‹ Le Drame du VésuveChapitre 48 sur 52 · I. Fiorclli, Gionutk' deqli Scavi · texte numérisé non relu

I. Fiorclli, Gionutk' deqli Scavi

rures, des ornements d’os et de métal qui avaient revêtu un coffre de bois, des monnaies, quelques vases de terre, une ampoule en verre. Sur le mur, au-dessous de l’inscription tracée par la main du soldat Nonius, on lit en lettres cursives Scaura Angipta sudit hic bùaria ’ : « Scaura Angipta » (peut-être faudrait-il lire Scaura l’Égyptienne) « a cousu ici des peaux de bœuf. » C’est ainsi qu’on trouve parmi les inscriptions funéraires de Rome une certaine Julia Tananea qui prend le titre de sutrix Augustæ, « cordonnière de Livie. »

Après l’industrie du pelletier, nous rencontrons celle du marchand de couleurs {pigmentarius). Le IG avril 1856, les explorateurs de Pompéi ont déblayé une boutique pavée de briques ; les murs étaient blancs. Ils y ont re-

I. Sudit est pour suit. L’orthographe de ces graffiti est souvent fort pcu^édiriante.

cueilli deux amphores, des coupes, des vases avec leur couvercle , beaucoup de couleur blanche, rouge et verte; un couteau de fer, un disque de marbre noir, un de marbre blanc, un petit fermoir en os, une tessère ronde avec l’inscription lo v.a. x, enfin un gros morceau de bitume.

Les trous d’un escalier en bois et d’un plancher indiquent nettement l’entre-sol. Cet entre-sol est consumé, on y a trouvé un squelette avec deux pièces de monnaie , quatre vases, deux fourneaux , deux lampes , sept charnières, en os qui appartenaient à un coffre, de gros morceaux de couleur rouge et de couleur bleue. Le marchand de couleurs s’était réfugié dans son entre-sol et y avait été asphyxié.

Le teinturier {offeclor) vient après le marchand de couleurs. Une inscription électorale

LES BOUTIQUES 1)E PUMPËl 3SI

tracée eu grande lettres sur le pilier de la boutique, nous apprend que le maître de la boutique votait pour Poslluimiiis Proculiis.

La boutique a *deux entrées, l’une sur la rue qui descend du forum, l’autre sur la rue qui mène au temple d’Isis. Ces ouvertures étaient fermées la nuit par des planches à recouvrement qui se glissaient dans les rainures. Les planches ne joignaient pas exactement ; en poussant on les faisait fléchir de façon à agrandir leur écartement. C’est ce qui explique l’acte de ce philosophe pythagoricien qui vient payer son cordonnier, trouve sa boutique fermée, apprend qu’il est mort et, ne voulant point frustrer même un mort, écarte deux planches et glisse dans le magasin les pièces de monnaie qu'il apportait. On remarque dans la boutique du teinturier des vasques pour l’immersion des étoffes,

revêtues d’un stuc très-dur; cependant le ciment est rongé par les acides. Dans le fond d’une vasque on a recueilli une poudre noire qui a été soumise à ranalyse*chimique : c’était du sulfate de fer.

L’industrie du foulon, ou Ijlanchisseur de laines et appréleur d’étoffes, a déjà été décrite d’après les peintures du musée de Naples. Ou sait quelle était l'importance de cette industrie dans l’antiquité. Les foulons de Pompéi formaient un collège, avaient une basilique, cj£stà;^ire une Bourse où ils se réunissaient.

La prêtresse Eumacliia, à laquelle ils avaient élevé une stütue, avait contribué à l’embellissement de cette Bourse, ce qui rappelle la Bourse à la Soie (Seteria) de Valence, construite, dit-on, parChimène. Les vêtements de laine jouaient un si grand rôle dans le costume antique, et le voisinage des Apennins,

LKS KOlTlyiES ÜE POMPÉI 353

couverts de troupeaux, devait donner au commerce de la laine une telle importance qu’on s’explique la richesse des foulons de Pompéi cl leur nombre. J’ai décrit la principale usine : il y en avait d’autres, une notamment à côté de la maison de Siricus.“ ^ - C’est là qu’on voit encore les bassins en ci- , ment sur les fourneaux et les capsules ou revêtements de plomb qui les protègent.

Les boulangers ne sont pas moins nombreux, quoique, dans les maisons riches, il y eût des fours particuliers et des moulins. La maison lie Pansa con'ient encore trois moulins en lave, ' un puits, un four à ventilateur. Dans la rue Üomilienue, après la maison de Polybe , on '"'r entre dans une boulangerie. La boutique communique avec l’atrium, et, de ralrium, on passe par le tablinum dans la boulangerie proprement dite. Les moulins sont montés

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