‹ Le drame maçonnique (volume 2)Chapitre 27 sur 66 · LA FRANCE LIVRÉE A LA FRANC-MAÇONNERIE · texte numérisé non relu

LA FRANCE LIVRÉE A LA FRANC-MAÇONNERIE

Naturellement, des conséquences découlent de la situation que nous venons d'exposer. Celle-ci par exemple : Neuf cents sièges de sénateurs ou députés ne peuvent suffire à satiFfaire l'appétit de trente mille francs-maçons. Mais à côté de ces neuf cents sièges, il y a les hauts emplois administratifs. En vertu du principe de solidarité maçonnique, les ministres, sénateurs et députés francs-maçons qui disposent de ces hauts emplois administratifs les attribuent contre tout droit à ceux de leurs frères qui ne sont ni ministres, ni sénateurs, ni députés. Ils se montrent d'autant plus généreux dans ces sorte? de distributions, qu'ils se débarrassent ainsi de rivaux possibles au Parlement, sans que cela leur coûte beaucoup. C'est la France qui paye. Eux n'ont que la peine de signer ou de faire signer les nominations, en écartant ceux des citoyens français qui ont des titres, mais qui ne sont pas francs-maçons. Arrive-t-il que, malgré la coalition de toutes les forces maçonniques, un collège électoral vomisse un député franc-maçon ? Vite, ceux de s^es frères qui sont ministres, sénateurs et députés cherchent une compensation pour « cette malheureuse victime de la réaction )). C'est ainsi qu'on a vu le F.-. Lucipia nommé directeur d'une maison d'hospitalisation, et le F.-. Mesureur mis à la tête de l'Assistance publique, immédiatement après que le suffrage universel eut déclaré n'être pas satisfait de

leurs services. Nos colonies sont peuplées de francsmaçons besogneux dont on a fait des fonctionnaires- A ce point de vue, elles offrent à nos gouvernants une ressource d'autant plus précieuse que personne m \'oit ce qui s'y passe. Elles sont actuellement transformées par eux en refuges hospitaliers où tous les invalides politiques des loges sont entretenus aux frais de la nation qui ne F.'en doute même pas et qui paye sans rien savoir. De nos jours, certains députés francs-maçons n'attendent même plus d'avoir été rejetés par le suffrage universel pour solliciter des postes grassement rétribués. Ils prennent les devants. Tels le F.-. Augagneur, le F.-. Mirman, le F.-. Hubbard, et tant d'autres « prévoyants de l'avenir » du monde politique maçonnique.

Ainsi donc, non seulement la Franc-Maçonnerie dispose d'une part de pouvoir parlementaire numériquement égale et, en fait, bien supérieure à celle dont dispose l'ensemble des électeurs français, mais encore elle a introduit autant de ses membres qu'elle l'a pu dans les hauts emplois administratifs. Elle a ainei transformé la République démocratique en une République oligarchique, gouvernée non plus par le peuple français, mais par une véritable caste, la caste maçonnique. Elle en a fait une République à deux étages. Dans cette République, la nation, ayant à subir toutes les charges, à payer tous les impôtb, à accomplir tous les devoirs, sert de support à la Franc- Maçonnerie qui, peu à peu, s'est emparée de tous les droits, de tous les privilèges, de toutes les prébendes, de tous les profits.

Depuis environ un quart de siècle, il n'est peut-être pas un des ministères qui se sont succédés dans lequel il n'y ait eu une majorité de ministres francs-maçons. Quel fait peut être plus éloquent que celui-là !

Depuis plus de vingt ans, les cultes (que la Maçonnerie rêvait de détruire) étaient mis par elle sous l'autorité d'un de ses adeptes, le F.-. Duniay.

La justice a été envahie. Lorsque nous avons un procès avec un franc-maçon, c'est un autre francmaçon qui tranche le différend. Nous ne savons pas que les deux compères se connaissent ; que, même s'ils ne se connaissent pas, ils s'appellent « mon frère» et qu'ils ont juré de s'entr'aider... Nous ne le savons pas ; mais c'est un fait. Dès lors, quelle garantie avons-DOus?

Dans l'enseignement, la Franc-Maçonnerie a commencé par supprimer la concurrence en vertu des lois contre les Congrégations. Et maintenant, c'est le monopole complet qu'elle demande pour elle en le demandant pour l'Etat, puisque c'est elle qui gouverne.

Nos affaires étrangères lui sont également livrées. Ce n'est plus au service de la politique française qu'est employée notre diplomatie : c'est au service de la politique maçonnique. Un grand nombre d'ouvrages en ont fourni la preuve, en particulier celui de M. Georges Goyau : L'Idée de Patrie et rHumanitarisme^ et celui de M. Max Doumic : Le Secret de la Franc- Maçonnerie.

