‹ Le Drame du VésuveChapitre 8 sur 52 · IS · texte numérisé non relu

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secousses de trcmbleraeut de terre qui chassaient à la même heure les habitants de Misène, forcèrent également ceux de Stables à camper à ciel ouvert, tant leurs maisons, agitées par de fortes oscillations, semblaient sur le point de les écraser.

Hors de la ville, il est vrai, la pluie de pierres était gênante ; mais ces pierres étaient poreuses et légères, ne blessaient point, et l’on s’en garantissait en plaçant sur sa tête Un oreiller attaché avec un linge ou une bandelette ; cette simple précaution suffisait. Voilà certainement ce que firent à Pompéi tous ceux qui eurent l’heureuse inspiration de quitter la ville au lieu de s’enfermer chez eux. On remarquera aussi que la pluie de cendres et de pierres ponces commença le soir même à Réliiia, pendant la nuit à Stabies, le len-

demain seulement à 'Misène ; Misèiie ne reçut que de la cendre . Il est évident que si les matières lancées par le Vésuve eussent été incandescentes ou assez chaudes pour allumer des incendies, comme on l’a dit quelquefois, les Romains et les Slabiens n’auraient point songé à s’exposer à cette pluie en fase campagne. L’inconvénient était celui de la grêle , quand elle tombe forte et mêlée de glaçons; encore la grêle a-t-elle beaucoup plus de densité.

Quoiqu'il fût l’heure où le jour recommence , la nuit la plus noire et la plus épaisse couvrait tout le golfe; on ne se conduisait qu’à force de torches et de lumières de tout genre. On se rend au rivage pour essayer de reprendre la mer :

elle , était grosse et contraire. Là , Pline

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fait étendre une voile sur la cendre, s’y eouclie , demande de l’eau fraîche et en huit deux fols. Tout à coup des flammes mettent tout le monde en fuite et le forcent à se lever. Il s’appuie sur deux esclaves qui l’accompagnent, fait un effort et retombe mort. Il était asthmatique , nous dit son neveu , et sujet aux suffocations ; mais cette faiblesse de poitrine ne suffit pas pour expliquer sa mort. Les flammes et l’odeur du soufre dénotent trop clairement une émission subite de gaz échappés de fissures. Ces gaz devaient être de deux sortes , le gaz acide sulfureux , mortel pour ceux qui le respirent, et le gaz hydrogène carboné ou carbure d’hydrogène , qui s’enflamme au contact de l’air. Par sa combustion , il dégage le gaz acide carbonique; celui-ci, plus |)esant, retombe

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et est également mortel. C’est ainsi (|ue dans l’éruption de 1 8 6 1 on a vu les laves de 17 9i se rouvrir et laisser échapper par leurs fissures des gaz combustibles qui prenaient feu aussitôt. Il faut en outre considérer que Pline était couché sur le rivage, et que du fond de la mer se dégageait probablement une grande quantité d’acide carbonique qui formait une couche de plus en plus épaisse sur la surface du sol. Pline l’Ancien a subi le sort du chien que l’on introduit dans la grotte voisine de Pouzzoles. Tant qu’on le tient en- l’air, il respire aussi bien que les visiteurs ; dès qu’on le pose à terre, il est asphyxié par l’acide carbonique , et, si les visiteurs se baissaient au lieu de se tenir droits, ils seraient également asphyxiés.

- En se couchant, Pline alla au devant du

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danger. Ses compagnons, qui étaient restés debout, purent s’échapper sains et saufs. Les esclaves qui l’assistaient n’éprouvérent aucun mal , parce qu’ils se baissèrent à peine pour l’aider à se relever. Le hasard a de ces ironies : l’illustre naturaliste ignorait les phénomènes de la nature ; ce savant ne savait pas que dans toute éruption les gaz émanés des coulées de lave et des fissures sont funestes aux êtres animés, et forment les couches inférieures de l’air parce qu’ils sont plus lourds que l’air. Il est mort parce qu’il s’est couché; s’il était resté debput, il aurait lui-même fait la relation de tout ce qu’il avait vu. Lorsqu’on revint, trois jours après, le calme étant rétabli, on trouva, il est vrai, son corps intact et qui semblait dormir ; mais on oublia sous la cendre les tablettes sur lesquelles

i) avait consigné des observations qui auraient été plus curieuses pour nous qu’elles n’avaient été profitables pour lui-même. Son neveu semble avoir coordonné seulement les réeits de ceux qui l’avaient accompagné.

