Mme de Montespan
MADAME DE MONTESPAN
autre sujet d’irritation. Le roi fut alors pris, subitement, d’un terrible besoin d’amours multiples, rapides, brusques, variés. Mme de Sévigné marque cet état d’âme d’une expression pittoresque : « Cela sent la chair fraîche dans le pays de Quanto 1 ». A peu d’intervalle, la princesse de Soubise, Mme de Louvigny, Mlle de Rochefort-Théobon, Mme de Ludres, d’autres sans doute encore, se succédèrent dans le cœur et le lit du roi.
Mme de Soubise fit une plaisante apparition dans la galerie des maîtresses royales. Elle aima Louis XIV par amour pour son mari. Après avoir recueilli pour celui-ci les honneurs, les dignités, les charges et les beaux écus au soleil qu’il désirait, Mme de Soubise plia bagage et se retira en bon ordre. Elle avait fait le moins de bruit possible et retrouva son mari, ravi de l’aventure. Le prince de Soubise estimait, avec le poète, qu’un partage avec Jupiter... du moment que Jupiter y savait mettre le prix.
Ces intrigues ont leur double écho, sous la plume de Mme de Sévigné et dans les dossiers de la Chambre ardente. Le 2 septembre 1676, Mme de Sévigné écrit : « La vision de Mme de Soubise a passé plus vite qu’un éclair; tout est raccommodé. Quanto , l’autre jour, au jeu, avait la tête tout appuyée familièrement sur l’épaule de son ami; on crut que cette affectation était pour dire : Je suis mieux que jamais. » Mais, dès le 11 septembre, la situation a