Autrefois, les ministères de la Guerre et de la Marine, desquels dépend la sécurité nationale, étaient confiés

à des hommes du métier, à des généraux et à des amiraux. La Franc-Maçonnerie n'a pas voulu permettre que ces départements échappassent à sa domination. Depuis longtemps elle avait formé le projet de mettre la main sur eux. Elle y avait réussi assez promptement pour ce qui concerne la marine, en profitant de ce que la nation française se préoccupait moins de la défense sar mer que de la défense sur terre. Elle a fini par réaliser son rêve, même en ce qui concerne l'armée, à la tête de laquelle on a vu deux francs-maçons, non pas des généraux, bien qu'il y en ait qui soient initiés, mais des civils qui, en fait de discipline, connaissent bien mieux celle de la Maçonnerie que l'autre. Assouplis à la première par la formation qu'ils ont reçue, il est naturel qu'ils lui assujettissent la seconde. C'est ce que nous les avons vus faire, et c'est ce que voulait le Pouvoir maçonnique. Inutile, après l'affaire des fiches, d'entrer dans les détails.

Avant les ministères des FF.-. Berteaux et Etienne, la Franc-Maçonnerie avait laissé entrevoir son plan de mainmise sur notre armée. 11 se trouve indiqué dans une brochure qui fut imprimée pour les seuls francs-maçons, mais qui fut surprise par des profanes. Cette brochure a été publiée en partie dans mon journal antimaçonnique La Bastille. Le plan comprenait des étapes successives : 1° Attribution au ministre de la guerre du choix des officiers, autrefois réservé aux Commissions de classement; 2° Organisation d'un système de renseignements maçonniques permettant au ministre d'écarter les officiers hostiles à la Franc-

Maçonnerie ; 3° Remplacement des ministres militaires par des ministres civils, francs-maçons autant que possible, bien entendu ; 4° Obligation faite au ministre de se reposer pour le choix des officiers et pour la direction des écoles militaires, sur certains collaborateurs occultes désignés par les loges et imposés par le Grand Orient. Tout cela, nous le répétons, a été imprimé. Et les faits sont venus prouver que le plan tracé a été suivi.

La Franc-Maçonnerie tient aussi la présidence de la République, par cela seul qu'elle tient le Sénat et la Chambre des députés qui nomment le président et qui peuvent le mettre dans l'impossibilité d'exercer son mandat.

Et enfm pour consolider son pouvoir, comme elle n'a pas assez de francs-maçons pour les emplois intermédiaires, et comme, d'autre part, elle ne désire nullement augmenter exagérément le nombre de ses initiés, elle a imaginé le système de délation grâce auquel elle partage la nation en deux catégories : celle des Français qui renient leur liberté et consentent à servir la politique maçonnique, et celle des Français qui veulent, au contraire, respecter leur dignité de citoyens et rester indépendants de conscience. Les uns et les autres ont leur fiche, établie par des agents de la Maçonnerie et classée dans les tiroirs secrets du secrétariat général de la rue Cadet. A ceux qui ont « une bonne fiche », c'est-à-dire à ceux qui consentent à s'asservir, on assure l'avancement dans l'armée, dans l'enseignement et dans toutes les administrations. On exclut les autres. Ces faits sont trop universelle-

ment connus maintenant, pour qu'il soit besoin d'y insister.

La Franc-Maçonnerie règne ainsi despotiquement sur la France. Par ses ministres, par ses sénateurs, par ses députés, par ses préfets, par ses magistrats, par ses hauts fonctionnaires, et par son système de fiches établies sur les rapports des délateurs, elle tient tout.

L'Etat, c'est donc bien elle, ainsi que l'a dit, en plein Couvent, un de ses adhérents les plus cyniques, le F.-. Geyer, haut fonctionnaire des fmances qui, depuis cette déclaration d'une parfaite exactitude, a passé la frontière, après avoir vidé la caisse qui lui avait été confiée, à Lille. Ajoutons que le dit F.-. Geyer avait donné sa mesure antérieurement, à Vervins, où sa gestion avait laissé des souvenirs tels que toute autre carrière que celle d'un franc-maçon zélé en eût été à tout jamais brisée. Pour cet enfant de la Veuve, c'avait été un titre à l'avancement !

(( L'Etat, c'est nous ! » a déclaré le F.-. Geyer, au Couvent de 1898. Et rien ne saurait résumer la situation politique de la France d'une manière plus pittoresque et plus exacte à la fois que cette formule louis-quatorzièmè dans la bouche d'un franc-maçon voleur. Oui, l'Etat en France, c'est bien la Franc- Maçonnerie. Et qu'on n'aille pas croire que c'est là un accident produit par un hasard de la politique et qu'un autre hasard pourra détruire. La Franc-Maçonnerie semble si sûre d'elle-même qu'elle prépare, ainsi que nous l'avons dit, l'établissement du monopole de l'enseignement au profit de l'Etat, c'est-à-dire à son profit. Pourquoi? Pour préparer l'asservisse-

ment intellectuel des générations qui suivront la nôtre, pour les émasculer de telle manière qu'elles soient à tout jamais incapables d'échapper à sa domination.

La France est donc livrée présentement à la Franc- Maçonnerie, pieds et poings liés. Son avenir va l'être également..., à moins qu'enfin éclairée sur ce qu'elle ignorait, elle ne parvienne, alors qu'il en est encore temps, à se débarrasser de l'oppresseur.

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