‹ Le drame maçonnique (volume 2)Chapitre 25 sur 66 · FRANCE ET FRANC-MAÇONNERIE · texte numérisé non relu

FRANCE ET FRANC-MAÇONNERIE

La situation est donc bien plus redoutable que si, au lieu de quatre cent cinquante sénateurs et députés francs-maçons, il y avait au Parlement quatre cent cinquante sénateurs et députés congréganistes. Ceuxci du moins ne passeraient pas inaperçus. On les reconnaîtrait à leur costume. On pourrait se mettre en défense contre eux. Rien de pareil pour les sénateurs et députés francs-maçons puisqu'on ne sait pas qu'ils sont initiés, puisqu'ils ont grand soin de ne pas porter dans le monde profane les cordons et les tabliers dont ils s'ornent dans les loges. Et même, non seulement rien ne les désigne à la légitime méfiance du public, mais ils s'indignent si, par hasard, quelqu'un révèle leur qualité maçonnique. On en a vu qui firent condamner par les tribunaux les citoyens qui leur avaient décerne le qualificatif de franc-maçon. De sorte que ce n'est pas assez que les Français soient soumis à la domination des membres de la congrégation maçonnique, ils n'ont même pas le droit d'appeler ceux-ci par leur vrai nom.

C'est donc bien la Maçonnerie, c'est-à-dire la personnalité secrète, politique et internationale connue

sous ce nom, qui est parvenue à conquérir à peu près la moitié des sièges législatifs. Et comme elle ne se compose que de trente mille membres, il se trouve que dans notre République soi-disant démocratique, ce petit groupe de trente mille privilégiés possède une représentation numériquement égale à celle qu'ont tous les autres Français réunis.

Rien qu'en raisonnant sur les chiffres, on est donc obligé de constater qu'au lieu d'une France maîtresse chez elle, il y a actuellement dans notre République deux puissances égales par le nombre de leurs représentants au Parlement : la France et la Franc-Maçonnerie. Mais ce langage des chiffres, si éloquent qu'il soit par lui-même, ne donne pas encore une idée exacte de la situation.

En effet, comme les sénateurs et députés non francsmaçons tiennent compte de la volonté de leurs électeurs, laquelle est forcément diffuse ; comme au contraire les sénateurs et députés francs-maçons sont contraints à tromper leurs électeurs, si c'est nécessaire, pour ne tenir compte que de la volonté invisible qui discipline et coordonne leurs eiïorts à son gré, il s'ensuit que la représentation de la Maçonnerie est bien plus cohérente et par conséquent bien plus puissante, à nombre égal, que celle de la France. C'est ce qui explique que, depuis vingt ans, le Parlement, succursale du Couvent, ait donné force de loi à tous les vœux exprimés par la Maçonnerie. J'ai fait personnellement la preuve de cela cent fois dans mes écrits, et bien d'autres l'ont faite comme moi. Les documents surabondent là-dessus. Il n'y a donc plus à ergoter :

la souveraineté législative de la nation n'est plus qu'un mot. Elle est remplacée par la souveraineté législative maçonnique.

Ce n'est pas tout. Si l'on considère que la Franc- Maçonnerie prescrit à ses adeptes de se prêter aide et assistance en toute circonstance, on comprendra que les francs-maçons qui sont arrivés au Parlement doivent faire la courte échelle à ceux qui n'y sont pas. Ceux d'entre eux qui sont ministres se mettent aux ordres de ceux qui sont sénateurs et députés, au lieu de se tenir aux ordres de tous les sénateurs et députés français. Les règlements maçonniques le veulent. C'est écrit. « Le Franc-maçon doit aide et secours à son frère en toute circonstance. » Puis, tous ensemble, ministres, sénateurs et députés francs-maçons, toujours par prescription des règlements maçonniques, unissent leurs efforts pour faire entrer au Sénat, à la Chambre et au Conseil des ministres, un nom^bre toujours plus grand de francs-maçons, et ils augmentent toujours ainsi la puissance de la Franc-Maçonnerie. Non seulement cela leur est ordonné ; mais c'est leur intérêt, tout au moins tant qu'il leur restera une place de sénateur ou de député à prendre. C'est ainsi qu'ils en sont arrivés au degré de puissance où nous les voyons et qu'ils iront plus loin encore, le public ne s'apercevant d'ailleurs de rien, parce qu'on lui fait croire qu'on favorise « les républicains », et non pas les francs-maçons, dont on a soin de ne pas plus lui parler que s'il n'en avait jamais existé.

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