‹ Le drame maçonnique (volume 2)Chapitre 17 sur 66 · LA DECLARATION RELATIVE A LA POLITIQUE · texte numérisé non relu

LA DECLARATION RELATIVE A LA POLITIQUE

Nous éprouverons les mêmes surprises si nous examinons les déclarations maçonniques relatives à la politique.

Pendant cent cinquante ans, la Franc-Maçonnerie a affirmé, elle a proclamé dans ses statuts, ainsi que nous l'avons dit, qu'elle ne s'occupait pas de politique et même qu'elle interdisait dans ses loges toute discussion pouvant avoir trait à ce sujet. Or, chose vraiment extraordinaire de la part d'une association qui ne s'occupait pas de politique, elle apparut subitement en possession de tous les postes de l'Etat pen-

dant la Révolution, et on la voit de nos jours renouveler ce miracle !....

Ajoutons qu'il faudrait des volumes pour citer tous les documents qui prouveraient que les réunions de ses ateliers sont remplies par les discussions politiques, en dépit de la déclaration qui était contenue dans les statuts.

Il est à noter que, même alors qu'elle tenait déjà la République, la Franc-Maçonnerie persistait à affirmer son renoncement à la politique. C'est qu'elle se flattait de ne pouvoir être surprise en flagrant délit de mensonge sur ce point. Son premier envahissement avait été opéré sous le voile d'un anonymat dont quelques rares initiés comme Barruel, Eckert, Deschamps et Claudio Janet avaient presque seuls pu percer le voile. Le public français n'avait jamais rien su, jusqu'en ces dernières années, de ce premier envahissement.

C'étaient « les Jacobins » qu'il avait généralement rendus responsables de la Terreur, et il n'avait pas vu que ce mot : le Jacobinisme, ne dit rien par luimême, qu'il ne représente en réalité qu'une des figures de la Maçonnerie. Celle-ci espérait bien que Je même procédé qui lui avait réussi en 1793 lui réussirait de nouveau. Se faufilant derrière le libéralisme d'abord, puis derrière l'opportunisme, enfin derrière le radicalisme, qu'elle avait successivement enfantés pour mieux se dissimuler, elle était déjà installée au pouvoir, que personne ne parlait encore d'elle. Il fallut que la question fût portée devant le public sous cette forme de proportion arithmétique que j'ai établie

dans mon ouvrage de 1892 (La Franc- Maçonnerie et la Question religieuse) ^^ouT (\\iQ l'attention fût attirée sur Tartifice grâce auquel « la Veuve » était parvenue à édifier un trône au-dessus de la République et à l'occuper sans qu'on s'en aperçût. Une fois ce second envahissement mis au jour avec une telle évidence, il devenait aussi impossible à la Maçonnerie de persister à soutenir qu'elle ne faisait pas de politique, qu'il le lui était de parler de son soi-disant respect du catholicisme. Elle Ta bien compris; et, résolument, elle a supprimé de ses statuts le paragraphe qui interdisait les discussions politiques en loge. Cette suppression accomplie, elle s'est tournée vers ceux qui lui faisaient grief de son ingérence dans les affaires de l'Etat, et, cyniquement, elle leur a dit :

— Eh bien ! Oui ! Les francs-maçons s'occupent de politique en loge. Mais pourquoi donc ne le feraient-ils pas? Lisez nos statuts. Vous n'y trouverez rien qui s'y oppose.

Il semblerait qu'une fois arrivée à ce point, la Maçonnerie ne peut plus feindre. C'est une erreur. Il suffit qu'elle se sente pressée par la nécessité pour que, dédaignant toute vergogne, elle essaye, à l'occasion, de reprendre les paroles et même les actes qui lui ont échappé.

C'est ainsi qu'en plein Couvent de 1906, on a pu voir les francs-maçons radicaux entrer en lutte avec les socialistes qui prétendaient se servir à leur tour de la Maçonnerie pour arriver au pouvoir. Pour les besoins de leur cause, les premiers s'efforçaient de faire croire aux seconds que la Maçonnerie est une

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association philosophique et non politique. Et ils ajoutaient, de Fair le plus convainca, que «prétendre l'entraîner dans l'arène des partis, ce serait méconnaître ses principes )>...

On se sent pris d'une telle envie de rire en présence d'une aussi phénoménale hypocrisie qu'on oublierait presque de s'en indigner.

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