LES BOUTIQUES DE PUMPËI
tracée en grande lettres sur le pilier de la boutique, nous apprend que le maître de la boutique votait pour Posthumius Proculus. La boutique a deux entrées, l’une sur la rue qui descend du forum, l’autre sur la rue qui mène au temple d’Isis. Ces ouvertures étaient fermées la nuit par des planches à recouvrement qui se glissaient dans les rainures. Les planches ne joignaient pas exactement ; en poussant on les faisait fléchir de façon à agrandir leur écartement. C’est ce qui explique l’acte de ce philosophe pythagoricien qui vient payer son cordonnier, trouve sa boutique fermée, apprend qu’il est mort et, ne voulant point frustrer même un mort, écarte deux planches et glisse dans le magasin les pièces de monnaie qu’il apportait. On remarque dans la boutique du teinturier des vasques pour l’immersion des étoffes,
revêtues d’un stuc très-dur; cependant le ciment est rongé par les acides. Dans le fond d’une vasque, on a recueilli une poudre noire qui a été soumise à l’analyse chimique : c’était du sulfate de fer.
L’industrie du foulun, ou blanchisseur de
laines et apprêteur d’étoffes, a déjà été décrite
d’après les peintures du musée de Naples. On sait quelle était l’importance de cette industrie dans l’antiquité. Les foutons de Pompéi formaient un collège, avaient une basilique, c’està-dire une Bourse où ils se réunissaient.
La prêtresse Euinachia, à laquelle ils avaient élevé .une statue, avait contribué à l’embellissement de cette Bourse, ce qui rappelle la Bourse à la Soie (Seteria) de Valence, construite, dit-on, par Chimène. Les vêtements de laine jouaient un si grand rôle dans le costume antique, et 1e voisinage des Apennins,
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couverts de troupeaux, devait donner au commerce de la laine une telle importance qu’on s’explique la richesse des foulons de Pompéi et leur nombre. J’ai décrit la principale usine : il y en avait d’autres, une notamment à côté de la maison de Siricus.
C’est là qu’on voit encore les bassins en ciment sur les fourneaux et les capsules ou revè-
tements de plomb qui les protègent.
Les boulangers ne sont pas moins nombreux,
quoique, dans les maisons riches, il y eût des fours particuliers et des moulins. La maison de Pansa contient encore trois moulins en lave, un puits, un four à ventilateur. Dans la rue Domitienne, après la maison de Polybe, on entre dans une boulangerie. La boutique communique avec l’atrium, et, de l’ati-ium, on passe par le tablinum dans la boulangerie proprement dite. Les moulins sont montés
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