‹ Le drame maçonnique (volume 2)Chapitre 22 sur 66 · DANS LA DISCIPLINE MAÇONNIQUE · texte numérisé non relu

DANS LA DISCIPLINE MAÇONNIQUE

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Il faut comprendre le moyen de coercition que contient ce dernier membre de phrase: «Le Bulletin

publiera la liste de ceux qui auront laissé Vinvitation sans réponse. » Gela nous est expliqué par d'autres documents, dont voici quelques-uns. Ils nous montreront les loges et le Conseil de l'Ordre s'ingéniant à trouver les moyens de maintenir les députés et sénateurs francs-maçons dans la discipline maçonnique.

En 1891, la loge La Clémente Amitié écrivait au Conseil de l'Ordre pour le prier de :• 1° Demander le motif de certains de leurs votes à des députés francsmaçons ; 2° Réclamer l'explication de leur conduite aux francs-maçons qui ont voté au Couvent exactement le contraire de ce qu'ils avaient voté dans les assemblées départementales, ou qui se sont absentés pour ne pas se prononcer ; 3*^ Dénoncer la conduite de ces francs-maçons aux ateliers de la France^ et 4^ Inviter ceux-ci à s'associer à lui afin d'arriver à ce que le Conseil de VOrdre « exerce son action disciplinaire sur les francs-maçons dans toutes leurs manifestations )).

On voit que la loge La Clémente Amitié n'oubliait rien. Elle n'admettait pas les ruses, les absences diplomatiques auxquelles certains frères avaient recours pour échapper à « l'action disciplinaire » qu'on prétendait exercer sur eux, « dans toutes leurs manifestations », politiques ou autres.

D'autre part, le F.*. Mamelle disait, le 2 octobre de la même année :

« Il faudrait appeler les membres du Parlement qui sont francs-maçons et les mettre au pied du mur en les tenant par leur propre intérêt. «

Les mettre au pied du mur en les tenant par leur

intérêt ! Tel est le secret de l'action disciplinaire exercée par la Franc-Maçonnerie sur les sénateurs, députés et ministres francs-maçons. Gela en dit long sur la noblesse des procédés et des caractères qu'on rencontre dans les loges et nous explique peut-être aussi l'avilissement de notre époque. Etant partout maîtresse, la Franc-Maçonnerie peut, en effet, transporter de pareilles méthodes partout.

Le Conseil de l'Ordre suivit la voie indiquée. Car en 1903, nous surprenons une circulaire dans laquelle il enseigne à ses adhérents comment on pourra mettre les ministres, sénateurs et députés francs-maçons « au pied du mur » :

(( C'est aux loges, écrit-il, qu'il appartient de rap-' peler à leurs membres, aux frères qui viendront par la suite s'asseoir sur leurs colonnes, ou aux nouveaux initiés, les devoirs qui leur incombent par suite des fonctions électives qu'ils pourront remplir. »

Il y avait, d'ailleurs, bien longtemps que ces idées avaient cours dans la Maçonnerie; et il ne s'agissait, en' 1891, que de procéder à une organisation tendant à les' faire passer dans la pratique. Car, dès 1884, le garant d'amitié du Grand Orient auprès du Suprême Contseil adressait des menaces ou des sommations déguisées à « ceux de nos frères, disait-il, que notre confiance parfois naïve a placés à la tête des affaires de, la République ».

Il ajoutait :

« Nous devons rappeler à ceux qui les oublient leurs^ serments de solidarité, juger maçonniquement ceux qui, arrivés par nous, et qui, sans la Maçonnerie, ne se-

raient rien, oublient ou dénigrent VAlma Mater et t'iifin prouver par V intervention active des autorités maçonniques auprès de ceux de nos frères à qui nous a^'ons donné autorité sur le monde profane..., etc. » (Chaîne d'Union, 1885.)

« Juger maçonniquement... » Et, en effet, le F.*. Morinaud, député algérien, qui se permit d'avoir une 1 politique autre que celle de la congrégation maçonnique, fut, ainsi que nous le verrons plus tard, jugé maçonniquement. A la suite de son jugement, il fut condamné à cinq ans d'exclusion de la Maçonnerie. Et comme conséquence de cette condamnation, il fut privé de son mandat de député, grâce à l'opposition que fit la Maçonnerie à sa candidature.

La mainmise de la congrégation maçonnique sur les législateurs que nous envoyons aux chambres et que nous payons ne date donc pas d'hier. Elle a été voulue, préméditée depuis de longues années. Elle a été organisée définitivement en 1891. Le Couvent convoque ceux de nos sénateurs et députés qui sont francs-maçons, ad audiendum verhum, comme le dit le député de Paris, Prache, dans son Rapport sur la Pétition contre la Franc- Maçonnerie. Il publie, pour le monde maçonnique, la liste de ceux qui ne se rendent pas à « l'invitation ». Les loges .savent, grâce à cette publication, quels sont ceux contre lesquels elles doivent marcher pendant les périodes électorales. Et, comme c'est de la seule Maçonnerie que ceux-ci ont reçu « autorité sur le monde profane », comme « ils ne seraient rien sans elle », comme, ainsi qu'il est écrit dans d'autres documents, k elle les a tirés du néant »

où ils retomberaient immédiatement s'ils étaient privés de son appui, comme elle les « met au pied du mur », comme elle « les tient par leur propre intérêt », ils sont bien obligés de faire leur soumission et de marcher comme elle le veut, sous peine d'être déposés par elle.

On peut compter ceux qui ont osé résister et qui, grâce à leur situation personnelle, n'ont pas été brisés. On n'en trouverait pas une demi-douzaine tant à la Chambre qu'au Sénat. Et encore convient-il de remarquer que, s'ils sont parvenus à conserver leur mandat, ils ont perdu toute puissance. La Maçonnerie a même profité de leur insoumission, en ce sens qu'instruite par l'expérience, elle a soin mxaintenant de choisir comme candidats, autant qu'elle le peut, des gens tarés. Plus ils le sont, plus elle les tient. Par là s'explique que notre monde politique soit à la hauteur où nous le voyons.

Donc, il n'y a aucun doute. Les francs-maçons nous en content lorsqu'ils prétendent que ceux d'entre eux qui sont députés ou sénateurs ou ministres sont indépendants, qu'ils n'ont pas de chefs, qu'ils n'ont pris d'engagements vis-à-vis de personne autre que leurs électeurs.

Ils ont des chefs, puisqu'on les convoque et qu'ils sont obligés de se rendre aux convocations ; puisque la Maçonnerie pourrait les replonger dans le néant d'où elle les a tirés ; puisqu'elle les met au pied du mur en les tenant par leur propre intérêt.

Ils ne sont pas indépendants, puisque le Bulletin du Grand Orient de 1893, page 506, contient cette

phrase : « Nous sommes obligés de nous soumettre à une discipline volontairement consentie par laquelle, lorsque, les uns et les autres, nous recevons l'initiation, nous faisons abandon d'un certain nombre de nos droits et de notre initiative indiçiduelle au point de vue des choses qui touchent à la Maçonnerie. » Ils ont pris des engagements vis-à-vis d'autres que leurs électeurs, puisqu'on leur rappelle '( leurs serments de fidélité ».

LE DROIT d'immixtion DE LA MAÇONNERIE

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