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Après avoir écouté les témoins oculaires, il nous reste, pour entrer plus avant dans le drame du Vésuve, à consulter les victimes.

Aucune relation n’existe, et nous sommes réduits à imaginer par induction ce qui s’est passé à Pompéi et à Herculanum ; mais le sol et les fouilles ont fourni des documents dont l’archéologie doit savoir tirer parti :

les squelettes et les cadavres ont une

éloquence qu’il faut comprendre et traduire.’

Dion Cassius avance qu’au commencement de l’éruption, les Pompéiens étaient réunis dans le théâtre. Comme la restauration du théâtre n’était pas achevée, on a proposé de lire amphithéâtre ; mais la rectification a peu d’importance. Que ce fût du théâtre ou de l’amphithéâtre , les spectateurs eurent le temps de se sauver et de regagner leurs maisons. On n’a trouvé dans le théâtre aucun squelette, et les fouilles de l’amphithéâtre n’en ont fait découvrir que deux, soit que des gladiateurs y eussent été retenus captifs, soit que leurs cadavres eussent été oubliés, soit que deux pauvres gens eussent cherché un refuge sous les voûtes qui supportent les gradins.

Quoi qu’il en soit, les Pompéiens furent avertis par la colonne de fumée qui s’élati-

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çait du Vésuve ; ils la voyaient des rues, du forum, de leurs terrasses, elle était en quelque sorte sur leurs tôles. Tous auraient pu se sauver, s’ils étaient partis à temps. Les plus sages ou les plus timides se sont enfuis, les autres ont attendu l’événement, et la plupart de ceux qui ne savaient où trouver un autre asile s’enfermèrent dans leurs maisons. Qui peut dire ce qui s’est alors passé? qui peut calculer les inspirations imprévues de la peur et du désespoir? Bientôt les ténèbres qui se répandirent sur la campagne, les pierres qui tombèrent avec le fracas de la grêle sur les dalles de l’atrium et les tuiles de la toiture, firent croire que le monde retournait au chaos. Quand on vit les cours et les rues se remplir, les colonnes et les murs fendus par le tremblement de terre, la crainte d’élre ensevelis vifs décida une

nouvelle série de fugitifs à s’éloigner des lieux habités. Des oreillers, des ^étoffes repliées, protégeaient leur tête contre les projectiles qui pleuvaienl sur eux. Des lampes et des torches éclairaient mal leur course aveugle, a Les citadins, nous dit Dion Cassius, fuyaient dans la campagne, les campagnards se réfugiaient dans la ville. » L’instinct irréfléchi avait pris la place de la raison, comme il arrive dans les grandes calamités publiques. Il faut donc renoncer à deviner les plans ou les calculs d’une population affolée par la terreur.

L’examen du sol fait d’abord reconnaître que les phénomènes volcaniques qui ont perdu Pompéi étaient les mômes que ceux qui ont perdu Stables. Les pierres ponces recouvrirent la ville jusqu’à quatre mètres de hauteur; un mètre environ de cendre plus fine s’y

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ajouta ; deux autres urètres de cendres et de débris carbonisés qu’on voit ensuite, sont des dépôts produits par les éruptions postérieures du Vésuve. Puisqu’en 1822 il est tombé un pied de cendre dans les rues de Castellamare, Pompéi, située dans la même direction et voisine du volcan, a dû le môme jour en recevoir plus encore. Du reste, de minces liions de terre végétale et de petites coquilles terrestres apparaissent entre les couches plus récentes, et prouvent que la culture avait repris ses droits dès que l’action de l’air et de l'humidité avait rendu les cendres fertiles. Ce serait donc sous une épaisseur de quinze pieds seulement qu’une ville entière, dont les maisons avaient plus d’un étage, aurait été ensevelie, et qu’une partie de la population aurait péri! Rien n’est moins vraisemblable, et il est évident que notre ignorance

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fait trop peu d’efforts lorsqu’elle simplifie à ce point le tableau. Une étude attentive est nécessaire pour analyser et pénétrer les causes de la mort d’un assez grand nombre de Pompéiens, de même qu’il faut une imagination patiente pour retrouver les traces de la destruction d’une cité qui n’a pas été aussi subite que nous le voulons croire. Nous ne nous occuperons aujourd’hui que des victimes, les ruines auront leur tour.

