‹ Le Drame du VésuveChapitre 16 sur 52 · Caitipi l’hlegriri, p · texte numérisé non relu

Caitipi l’hlegriri, p

pêcheurs qui se risquaient à s’approcher sur leurs barques et par les messagers qui, sur la terre ferme, n’osaienl pousser trop loin leurs explorations. Après ces délais, les Pompéiens qui avaient échappé à la mort voulurent évidemment revoir les lieux d’où ils avaient emporté de si tragiques souvenirs, mais où ils avaient laissé tout ce qui était nécessaire à la vie. Les hommes partirent seuls, comme il était naturel, confiant à leurs hôtes les femmes et les enfants, lis retrouvèrent leur ville, mais dans quel étal! La plupart des maisons étaient restées debout; celles qui s’étaient écroulées étaient déjà ensevelies; douze pieds de pierres ponces cj trois pieds de cendres recouvraient uniformément le sol. Les champs et les jardins n’existaient plus : la place en était marquée par un tapis grisâtre d’où sortaient

LE SORT DE POMPÉI iül

la pointe des arbustes étouffés et les branches des grands arbres, dépouillées de leurs feuilles avant la saison. Les maisons plus petites étaient enterrées jusqu’au toit; mais toutes celles qui avaient un étage {c’était l’immense majorité) et qui avaient résisté aux secousses du tremblement de terre, étaient facilement accessibles. Les rues existaient toujours, le niveau seul en était déplacé. Les rez-de-chaussée, les boutiques, les entre-sols avaient disparu; les étages supérieurs, les balcons, les terrasses, formaient la bordure à droite et à gauche et étaient devenus des rez-de-chaussée : on y entrait de plain-pied par les fenêtres.

Après les douleurs du retour et les premières impressions d’un pareil spectacle, il fallut s’établir sur les ruines. Plus d’un toit s’était effondré, mais beaucoup d’autres pou-

i(« LE DRAME DU VÉSUVE

valent servir d’abri. Les chambres voûtées avaient mieux résisté; les terrasses, faciles à balayer, offraient im lieu de campement.

On attendit les nouvelles de Rome. Que fera l’empereur? C’était l’idée qui venait a tous les esprits sous l’empire. Or l’empereur était Titus, si doux et si prodigue depuis qu’il régnait seul et se sentait seul responsable de l’amour ou de la haine des hommes. Titus, en effet, fut ému par le récit d’un événement inouï. Il envoya aussitôt, avec des pouvoirs étendus et de l’or, des personnages considérables, qui avaient rempli les fonctions de consul. Par malheur, un incendie éclata peu de temps après et dévora les plus beaux quartiers de Rome; la peste survint, qui ravagea la capitale du monde. Dès lors toutes les ressources du trésor et toute l’attention de l’empereur

furent absorbées, et Pompéi oubliée. Un édit impérial permit d’appliquer au déblai des villes du Vésuve les biens de ceux qui étaient morts sans héritiers; en outre, les habitants furent déclarés exempts d’impôts j pour un certain nombre d’années. Le fisc ,

ne pouvait faire d’autres sacrifices.

Que devinrent les Pompéiens, livrés à eux-mémes avec ces encouragements que la fortune rendait dérisoires? G’est ici que le témoignage de l’archéologie est précieux , parce que l’histoire nous laisse dans une ignorance absolue. Or l’archéologie montre, par des traces irrécusables, que les Pompéiens employèrent un certain temps, non pas à déblayer leur ville, mais à la fouiller. Chacun était chez soi, du moins chacun de ceux qui étaient revenus; chacun, logé à l’étage supérieur , conduisant ses esclaves

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et des manoeuvres qui furent expédiés de toutes parts, put pénétrer, en creusant !a cendre, dans son rez-de-chaussée et y rechercher les meubles , les ustensiles , les vêtements, les objets précieux qu’il y savait enfouis. Le souvenir des lieux était trop frais pour qu’on ne se dirigeât pas à coup sûr. Quel propriétaire aurait oublié remplacement de son triclinium, de la table de bronze inctustée d’argent, des candélabres bien ciselés, de l’argenterie, ou celui du salon avec ses riches ornements , ou celui de la bibliothèque avec ses rouleaux de papyrus rangés dans des boîtes de métal, ou les chambres dont les armoires étaient pleines d’étoffes, de parures, de tapis, ou les magasins garnis de provisions et de denrées protégées par les flancs épais des tonneaux en terre cuite et des jarres?

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