‹ Le drame maçonnique (volume 2)Chapitre 21 sur 66 · LES SÉNATEURS DÉPUTÉS ET MINISTRES FRANCS-MAÇONS · texte numérisé non relu

LES SÉNATEURS DÉPUTÉS ET MINISTRES FRANCS-MAÇONS

NE SONT PAS LIBRES. ILS SONT OBLIGÉS d'oBÉIR A LA FRANC-MAÇONNERIE.

— Les cas ne sont pas les mêmes, objectent les francs-maçons. Des Anglais qui seraient membres de notre Parlement obéiraient à leur sentiment anglais et, par suite, aux ordres qui leur viendraient d'Angleterre. Les sénateurs et députés qui appartiendraient à une congrégation seraient, de leur côté,

soumis à la discipline intérieure de leur ordre et aux engagements qu'on leur aurait fait prendre. Rien de pareil pour les francs-maçons sénateurs et députés. Vous prétendez qu'ils sont astreints à une discipline : c'est contraire à la réalité des faits. Les sénateurs et députés francs-maçons sont parfaitement indépendants. Ils n'ont pris d'engagements vis-à-vis de personne autre que leurs électeurs. Ils n'ont pas de chefs, car il n'y a pas de chefs dans la Franc-Maçonnerie, cette association étant essentiellement fraternelle et égalitaire.

Autant d'affirmations fausses. En voici quelques preuves.

On sait quelaloi de séparation des Eglises et del'Etat fut étudiée dans les loges pendant plus de vingt ans.

Dès 1891, les francs-maçons Dide et Hubbard interpellaient le gouvernement, l'un au Sénat, l'autre à la Chambre, sur les rapports des Eglises et de l'Etat. Au lendemain de ces interpellations, plusieurs journaux publièrent la note suivante :

(( Sur l'initiative du Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France, tous les députés francs-maçons avaient été convoqués hier soir rue Cadet.

« Bien que le secret le plus absolu ait été recommandé, nous avons pu recueillir cependant quelques échos de la séance.

« Il s'agissait d'examiner la ligne de conduite à tenir par les membres du Parlement -appartenant à l'Ordre, en présence des agissements du clergé et de l'attitude prise par le gouvernement au cours des interpellations Hubbard et Dide. »

Les francs-maçons députés sont donc, d'après cette note, convoqués par l'autorité maçonnique : en la circonstance, le Conseil de l'Ordre.

— Informations journalistiques, objectera-t-on, qui 5ont dépourvues de toute authenticité et par conséquent sans importance.

Soit. Mais alors voici autre chose.

En juin 1895, le Bulletin du Grand Orient^ publication maçonnique officielle, rendait compte d'une réunion qui avait eu lieu au siège de la fédération, 16, rue Cadet. L'article avait pour titre : Les francsmaçons du Parlement au Grand-Orient de France. Voici quel en était le texte :

« Pour obéir aux prescriptions de la dernière assemblée générale (le Couvent), le Conseil a réuni le mois dernier, au Grand Orient, les sénateurs et députés appartenant à l'Ordre. Cette réunion a donné les meilleurs résultats. Un nombre très important de nos frères du Parlement étaient sur les colonnes... Les noms des quelques frères qui, convoqués, ne sont pas venus et ne se sont pas excusés seront envoyés à leurs loges ainsi que l'a promis le Conseil... Le secret maçonnique a été respecté et aucune indiscrétion n'a été commise. «

Il ne s'agit plus ici d'informations journalistiques, puisque les lignes ci-dessus sont extraites du Bulletin Officiel des travaux du Grand Orient. D'après ce libellé, dès 1895, le Conseil de l'Ordre convoquait les sénateurs et députés francs-maçons en secret, c'està-dire derrière le dos du peuple soi-disant souverain ; et cela se faisait, nous est-il dit dans le document

ci-dessus, conformément à certaines « prescriptions », celles du Gonvent.

