BELGIQUE
La doctrine maçonnique qui est révélée par les extraits que nous venons de publier est bien dans l'esprit de la secte. On ne peut même pas dire qu'elle ait été inventée pour les besoins de la politique maçonnique en France. Elle date de beaucoup plus haut et elle est pratiquée dans d'autres pays.
Nous avons, en effet, sous les yeux, un arrêté pris par le Grand Orient de Belgique du l^^m.-. de l'an de la N.-. L.-. 5856 (l^r mars 1856). Il porte le n» 703 d'annotation et il prouve que la discipline exercée par la Franc-Maçonnerie sur ceux de ses membres qui sont entrés dans la vie publique, — discipline si obstinément niée par eux, — est un fait déclaré par les plus hautes autorités maçonniques d'il y a un demisiècle.
Le Grand Orient de Belgique avait à répondre à la
question suivante qui lui avait été posée par une loge :
« Un atelier a-t-il le droit de demander à un de ses membres, entré dans la vie politique, des explications sur les actes de sa vie politique?»
Et le Grand Orient de Belgique, après avoir déclaré « qu'il importe au bien-être de l'Ordre (c'est-àdire de la Maçonnerie) de ne laisser subsister aucun doute sur une question aussi importante », et s'appuyant sur les décisions du Gr.-. Comité, déclare :
« Que non seulement les loges ont le droit, mais le devoir de surveiller les actes de la vie publique de ceux de leurs membres qu'elles ont fait entrer dans les fonctions politiques, le devoir de demander des explications.,., le devoir d'accepter ces explications avec bienveillance lorsqu'elles sont satisfaisantes, de réprimxr si elles laissent à désirer, et môme de retrancher du corps maçonnique les membres qui ont manqué sérieusement et volontairement aux devoirs que leur ([ualité de maçon leur impose, surtout dans leur vie publique. »
« La Maçonnerie, ajoute le Grand Orient de Belgique, doit tenir les yeux ouverts sur ses soldats... pour applaudir les forts, encourager les faibles, flétrir et condamner les lâches et les déserteurs. Sans cette action, exercée par la Mac. sur ses membres livrés à la vie publique, le travail maç.-. serait stérile, le dévouement de nos frères une duperie, et nos espérances en l'avenir ne seraient que des chimères. »
En conséquence, le Grand Orient conclut « qu'il faut être sévère et inexorable envers ceux qui, rebelles
aux avertissements, poussent la félonie jusqu'à appuyer, dans la vie politique, des actes que la Mac.*, combat de toutes ses forces, comme contraires à ses principes, sur lesquels il ne peut être permis de transiger. »
Des déclarations si précises ne peuvent laisser subsister aucun doute sur le fait de la discipline exercée par la Maçonnerie sur la politique de ceux de ses membres qui sont devenus députés, sénateurs et même chefs d'Etat.