni devant un pâté de foie gras, ni devcmt les désirs de la plus exigeante courtisane.

Octavie Chiffoux était folle de lui, et disait à qui voulait l'entendre qu'elle n'avait jamais rencontré son pareil. Aussi la tigresse était-elle d'une jalousie dont elle ne demandait qu'à donner les preuves.

Elle jouait les rôles de jeune première au théâtre Beaumarchais. Son origine était plus qu'obscure. Sa mère, marchande des quatre saisons, roulait toute la journée une petite voiture remplie de tleurs, de légumes ou de pommes, suivant la saison. L'hiver, c'était la pomme qui la faisait vivre.

Après avoir brouetté sa marchandise pendant le jour, elle stationnait, le soir, devant le théâtre sur lequel Octavie avait débuté.

Quand elle vendait ses pommes aux titis du boulevard, elle avait soin de leur dire :

— Surtout, ne jetez pas les trognons à Tata, sans cela je vous tirerai les oreilles !

Tata, c'était sa fdie.

Elle-même l'avait vouée, sans vergogne, à cette carrière aventureuse. Au moment oh Octavie venait d'atteindre sa quinzième année, m mère l'avait vendue pour une somme misérable à un vieux débauché du voisinage, lequel s'était chargé de la lancer.

Il lui avait meublé, en effet, une petite chambre, et lui avait promis, si elle était sage, d'embellir peu à peu son étroit paradis. Ces mots « si elle était sage » avaient dans la bouche de ce vieillai-d cynique une signification horrible.

Il fut puni par où il avait péché. C'était bien juste.

Cette jeune fdle, dont il avait eu les prémices, se fatigua vite de l'amour insuffisant d'un Céladon décrépit et usé jusqu'à la corde.

Elle n'avait pas de père. Sa mère, qui avait vécu sous ses yeux en concubinage perpétuel, lui avait donné vingt fois l'exemple de la plus abjecte infidélité. Depuis longtemps déjà Octavie n'était plus vierge que de corps, le jour où elle s'endormit dans les bras de son séducteur.

Le premier homme jeune qu'elle rencontra n'eut pas de peine à lui plaire.

A partir de ce moment, les caprices de Tata se multiplièrent à rinfîni, jusqu'à ce qu'elle s'amourachât d'un cabotin, qui réussit à lui persuader que les femmes n'arrivaient à quelque chose qu'en passant par le théâtre.

Ce fut lui qui la fit engager à Beaumarchais, à raison de cinquante francs par mois, et qui lui serina son premier rôle.

Tata était jolie fille et assez intelligente. Elle débuta sans éclat, mais ne fut pas plus mauvaise que la foule des grues qui ont aujourd'hui la prétention de monter sur les planches.

C'est vers cette époque, environ huit mois avant les événements que nous racontons, que Tata fit la connaissance d'Aubert à la suite d'un souper de garçons.

Ce ne fut pas une passion profonde qui les jeta dans les bras l'un de l'autre, ce fut l'occasion. Leurs relations furent même très peu suivies pendant les deux ou trois premiers mois; mais, à mesure que ces deux êtres se connurent et s'apprécièrent, leur liaison prit plus de consistance. Egalement jeunes et vigoureux, doués d'un tempérament identique, ignorants tous les deux au même degré, ils se rapprochèrent peu à peu, en vertu d'une affinité de jour en jour plus prononcée.

En dernier lieu, Pierre Aubert avait fini même par introduire de temps en temps chez lui cette héroïne du boulevard Beaumarchais.

Tata était demeurée un instant confondue. Jamais luxe semblable n'avait frappé ses yeux éblouis!

En une seconde, Aubert devint pour elle un homme supérieur.

Quant à lui, il savourait avec délices les étonnements de M"* Cbiffoux. Pour repaître plus délicieusement ses yeux de ce spectacle, il l'invita à dîner, lui permit d'amener une amie, re:idit à son tour les politesses qu'il avait reçues, de sorte que, dans 1;' cercle de leurs connaissances, Tata passa bientôt pour être la maî'.esse officielle de Pierre Aubert.

Ni l'un ni l'autre ne s'en défendirent. Tata bien moins encore que Pierre.

Pour elle, en effet, fille ignorante, bâtarde délaissée d'un père dc«it elle ne savait même pas le nom, née d'une femme du peuple dont elle avait contracté sans le savoir les goûts et les habitudes, Pierre n'était pas loin de représenter le type qu'elle avait rêvé.

Aux yeux du peuple, la beauté unie à la force exercera toujours un prestige invincible. Que pour d'autres cette beauté soit un peu

commune, que lui importe? 11 ne le voit pas, lui. Il aime Hercule et laisse Adonis aux délicats.

Hercule est-il beau? Oui. Es! il fort? Oui. En cas de bataille, rossera-t-il Adonis? Oui. Eh bien! c'est tout ce que le peuple demande.

Le raisonnement est simple, la conclusion limpide. Pourquoi Tata aurait-elle raisonné et conclu autrement que la classe au milieu de laquelle elle était née, à laquelle elle appartenait?

Et non seulement Pierre était beau et fort, mais encore il était riche ! C'était l'idéal.