C'est qu'en effet, depuis quelques années, les Couvents s'étaient occupés de préparer les conditions de l'organisation grâce à laquelle l'autorité maçonnique pourrait être substituée, vis-à-vis des députés francsmaçons, à l'autorité nationale. Voici quelques documents qui nous donnent la preuve de cet attentat contre la souveraineté de la nation.

En octobre 1887, le F.-. Blanc, Vénérable de la loge Le Progrès^ de Troyes, disait dans un discours qui fut imprimé pour les loges :

« Vous reconnaissez avec moi, mes frères, la nécessité pour la Franc-Maçonnerie de devenir une vaste et puissante société politique et sociale, ayant une influence décisive sur les résolutions du gouvernement de la République. )>

En 1888, le F.-. Blatin, député, fait la déclaration suivante :

« Nous avons organisé dans le sein du Parlement un véritable syndicat de francs-maçons, et il m'est arrivé, non pas dix fois, mais cent fois à moi-même d'obtenir des interventions véritablement efficaces auprès des pouvoirs publics. »

En 1890, le F.-. Fernand Maurice constate que la Maçonnerie ne donne pas le plein de ses forces, qu'elle n'a pas sur la politique de la France l'action qui, d'après lui, devrait lui être dévolue, qui lui appartient. Il s'écrie :

« Hier, on disait : Mais la Chambre n'est pas maçonne. Mes frères, il n'y a pas d'accusation plus ter-

ible à faire contre la Chambre que de dire qu'elle l'est pas maçonne. Il ne devrait rien se produire en France sans qu'on y trouve l'action cachée de la Franc-Maçonnerie...Si la Maçonnerie veut s'organiser, ion pas sur le terrain des théories, mais sur le terrain ntellectuel qui nous préoccupe, je dis que, dans dix ans l'ici, la Maçonnerie aura emporté le morceau et que lersonne ne bougera plus en France -en dehors de

lOUS. ))

En 1891, le Couvent s'occupa de l'organisation lont parlait le F.'. Fernand Faure. La délibération jui eut lieu à cet effet fut sanctionnée par le vœu suivant qui est inscrit au compte rendu officiel :

« Une commission sera nommée à l'effet de rechercher le moyen de mettre la Fédération du Grand 3rient de France en toute puissance d'influence et faction sur la vie politique et sociale du pays. » Voilà les expressions dont la précision ne laisse rien à délirer.

La même assemblée demande aux membres du Parement d'exercer une action permanente et active >ur les ministres et les directeurs dans les ministères )our que les nominations et l'avancement soient •éservés aux seuls « républicains ». Il est bien entendu jue, de même que le mot clérical est employé pour iatholique dans certaines circonstances, le mot ré- )ublicain veut dire ici franc-maçon, ou agréé par les Tancs-maçons.

La même assemblée fait mieux.

Elle invite le Conseil de l'Ordre :

«... A convoquer à l'hôtel du Grand Orient, chaque

fois qu'il lui paraîtra nécessaire tous les membres du Parlement qui appartiennent à l'Ordre, afin de leur communiquer les vœux exprimés par la généralité des maçons, ainsi que l'orientation politique de la Fédération. Le Conseil de l'Ordre dirigera les travaux. »

C'est bien là l'organisation de la sujétion des députés et sénateurs francs-maçons et, par eux, de toute la représentation nationale.

Et pour que cette sujétion soit bien marquée, la résolution votée au Convent de 1891 porte ces mots : « Le Conseil de l'Ordre dirigera les travaux. » Le Conseil de l'Ordre, et non pas tel ou tel chef de groupe parlementaire.

La sanction est même prévue vis-à-vis de ceux qui pourraient résister. Car le compte rendu officiel du Convent de 1891 continue ainsi :

(( Après chaque réunion, le Bulletin publiera (pour la Maçonnerie) la liste de ceux qui se sont rendus à la convocation du Conseil de l'Ordre, celle de ceux qui se seront excusés et celle de ceux qui auront laissé l'invitation sans réponse. » {Bulletin du G.\ O.-., août-septembre 1901, p. 470.)

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