Il y a cent vingt-deux ans que les fouilles de Pompéi ont commencé; on estime que depuis ce temps l’on a retrouvé environ (îOO squelettes. M. Fiorelli, dans un rapport adressé au gouvernement italien constate qu’on en a recueilli 127 de I84fi à 18(>0,

i, Scoverte archeoloi/iche faite in Italia, ilcl 18 40 aM 8 0 6, in-8o, Naples. 1 8 6 7.

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c’esl-à-dire dans une période de vingt années. Comme les recherches ont été moins actives dans le siècle qui a précédé, il convient d’atténuer la proportion ; au lieu d’une moyenne de 1 O squelettes par an, on peut prendre une moyenne de 4 à 5 squelettes, soit un peu moins de 500 squelettes. On obtient de la sorte un chiffre aussi rapproché que possible de la vérité. L’on n’a encore déblayé que les deux cinquièmes de Pompéi; or, si dans ces deux cinquièmes on a constaté un total de 600 victimes, il est naturel que dans les trois autres cinquièmes on s’attende à en découvrir 90 0. En tout, i,5^0 Pompéiens auraient péri, c’est-à-dire le dixième de la population, si on l’évalue à 1 5,000 âmes, — le huitième, si on la réduit au chiffre plus vraisemblable de 1 2,000.

Un tel désastre fournissait un vaste champ

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à l’observation. Si les personnes qui ont dirigé les travaux d’excavation à diverses époques avaient pris des notes exactes, il est impossible que la position des corps, le lieu où ils se trouvaient, l’état des ruines ou du sol, toutes les circonstances, en un mot, ne continssent pas quelque enseignement. De même que les magistrats, quand un crime a été commis, portent leur examen sur tout ce qui entoure le cadavre et constatent les détails les plus futiles, parce que ces détails peuvent dénoncer tout à coup le coupable, de môme les ingénieurs et les archéologues qui ont exploré Pompéi nous apprendraient beaucoup, s’ils avaient décrit avec soin chaque découverte de ce genre. Il n’en est «

rien malheureusement, et jc ne saurais dire quelle a été ma déception lorsqu’à paru Vllistoire des antiquités de Pom-

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péi M. Fiorelli avait eu la patience de copier les manuscrits qui avaient été rédigés depuis l’origine par les directeurs des fouilles ou les ' surveillants, car ils avaient l’habiludc de constater jour par jour les découvertes faites par leurs ouvriers, et de dresser un inventaire des objets envoyés au musée de Portici. 'La publication de ces listes ou, si l’on veut, de ces carnets, si laborieusement préparée par M. Fiorelli, promettait les plus allachantes révélations. Dès l’an 1748, don Rocco Âlcubierre, officier espagnol, puis Cari Weber, ingénieur suisse, plus tard Francesco la Vega, don Pietro la Vega, etc., concentrent entre leurs mains les rapports des agents qu’ils emploient ^ En faisant im-

1. Pompeianarum antiquitatum historia, in-S» Naples, 1 8 6 0.

2. Oq a les noms de plusieurs de ccs agents ou surveillants, Cixia, Corcoles, Ferez Condc, etc.

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primer dans un ordre méthodique ces divers manuscrits, M. Fiorelli a rendu un nouveau service à la science, et il n’a pas dépendu de lui que ce service fût plus grand; mais les réflexions des auteurs sont si bi'èves et leurs désignations si imparfaites, qu’on voit qu’ils obéissaient aux règles de l’administration bien plus qu’au désir d’instruire la postérité. On constatait, on n’étudiait point; on faisait des catalogues pour prévenir les vols ou les soupçons, on n’avait point souci de la curiosité des savants ; on comptait les objets comme les intendants comptent les meubles du château qui leur est confié, on ne les décrivait point.