Elle le surveilla donc avec un soin jaloux. Tout d'abord elle n'y faisait pas grande attention. Elle ne s'imaginait pas alors que sa liaison avec Aubert prendrait des proportions si sérieuses.

Aussi elle ne s'inquiéta guère des nombreux coups de canif qu'il donnait dans le contrat; mais, peu à peu, elle s'attacha à lui, et mit en œuvre une patience de fourmi pour éliminer, les unes après les autres, les rivales éphémères que lui donnait son amant.

Elle y parvint insensiblement, avec assez de tact pour ne pas froisser l'amour-propre de Pierre, avec assez de délicatesse pour ne pas lui laisser voir les fils ténus de la toile qu'elle tissait autour de lui.

Aujourd'hui, elle régnait a peu près seule sur ce cœur qu'elle avait entrepris de posséder. Or, ce n'était pas après huit mois duu labeur si patient qu'elle renoncerait à garder sa proie!

Aubert s'était laissé faire, débonnairemsat.

Si Tata avait eu dans le principe le malheur de crier ou de menacer, il l'aurait prise par les épaules et l'aurait mise à la porte; mais elle avait accompli son œuvre avec tant de finesse qu'à peine il s'en était aperçu.

11 sentait bien que chaque jour elle gagnait un pouce de terrain» mais c'était si peu de chose qu'il ne songeait même pas à résister.

— D'ailleurs, se disait-il, le jour où j'en aurai assez, je ne me gênerai pas pour le lui dire.

En attendant, il cédait, et non pas sans une certaine satisfaction. Il éprouvait positivement un plaisir secret à se voir aimé, à se sentir l'objet d'une sollicitude de femme. Gela donnait à sa vie monotone et solitaire un peu de mouvement, de distraction et de bien-être. Ainsi, les jours où Tata venait dîner, Clémence avait reçu l'ordre d'ajouter aux deux plats de l'ordinaire un petit entremets sucré. L'entremets provoquait au vin généreux. Pour l'arroser, Pierre apportait ces jours-là une bouteille bien poudreuse. Le plus souvent c'était du Champagne, car c'était le vin que Tata aimait le mieux.

Cependant Aubert n'avait pas encore abjuré toute liberté d'action. Ses relations avec la jeune première n'étaient pas précisément une chaîne. Elles ne l'empêchaient pas surtout de songer à ses intérêts et de j)oursuivre le but qu'il voulait atteindre.

C'est qu'aussi jamais plus magnifique affaire que celle qu'il avait entre les mains ne s'était présentée!

Que fallait-il pour la faire réussir? Rien, ou du moins presque, rien.

Avec trois lettres de l'alphabet, Aubert aurait pu devenir à l'instant comte de Badouroffet cinq ou six fois millionnaire.

Il est vrai que trois lettres de l'alphabet suffisaient aussi pour le faire déchoir du faîte des grandeurs qu'il ambitionnait.

Oui, non, tant de richesse et d'honneur tenaient dans ces deux monosyllabes !

Malheureusement Germaine avait dit non.

Devait-il renoncer pour cela à ses projets? Pas le moins du monde. Il ne s'agissait que d'imaginer un moyen de faire dire oui à Germaine. Et, ce moyen, Aubert croyait l'avoir trouvé quand il était allé visiter sa maison du Trocadéro.

Pour le moment, il importait à Pierre Aubert d'informer M"^ de Varlades de l'insuccès de sa démarche, afin qu'elle mît en œuvre, de son côté, toutes les ressources dont elle disposait, pour amener Fernand à composition.

11 aurait bien voulu aller chez elle le soir même et lui faire lire la lettre que lui avait écrite M""' Trigomec, mais il avait Tata à dîner, il résolut d'attendre au lendemain.

Il resta donc chez lui et dîna en tête-à-tête avec Tata, qui fut charmante.

Cependant il eut beau s'efforcer de répondre à tant d'amabilité, il ne put y parvenir. Il était contrarié de n'avoir pas donné suite immédiatement au projet qu'il méditait.

Tata s'en aperçut. Un nuage passa sur son front, mais elle le chassa aussitôt et redoubla de gentillesse.

Dans la soirée, elle entraîna Pierre sur les boulevards et lui fit faire une longue promenade, essayant, toujours inutilement, de le dérider.

Enfin, vers onze heures, Pierre la reconduisit jusqu'à sa porte, €t prétexta d'un violent mal de tête pour rentrer chez lui.

La vérité est qu'il voulait être libre le lendemain matin, afin de se présenter à la première heure chez la comtesse.

Eli bien? demamia-t-olle. (P. 938.)

Tala, qui avait remarqué sa préoccupation, ne crut pas au malaise qu'il invoquait, mais se garda bien de le laisser voir.

Quand Pierre l'eut quitté et eut refermé sur elle la porte de la rue, elle se la fit ouvrir et s'élança sur ses traces.

Oh! bien sur, il y a quelque chose... pensait la jalouse

tigresse.

UY. 118. - LE DRAME DE PONTCHARnA. — P. SALNIÈRE. - J. Hf IFF LT C'% ÉD.

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