Les squelettes figurent parfois dans l’inventaire, mais sans qu’on y attache d’importance, et sous une forme qui varie peu. « Le... février 1 7 6..., on a trouvé : — or, une boude

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d’oreille, trois monnaies ; — argent , une bague ; — bronze, deux vases, une fibule, un vase sans anse, une lampe; — fer, un râteau, une serrure, un battant de sonnette, sept clous ; — verre, cinq vases brisés, une bouteille, deux verres intacts, quinze boutons;

— ivoire, une aiguille, une plaque sculptée;

— os, un manche do couteau, un dé, un crâne avec des ossements. » Cette énumération est plus ou moins longue, selon le nombre des objets ; le mol squelette est substitué çà et là aux mots crâne avec des ossements ; c’est tout ce qu’il faut attendre du Journal des fouilles, pour nous éclairer sur le sort de la plupart des Pompéiens ensevelis sous les cendres. Du 23 mars 1 748 au 1 4 juillet 1764, le texte est espagnol, et dès le 19 avril 1748 Alcubierre signale en ces termes la découverte du premier cadavre : « Haviendose des-

cubierlo un niuerto esta manana entre el rapilh y la lieira, un mort s’élanl découvert ce malin entre la pierre ponce et la terre. » En 1 7 6 4, la langue italienne remplace la langue espagnole; toutefois la brièveté est égale, surtout lorsqu’il s’agit des squelettes ; il semble que le sujet répugne ou soit dédaigné, sauf quelques exceptions dont nous tirerons tout à l'heure parti. Même dans ces derniers temps, lorsque la passion archéologique arrive à son apogée, del8o3àl8G0 par exemple, les squelettes « sont indiqués ' sans qu’on paraisse songer à examiner dans quel rapport ils se trouvent avec les lieux, les terrains, les niveaux, etc. M, Fiorelli commence à donner quelques détails ^ et l’on en voudrait davantage. Le

1. Pompeianarum andquilatum historia, lom. Il, pages 649, 595, 054, 655, 668, 672, 678, 679, etc.

2. Giornale deyli Scavi di Pompei, ) 8 6 1, p. 1 6, 1 7, U 4, etc.

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nouveau journal que rédigent les membres de l’école archéologique de Pompéi depuis 18 68 est également beaucoup trop sommaire sur ce point', et j’adjure les jeunes savants qui secondent M. Fiorclli avec tant de zèle, de ne point nous épargner à l’avenir de minutieuses descriptions.

Malgré les regrets que laisse ce laconisme, on peut rapprocher les observations faites par les sopraslanti des diverses époques, et en tirer des conclusions sur le sort des Pompéiens. Plus d’un genre de mort les a décimés, et ces genres bien constatés suffisent pour nous éclairer sur la nature des phénomènes qui ont accablé particulièrement Pompéi. D’abord il faut écarter les images qui se présentent à

1 . Giornale degli Scavi, nuova sérié pubblicata degli alurnni délia Seuola archeologica, in-4° ; voyez ootammenl p. 30 et p. 2 48.

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l’esprit, la lave, le feu, les pierres pesaulcs lancées par le volcan ; on ne trouve pas un centimètre de lave dans la ville : située sur un plateau, elle était à l’abri des coulées. Le feu a exercé si peu de ravages, qu’il n’est dû évidemment qu’à des accidents très-restreints. Ce n’est point le Vésuve qui a embrasé les maisons par ses projectiles, ce sont plutôl

les lampes et les torches que des ténèbres

prolongées avaient forcé de tenir allumées [lartout. Soit que les oscillations du sol eussent mis en contact des rideaux, des étoffes avec la flamme agitée, soit que les babitants de la maison se fussent enfuis sans prendre les précautions nécessaires, il y a eu quelques incendies partiels étouffés par les cendres qui remplissaient l’atmosphère et les pluies torrentielles qui alternaient avec les cendres . Ou ne doit pas attribuer à la combustion l’état

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des poutres, des linteaux et des bois qu’on retrouve abondamment à Pompéi. L’action du temps et de l’humidité les a lentement consumés, noircis, rendus pulvérulents ; mais ils n’ont été ni réduits en cendre, ni carbonisés, ni même attaqués par le feu : les pilotis qn’on relire des lieux marécageux noircissent de même; cela est si vrai, que les parties des poutres traversées par des chevrons et des clous ont été protégées par l’oxyde de fer et ont conservé leur couleur naturelle. Enfin les grosses pierres lancées par l’orifice du cratère retombent toujours sur les pentes du cône, et décrivent des paraboles trop courtes pour atteindre la plaine; quant à' l’immense quantité de pierres ponces, qui ont souvent quatre mètres d’épaisseur, elles sont si petites et si légères, qu’elles auraient à peine meurtri le visage délicat d’un enfant; un oreiller ou un

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voile jeté autour du visage était une protection suffisante.

Trois causes ont été surtout funestes aux habitants : le tremblement de terre, leur réclusion volontaire ou forcée , les gaz plus lourds que Tair, qui se ré[)andaicnt sur le sol et les asphyxiaient.

Le tremblement de terre a été plus violent qu’à Misène, qu’à Stables, qu’à Herculanum. La situation de Pompéi, sur d'anciennes coulées de laves et sur une fissure normale du volcan, l’exposait la première aux secousses qui accompagnaient l’éruption. De même qu’en 63, sous Néron, la ville avait été détruite, tandis qu’Herculanum et Naples n’étaient qu’à demi bouleversées , de même en 79, sous Titus , Ponipéi fut agitée plus violemment que les cités voisines. Les ruines actuelles le dé-

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montrent sur tous les points. Certes, les maisons n’ont pas été jetées à terre , et les rez-de-chaussée ' sont debout ; mais les pierres ont été fendues par des oscillations qui les ont pour ainsi dire décliirées en deux, pùis rapprochées. Les plus belles pierres des façades et les piliers des boutiques ont ainsi éclaté; les mosaïques et les dallages des maisons 'présentent des ondulations qui accusent tour à tour le soulèvement et l’affaissement du sol. Avec de tels mouvements, il est impossible que les colonnes des portiques les plus élevés, les étages supérieurs de certaines maisons, des murs de clôture mal bâtis, n’aient pas été renversés .

En effet , on lit dans la relation des Touilles du 1 4 juin 1 787,q^u’on a trouvé luiit sijuelettes sous les ruines d’une mu-

raüle, hors des portes de la vill e. Un collier , des bracelets , une bague d’argent , étaient la parure des femmes qui étaient au nombre des victimes; une, lanterne attestait que ces malheureux avaient fui e n essayant de se guider au milieu des ténèbres.

Le 5 mai 1818, on a recueilli pendant le déblai du forum, deux squelettes, dont l’un était engagé sous une des colonnes renversées du temple de Jupiter; il avait été évidemment écrasé par la chute du portique sous lequel il avait cherché un abri.

Une visière de bronze était voisine, comme si le malheureux avait voulu protéger ainsi ses yeux contre la grêle de pierres ponces . Il semble qu’un autre Pompéien ait été écrasé parla chute de la statue équestre de Néron’,

i, Pompeianarum antiquitalum hisloria, l. Il, p. 8 6.

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qui était sur Tare de triomphe de la rue de Mercure ; son squelette a été trouvé à côté de cette statue, qui est en bronze, un peu plus grande que nature et fort laide. Dans l’intérieur de la célèbre maison du Kaune, on a réuni les ossements d’une femme sans pouvoir jamais découvrir son crâne, broyé sans doute sous les débris d’un étage écroulé . M. Fiorelli , en 1861, a constaté' la chute du premier étage d’une maison où les ossements de deux personnes étaient brisés et dispensés parmi les débris. Du 1 8 au 2 3 janvier, en déblayant l’atrium, il découvrit encore le cadavre d’une femme atteinte sur le seuil du tabliniim , au moment où elle fuyait avec ses objets lès plus précieux.

Scs bijoux étaient renfermés dans une

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